Maxime Wauthy étudie le cycle du carbone

Étudiant au doctorat en biologie à l'Université du... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Étudiant au doctorat en biologie à l'Université du Québec à Chicoutimi, Maxime Wauthy étudie le chemin du carbone dégagé par la fonte du pergélisol avant que le gaz ne soit relâché dans l'air.

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L'étudiant au doctorat en biologie de l'Université du Québec à Chicoutimi, Maxime Wauthy, travaille sur un projet de recherche portant sur l'étude des effets du réchauffement climatique dans une partie bien précise du nord du Québec. Sa recherche s'intitule Réchauffement climatique et fonte du pergélisol : impacts sur le cycle du carbone dans les écosystèmes d'eau douce subarctique. Il espère ainsi avancer la recherche sur les changements climatiques pour que les scientifiques puissent y remédier un jour.

« Le Québec, et surtout ses régions arctiques, est très touché par le réchauffement climatique. On parle d'un accroissement de plusieurs degrés pour 2050 et ça aura beaucoup de conséquences. La plus connue est la fonte des glaciers, mais il y a également le dégel du pergélisol, dont on parle beaucoup moins », explique Maxime Wauthy.

Il s'agit d'un sol qui est gelé en permanence et qui contient d'énormes quantités de carbone. Le pergélisol se retrouve à la grandeur de la planète, près des pôles. Au Québec, on le retrouve à partir de la baie d'Hudson. « Même durant l'été, le sol ne dégèle pas. Il sert un peu de zone tampon, en stockant du carbone depuis des centaines de milliers d'années. Avec l'actuel réchauffement climatique, le sol dégèle et le carbone est libéré. Ce carbone peut être métabolisé par des bactéries, entre autres, et relâché dans l'atmosphère sous forme de gaz à effet de serre », raconte l'étudiant au doctorat.

Il y a donc un cercle vicieux qui se crée, avec le carbone accélérant le réchauffement climatique, qui à son tour accélère le dégel du pergélisol, qui dégage encore plus de carbone. « À ce moment, l'homme n'aurait plus aucune façon d'arrêter le réchauffement climatique. Ce ne serait plus dû à son activité, mais plutôt à l'environnement qui s'auto-entretient », ajoute M. Wauthy.

Les recherches de l'étudiant se concentrent davantage sur les lacs et les rivières du milieu arctique. « J'étudie le destin du carbone une fois qu'il est relâché. Je regarde dans les lacs, où va ce carbone, ce qu'il devient, s'il est métabolisé. Mon approche est vraiment d'observer la place des lacs entre le moment où le carbone quitte le pergélisol et se retrouve dans l'atmosphère », précise Maxime Wauthy.

Pour l'avancement de la science

Maxime Wauthy est passionné par son sujet de recherche. Toutefois, il admet que les résultats qu'il obtiendra n'auront pas une grande portée immédiatement.

« J'aime beaucoup ce symbole de la recherche en science représentée comme un gros cercle composé des connaissances qui grandit et grandit. Chaque recherche qu'on fait permet d'agrandir une toute petite partie du cercle, en agrandissant les connaissances. Mon projet en lui-même, seul, n'apporte rien et ne sert à rien. Mais c'est le petit grain de sable qui fait finalement avancer les connaissances. Avec mon travail et le travail d'autres chercheurs à travers le monde, on va finir par avoir une belle image de ce qui se passe actuellement dans les régions arctiques et subarctiques », explique l'étudiant au doctorat.

Le portrait pourra donc, à terme, mener au développement de nouvelles connaissances qui permettront de minimiser les impacts du réchauffement climatique sur la planète.

Les scientifiques ne sont pas des gourous

L'important n'est pas d'essayer de persuader les gens que le réchauffement climatique est dû à l'homme, mais plutôt de les convaincre qu'il existe bel et bien et que les humains peuvent faire quelque chose pour y remédier. C'est ce que croit l'étudiant au doctorat en biologie, Maxime Wauthy.

« Je ne crois pas que démontrer qu'il y a un réchauffement climatique soit la partie difficile. Prouver qu'il est bien dû à l'homme est plus complexe sans avoir des connaissances et une volonté d'apprendre. Mais l'approche que j'ai avec des gens qui croient ça, c'est plutôt de se demander, même si on croit que les changements climatiques sont complètement naturels, ce qui est le plus intéressant. Est-ce qu'on ne fait rien et on prend le risque de détruire la planète, ou on fait quelque chose, et au pire, on ne changera rien, mais au moins on aura essayé quelque chose ? » argue-t-il.

Selon lui, c'est le travail des scientifiques de montrer que leurs recherches sont importantes, et faire comprendre aux humains l'impact bénéfique que des mesures plus écologiques peuvent avoir au long terme.

« Il faut faire comprendre que les scientifiques ne sont pas des gourous dans une secte qui balancent des vérités sans aucune raison. Il y a vraiment un travail de compréhension de l'environnement », ajoute-t-il.

Quant à la situation internationale, Maxime Wauthy préfère la voir du bon côté.

« C'est certain que pour les quatre prochaines années, les États-Unis ne seront pas la meilleure destination pour trouver un emploi où avoir des projets intéressants liés au réchauffement climatique. Toutefois, je ne suis pas très inquiet, puisque la politique, c'est souvent du va-et-vient. On avait la même chose au Canada il y a quelques années avec Harper », estime l'étudiant.

Il assure également que la recherche sur le réchauffement climatique se poursuivra dans le reste du monde, puisque les États-Unis ne sont pas les seuls à travailler sur ce sujet.

« Le problème, c'est que plus on attend, plus on sera confronté un jour à un problème qui sera beaucoup plus difficile, beaucoup plus compliqué à gérer. La lutte est importante, mais il ne faut quand même pas tomber dans la dépression et se dire qu'on va tous mourir. On n'est pas encore rendu là ! », conclut M. Wauthy.

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