Le rappeur David Gilbert s'est repenti: «C'est mal ce que j'ai fait»

L'ex-détenu David Gilbert et son gérant, Serge Bergeron,... (Le Progrès-Dimanche, Gimmy Desbiens)

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L'ex-détenu David Gilbert et son gérant, Serge Bergeron, innovent en proposant la conférence musicale « Et si j'me permets ». Ils visent les adolescents du second cycle du secondaire et les jeunes adultes.

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Isabelle Tremblay
Le Quotidien

« J'ai plus de 90 dossiers de fugue et d'évasion dans mon dossier juvénile et plus de 60 dossiers au Tribunal des jeunes contrevenants. J'ai fait dur et aujourd'hui, je réalise que c'est mal ce que j'ai fait. »

David Gilbert revient de loin. Quelques mois après avoir purgé une sentence d'emprisonnement de quatre ans dans un établissement à sécurité maximale, il est actuellement en période de réhabilitation sociale, dans une maison de transition de Roberval. 

En février 2014, l'homme de 22 ans a été condamné à purger une sentence de quatre ans de pénitencier à la suite de son implication dans un vol à main armée, dans un dépanneur de La Baie. 

Après avoir connu l'enfer de la violence, de la consommation de drogue et de la détention carcérale, il se tourne vers l'avenir et amorce une série de conférences musicales. 

À coeur ouvert et en toute humilité, le jeune souhaite témoigner de son vécu. Il lance un message d'espoir à l'égard des jeunes contrevenants. À ses yeux, il est possible de se sortir du monde interlope et de mordre pleinement dans la vie.

Histoire

David Gilbert a commencé à avoir des problèmes au début de son adolescence. Il faisait du sport et un bel avenir s'annonçait. 

De mauvaises fréquentations l'ont fait plonger dans l'univers de la drogue, la violence et l'intimidation. Et la séparation de ses parents a fait déborder le vase. C'était le chaos. « Ma mère déménageait toujours. J'arrivais dans une nouvelle école, je devais m'adapter et ça créait des problèmes. Je devais me battre pour faire ma place. C'est alors que le cercle de l'intimidation s'est installé », raconte-t-il.

David a consommé toutes les sortes de drogues inimaginables. Il a fait dur, très dur. Il a goûté à la violence. Il a fait de mauvais coups. « J'ai viré fou », dit-il, sans mâcher ses mots. À l'intérieur des murs, il en a vu de toutes les couleurs. Il en tire maintenant une grande leçon de vie.

« Mon passé fait ce que je suis aujourd'hui. Je m'en sers pour avancer. Lorsque j'étais jeune, on me donnait comme conseil de ne pas réfléchir avant d'agir. Si mon parcours peut aider des gens, tant mieux. »

Le 2 décembre 2013

David Gilbert a fait la manchette lorsqu'il a atteint l'âge adulte, pour son implication dans le hold-up survenu au dépanneur F.L. de l'arrondissement de La Baie, le 2 décembre 2013.

Il était accompagné de deux jeunes mineurs, cagoulés et armées. Ceux-ci sont entrés dans le dépanneur pour y dérober une somme de 400$. Originaire de Saguenay, Gilbert les attendait dans une voiture, à l'extérieur du dépanneur. « Dans les nouvelles, on m'a décrit comme si je les avais obligés à faire ça, mais ce n'est pas la réalité. » 

Ce dernier a tenu à profiter de la tribune pour nier catégoriquement avoir consommé durant sa période d'incarcération. Il soutient être sobre depuis déjà quelques années. « Ça fera bientôt quatre ans que je n'ai rien pris. Je souhaite rétablir des informations qui ont été récemment véhiculées dans les médias. J'ai toutes les preuves qui prouvent ma non-consommation. »

Sur la route de l'ex-dg Serge Bergeron

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L'ex-détenu David Gilbert et son gérant, Serge Bergeron, innovent en proposant la conférence musicale  Et si j'me permets . Ils visent les adolescents du second cycle du secondaire et les jeunes adultes.

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Les routes de David (Dayx) Gilbert et Serge Bergeron se sont croisées il y a à peine deux mois.

C'est grâce aux médias sociaux que l'ex-directeur général de la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets qui possède sa maison de productions a eu la puce à l'oreille.

Il a entendu parler de la conférence musicale que préparait Dayx Gilbert (son nom d'artiste) pour partager son histoire de vie en racontant les difficultés majeures que ses choix lui ont procurées à travers ses comportements délinquants et ses nombreux méfaits. 

Touché, M. Bergeron lui a offert de devenir son gérant. « Sur Facebook, j'ai vu un enregistrement en direct que David faisait en direct d'un studio. C'était la chanson Et si je permets, soit le nom de la conférence. Je le trouvais bon et je ne connaissais pas du tout son histoire et le message m'a touché. Il est entré en contact avec moi et je lui ai offert mon aide », mentionne M. Bergeron. 

« Si tout le monde ferme la porte à ces gens-là, c'est les retourner vers leur vie d'avant. S'il n'y a pas de main qui est tendue parce que l'on juge à cause du passé, ce n'est pas porteur d'espoir. » 

« Dans la vie, tu aimerais toujours revenir en arrière, mais ça ne me sert à rien de regretter. Je l'ai fait et aujourd'hui, je suis David Gilbert et j'a les deux pieds sur terre. J'ai ma famille, ma musique et mes conférences. Ça me tient à coeur », ajoute M. Gilbert.

À travers sa conférence d'une durée de 75 minutes, Dayx Gilbert se raconte non seulement en monologuant, mais aussi par ses propres textes sur des airs de rap. 

La conférence musicale s'adresse principalement à des jeunes du deuxième cycle du secondaire et aux jeunes adultes. Dayx cassera la glace, le 13 février, à la Cité étudiante Roberval, dans le cadre de la Semaine de la persévérance scolaire.

Les personnes intéressées par la conférence peuvent communiquer avec son agent, Serge Bergeron, au 418 637-2434.

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