Les feux rouges, un vrai fléau

Retraité de la fonction publique, Denis Lépine conduit... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Retraité de la fonction publique, Denis Lépine conduit un taxi depuis quatre ans. Il constate que de nombreux automobilistes brûlent les feux rouges à Saguenay et veut maintenant s'attaquer au problème.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Sillonnant les routes de Saguenay quotidiennement pour son travail, le chauffeur de taxi Denis Lépine en a assez de voir les automobilistes brûler les feux rouges. Il estime que le problème est criant à Chicoutimi et compte participer aux consultations publiques de la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ) sur la sécurité routière. Il a également parlé du problème avec les policiers de Saguenay.

Denis Lépine est un retraité de la fonction publique. Il a toujours été interpellé par la sécurité. Depuis quatre ans, il travaille comme chauffeur de taxi, afin de se tenir occupé et de rencontrer des gens. Aussitôt qu'il s'est assis derrière le volant de son taxi, il a constaté que plusieurs automobilistes saguenéens semblent particulièrement impatients aux intersections. Il est même intervenu auprès des policiers de Saguenay à quelques reprises, afin de dénoncer cette situation. Il a également discuté avec le porte-parole de la Sécurité publique de Saguenay, Bruno Cormier, récemment.

L'intersection des boulevards Talbot et de l'Université est l'une des pires concernant le non-respect des feux de signalisation, selon Denis Lépine. D'ailleurs, Le Quotidien avait fait des reportages à cet effet, il y a quelques années (voir encadré).

« J'en ai parlé avec un policier et lui-même m'a dit que c'était une intersection ''épeurante''. Vraiment, je suis surpris qu'il n'y ait pas plus d'accidents à cet endroit. Si Dieu existe, il doit être assis sur l'une de ces lumières », a affirmé le chauffeur, comparant certains automobilistes à des kamikazes de la route.

« C'est l'enfer et c'est très dangereux. Les policiers interviennent beaucoup pour la vitesse, mais les feux de signalisation semblent être délaissés. Je parle beaucoup de l'intersection du boulevard Talbot, mais c'est généralisé à Saguenay. Il y a un réel problème et il faut s'y attaquer », a ajouté Denis Lépine.

Il s'inscrira d'ailleurs aux consultations publiques de la SAAQ, qui se tiennent jusqu'au 30 mai, afin de parler de ce problème. Il a également discuté avec Bruno Cormier pour former un comité sur la sécurité routière, dans le but de faire davantage de prévention.

« Je sais qu'on ne peut pas tout régler, mais il faudrait commencer quelque part. Imaginez s'il y avait un appareil photo à l'intersection des boulevards Talbot et de l'Université, il y aurait un paquet de constats de contravention remis à cet endroit, c'est certain », souligne celui qui est d'ailleurs passé à un cheveu d'avoir un accident cette semaine lorsqu'un automobiliste a brûlé un feu rouge au coin du boulevard Saint-Paul et de la rue Bossé.

Le chauffeur de taxi précise que les délinquants du volant qu'il voit quotidiennement sont autant des femmes que des hommes et des jeunes comme des plus âgés.

Selon un récent rapport de la Sécurité publique de Saguenay, seulement 4 % des constats d'infraction remis concernent les feux de signalisation. « Ça pourrait être beaucoup plus que ça si les policiers décidaient de cibler davantage les lumières. Je sais qu'ils ne peuvent pas être partout, mais je peux vous dire qu'ils pourraient se remettre beaucoup de tickets aux intersections ! », estime Denis Lépine.

Il espère maintenant que son message soit entendu et que d'autres personnes se joignent à lui pour faire bouger les choses.

Le Quotidien avait compté les infractions

En 2011, constatant que l'intersection des boulevards Talbot et de l'Université semblait être le carrefour de la lumière rouge brûlée, la journaliste du Quotidien avait réalisé un petit test maison, histoire d'y compter le nombre d'infractions.

Le photographe et la journaliste s'étaient donc installés quelques heures à cet endroit.

Une infraction y était commise toutes les minutes, ou presque. En effet, en une heure, soit entre 16h et 17h, Le Quotidien avait répertorié 47 lumières «orange» ou rouges brûlées. Le lendemain, la surveillance s'est faite à une heure moins achalandée, soit entre 14h et 15h.

Il n'en reste pas moins que 36 automobilistes avaient enfreint la loi. Le Quotidien avait répété l'expérience en 2012. Le constat avait été le même.

Et les policiers sont au fait du problème. «Cette intersection est vraiment problématique, on le sait. Nous avons d'ailleurs fait plusieurs opérations à cet endroit et les résultats ont été impressionnants. De nombreux constats ont été remis et les policiers ne fournissaient pas», avait à l'époque affirmé le policier Jean Boily.

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