Notre-Dame-de-Fatima: la croix pourrait être récupérée

La croix de l'église Notre-Dame-de-Fatima de Jonquière a... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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La croix de l'église Notre-Dame-de-Fatima de Jonquière a été délicatement retirée, mardi matin, avant le début des opérations de démolition du bâtiment.

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Une partie de l'ancienne église Notre-Dame-de-Fatima de Jonquière pourrait être conservée. Jacques Duperré caresse l'idée d'ériger un site afin d'y installer la croix qui était dressée au sommet du bâtiment jusqu'à mardi matin.

La croix en aluminium a été retirée, après quelques heures de délicates manipulations. Le symbole religieux refusait de collaborer, donnant quelques maux de tête aux entrepreneurs chargés de démolir l'ancien lieu de culte. L'entreprise montréalaise Grues JM Francoeur a finalement réussi à faire toucher terre à l'objet, non sans l'avoir légèrement abîmé. Rien de grave, toutefois, selon Jacques Duperré, qui est le fils de Paul-André Duperré, ancien sacristain de longue date à l'église Notre-Dame-de-Fatima. Sa volonté de faire respecter l'histoire de l'église a donc une portée sentimentale.

Jacques Duperré a déjà ciblé un endroit pour installer la croix, léguée par le nouveau promoteur du terrain Bernard Larouche. Il vise le bout de la rue Saint-Michel, près d'un cran. Il aimerait éclairer la croix, y installer une plaque commémorative rappelant l'histoire de l'église Notre-Dame-de-Fatima, en plus d'y exposer des photos de sa construction en 1962.

« Ça prendra le temps que ça prendra, mais je vais amener le projet à terme, a affirmé Jacques Duperré, qui prévoit amorcer des discussions avec la Ville de Saguenay puisqu'une partie du terrain de la rue Saint-Michel lui appartient. Ça peut prendre six mois, un an ou trois ans, mais on va mettre le projet sur pied. Ce qui compte, c'est de la récupérer et de la remettre en ordre. On va laisser passer l'hiver et on va approcher la Ville pour voir si elle est intéressée. Il y a des étapes à respecter et on va travailler en conséquence. »

Le temps que le projet se concrétise, Jacques Duperré va entreposer la croix dans son garage. « Je vais la réparer et la restaurer. Elle ne m'appartient pas, elle appartient aux citoyens, sauf que je veux qu'elle soit en sécurité », a-t-il soutenu, pas trop amer de voir l'église tomber sous le pic des démolisseurs.

« Plusieurs intervenants ont débattu afin de garder l'église ouverte, les circonstances en ont décidé autrement, mais au moins, on a pu récupérer la croix », a philosophé Jacques Duperré.

Il a toutefois avoué avoir eu quelques inquiétudes en observant le travail des ouvriers lors du début des opérations.

« Je suis content, la croix est sauvée, a-t-il soufflé. Ce n'était pas parti pour ça, mais à force de discussions, les entrepreneurs ont fait un excellent travail et ils ont réussi. Elle est cassée, mais elle se répare. C'est de l'aluminium donc ça se soude très bien. J'espère maintenant la ramener dans sa paroisse. »

Chantale Gravel s'est mariée à l'église Notre-Dame-de-Fatima de... (Photo Le Quotidien, Yohann Gasse) - image 2.0

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Chantale Gravel s'est mariée à l'église Notre-Dame-de-Fatima de Jonquière en 1993.

Photo Le Quotidien, Yohann Gasse

Un bâtiment riche en souvenirs

Le début des opérations de démolition de l'église Notre-Dame-de-Fatima a attiré son lot de curieux. Lors du passage du Quotidien vers 11 h mardi, au moins 20 personnes étaient présentes pour partager leurs souvenirs, prendre des photos ou tout simplement pour épier le travail des entrepreneurs.

Comme quelques autres personnes installées sur la rue Saint-Michel, Chantale Gravel s'est mariée dans les murs de l'église jonquiéroise, en mai 1993. Son visage laissait transparaître de la nostalgie et beaucoup d'émotion.

« On a des sentiments de rattachés à cette église, c'est à cet endroit qu'on s'est mariés et c'est ici qu'on a fait baptiser notre enfant, a raconté Mme Gravel. Notre coeur y est attaché. »

À l'instar de Jacques Duperré (voir autre texte), Mme Gravel espère fortement que la croix juchée au sommet de l'église va demeurer dans le secteur.

« C'est fort probablement tout ce qui va rester de notre église, a-t-elle concédé. J'aimerais bien qu'elle reste dans la paroisse pour qu'on puisse continuer de la regarder. C'est une preuve de ce qu'on était comme peuple. »

Construite en 1962, l'église Notre-Dame-de-Fatima avait reçu le titre de site patrimonial en 2006, avant de le perdre il y a deux ans. Le promoteur Bernard Larouche attendait la permission de démolir le bâtiment depuis 2012. L'église a cessé d'être un lieu de culte en 2004.

« C'est un édifice qui est reconnu mondialement et c'est une merveille architecturale, a mentionné la dame. On aurait peut-être dû essayer de la sauver plus que ça. Les souvenirs vont demeurer, mais pour la génération future, l'héritage va se perdre. »

Les vitraux délaissés

Contrairement à la croix, manipulée avec soin, les vitraux de l'église Notre-Dame-de-Fatima n'auront aucune chance. L'entrepreneur a fait savoir qu'il n'avait pas eu la consigne de conserver l'oeuvre d'art, réalisée par l'artiste chicoutimien Jean-Guy Barbeau. Les vitraux de plexiglas sont d'une hauteur de 25 mètres.

« C'est une grande tristesse, une saga incompréhensible, avait déclaré la veuve de Jean-Guy Barbeau, Marcelle Barbeau, lors d'une entrevue accordée au collègue Daniel Côté. Les vitraux vont partir avec l'église et je ne peux pas croire que La Pulperie ne pourrait pas conserver ne serait-ce qu'une section, pour montrer qu'ils ont existé. Il s'agit pourtant d'un travail d'une qualité exceptionnelle. »

Une fois l'église démolie, le promoteur Bernard Larouche prévoit construire 12 condominiums.

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