Reconnaissance du fjord: aucun impact sur la navigation commerciale

Selon le professeur Jules Dufour, la reconnaissance du... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Selon le professeur Jules Dufour, la reconnaissance du fjord du Saguenay au Patrimoine mondial ne nuira pas aux activités de navigation commerciale.

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Jules Dufour soutient que l'inclusion du fjord du Saguenay dans la liste des sites du Patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO n'aura aucun impact négatif sur la navigation commerciale qui pourrait s'intensifier au cours des prochaines années, avec le développement de projets industriels ou miniers.

Le professeur de géographie émérite associé à l'Université du Québec à Chicoutimi est familier avec tout le volet des sites du patrimoine de l'UNESCO, puisqu'il rédige toujours des articles spécialisés sur la question qu'il publie sur le site mondialisation.ca. Jules Dufour a d'autre part signé le mémoire préparé à la demande du député bloquiste Robert Bouchard en 2009 pour identifier les éléments permettant d'argumenter avec les fonctionnaires du gouvernement fédéral pour inclure sur la liste indicative de Parcs Canada le fjord du Saguenay.

Au cours d'une entrevue qu'il a accordée au Quotidien, le géographe a rappelé que l'objectif était d'en arriver à une inclusion sur la liste indicative canadienne pour 2014, mais ne désespère pas même si ce délai n'a pas été respecté. Il voit d'un bon oeil la décision de Québec d'appuyer la démarche du comité du Fjord pour que ce lieu soit évalué par le comité ministériel qui aura à identifier 10 sites d'ici la fin de 2017. Le gouvernement du Canada travaillera par la suite pour faire reconnaître ses choix afin qu'ils soient inclus dans la liste de l'UNESCO.

« Le fjord du Saguenay dispose déjà de mécanismes de protection intéressants. Le fjord fait partie de deux parcs avec Parc Saguenay du gouvernement du Québec, qui assure la protection des éléments terrestres, et le Parc marin du Saguenay, dans le réseau de Parcs Canada, qui veille à la protection de tout ce qui concerne le fjord et sa faune. Ce sont déjà des mesures efficaces et le fait qu'il devienne un site de l'UNESCO ne fera qu'augmenter sa visibilité sur la scène mondiale », rétorque le professeur qui suit attentivement les questions relatives aux sites de l'UNESCO.

Le cas du fjord du Saguenay illustre assez bien les modèles qui existent en ce moment dans plusieurs pays qui ont réussi à faire intégrer un site sur la liste du patrimoine mondial. Selon Jules Dufour, ces sites font généralement déjà partie d'un parc ou d'une autre forme de protection. L'UNESCO donne une reconnaissance à un site, mais n'impose aucune mesure de protection aux États. L'UNESCO assume son rôle de protection lorsqu'elle en arrive à la conclusion que des menaces ou dangers peuvent porter atteinte à des sites.

« Ce sont alors des sites en péril comme c'est le cas en Syrie et en Irak », ajoute Jules Dufour, qui a justement rédigé des articles à ces sujets. Dans ces deux cas, il s'agit de problèmes reliés à des conflits armés alors que des groupes choisissent d'endommager volontairement les lieux ou sites.

L'un des grands enjeux du fjord du Saguenay à court terme et qui risque d'avoir un impact sur la navigation est celui du béluga. La petite baleine blanche changera de statut en passant d'espèce en péril à espèce en voie de disparition. Elle fera donc l'objet d'un plan de rétablissement du béluga dont les mesures ne sont toujours pas identifiées. Que le fjord soit ou non sur la liste de l'UNESCO ne change rien à la problématique ni aux mesures spéciales que le gouvernement du Canada décrétera pour protéger l'animal qui fréquente en famille toute la zone de la baie Sainte-Marguerite.

Jules Dufour considère qu'une inscription du fjord au patrimoine mondial, en raison du caractère exceptionnel de ce site, n'aura que des retombées positives pour la région. Ces sites sont prisés par un tourisme spécialisé qui se déplace d'un pays à l'autre pour découvrir les lieux identifiés par l'UNESCO. Jules Dufour a eu l'occasion de visiter les îles Galapagos et l'île de Pâques, de hauts lieux de la conservation.

« On sent qu'il y a une volonté mondiale pour la protection. Nous sommes rendus avec un objectif de protection de 20 % du territoire sur la terre », a conclu le professeur émérite de l'UQAC.

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