Serge Simard en furie contre Rio Tinto

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Le député Serge Simard

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Le député libéral Serge Simard n'entend pas remettre le premier prix de l'art de la communication à Rio Tinto. Elle aurait voulu se mettre la population à dos qu'elle n'aurait pas pu écrire un plus beau scénario que celui qui se déroule actuellement, avance-t-il, avec l'annonce de l'abolition de 103 postes de travail à l'aluminerie de La Baie.

Le député de Dubuc à l'Assemblée nationale est furieux contre la multinationale de l'aluminium et n'a pas attendu pour leur faire savoir, et ce, dès dimanche, alors qu'il apprenait que l'entreprise voulait déployer à La Baie un plan de compressions pour économiser 20 M $. Ces économies seront réalisées avec l'abolition des postes (12M $), ainsi qu'une réduction dans les avantages consentis depuis l'ouverture de l'usine en 1979 dans les conditions de travail (8M $) pour contrer la syndicalisation.

En plus d'aller à l'encontre des principes de base en communication, Serge Simard considère que l'entreprise aurait eu tout intérêt à trouver des solutions à ses problèmes en s'adressant directement aux travailleurs. « Si c'est vrai que les ressources humaines c'est important, ça veut dire que les travailleurs font partie de la solution et non du problème. Ce n'est pas ce qui s'est passé depuis dimanche et ce qui a été confirmé mardi par l'entreprise. »

« Tout le monde comprend aujourd'hui qu'il faut performer pour assurer l'avenir d'une usine. On aurait pu demander aux travailleurs de participer à l'élaboration des solutions pour en arriver à des idées intéressantes pour l'avenir. Ce n'est pas ce qui s'est passé et c'est évident que les gens ne sont pas contents de la situation. »

Serge Simard évoque les privilèges accordés à l'entreprise pour l'exploitation des forces hydrauliques. Il signale la vente à Hydro-Québec de plus de 20 M $ d'électricité. Pour le député, il est clair que la communauté est en droit de s'attendre à plus de considération lorsque l'entreprise prend des décisions dont les impacts économiques seront importants. Dans le présent cas, Serge Simard juge que la décision est considérable pour le milieu baieriverain.

L'entente de continuité fera l'objet d'une vérification de la part du gouvernement. Serge Simard a demandé aux fonctionnaires des ministères concernés par cette entente signée en 2010 de vérifier ce qui avait été réalisé depuis la signature.

L'idée d'un forum permanent prend tout son sens, croit Josée Néron

La chef de l'Équipe du renouveau démocratique, Josée Néron, propose que la région se « mobilise » pour se doter d'une voix commune pour dialoguer avec Rio Tinto. Selon elle, il faut cesser l'hémorragie des emplois qui ne semble pas sur le point de prendre fin dans les installations régionales de la multinationale.

Dans un bref communiqué émis mercredi, la chef de l'opposition à Saguenay est revenue sur le forum tenu à l'Université du Québec à Chicoutimi sous la direction de l'économiste Marc-Urbain Proulx. Dans le cadre de cet exercice, il a été proposé de créer un forum permanent pour traiter des questions liées à l'industrie de l'aluminium dans la région. 

« Pour que l'hémorragie cesse, il faut que la région se mobilise. L'équilibre du pacte que la région entretient avec Rio Tinto risque de s'effriter si la tendance se maintient. L'idée du forum permanent soulevée lors du forum sur l'aluminium est plus pertinente que jamais. Il faut rassembler tous les acteurs régionaux à une même table et permettre l'expression de revendications communes envers Rio Tinto. Le pacte doit faire connaître nos attentes en terme d'investissements et d'emplois. »

Mme Néron affirme bien comprendre la particularité du marché mondial de l'aluminium qui en fait une industrie de plus en plus difficile. D'un autre côté, elle mentionne que les décideurs locaux ne peuvent rester les bras croisés alors que les ressources qui ont jadis assuré le développement de la région sont aujourd'hui utilisées sans un véritable retour pour soutenir l'économie locale.

Le maire Jean Tremblay, qui a refusé d'accorder une entrevue à l'auteur de ces lignes, a déclaré à Radio-Canada que Rio Tinto réalisait des profits de l'ordre de 600 M $ avec son réseau de barrages. Il croit d'autre part que les gouvernements, péquiste ou libéral, ne sont pas en mesure de changer le cours des choses et que l'entreprise agit à sa guise.

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