Virginie Girard a accouché seule à la maison

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Vers 16h40 lundi, Virginie Girard a mis au monde sa fille Brianna sans aide à la maison. Le bébé pesait 7,8 lbs à la naissance et se porte à merveille, tout comme sa maman.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Lorsqu'elle a donné naissance à son garçon Devon il y a 22 mois, après 24 longues heures de travail, Virginie Girard était épuisée. Elle ne se doutait pas que moins de deux ans plus tard, son deuxième enfant arriverait en catastrophe, dans des circonstances complètement différentes. Lundi, Virginie, 33 ans, a accouché de Brianna seule à la maison, une expérience rocambolesque qui, heureusement, a connu une fin heureuse.

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La petite Brianna

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La jeune femme de Sainte-Hedwidge, au Lac-Saint-Jean, en était à 39 semaines de grossesse. Avant le début de la semaine, son corps ne lui avait donné aucun signe d'un accouchement imminent. Lundi, elle se trouvait seule à sa résidence et a décidé de prendre un bain en attendant le retour de son fiston, qui se trouvait chez son père. Virginie s'est mise à avoir des contractions douloureuses aux dix minutes.

«J'ai téléphoné au père de mon fils pour lui dire de ne pas l'emmener tout de suite et que je le rappellerais aux heures pour lui dire comment ça allait.» Les contractions se sont rapprochées et la maman a décidé de prendre un autre bain pour se soulager. Elle a demandé l'avis de femmes enceintes avec qui elle avait l'habitude de discuter sur Facebook. Elles lui ont conseillé d'appeler la maternité. Il était donc temps de se rendre à l'hôpital de Roberval, l'établissement le plus près de chez elle.

«J'ai appelé mon père pour lui dire de venir me chercher. Mes bagages n'étaient pas faits. Je suis sortie du bain et je me suis dirigée vers ma chambre pour aller préparer mes bagages. J'ai eu une très grosse contraction. Je suis tombée à quatre pattes sur le plancher de la salle de bain. J'ai juste eu le temps de dire ''non! non! non!'' et la tête du bébé était sortie. J'essayais de faire sortir le corps. J'ai dû attendre la deuxième contraction et le corps est sorti», raconte Virginie Girard.

Sur le plancher, la petite Brianna était bleue et ne pleurait pas. Sa mère a tout fait pour essayer de faire réagir sa fille en lui tapant légèrement dans le dos et en la manipulant avec soin.

«Elle chignait un peu, puis elle repartait. Tout me passait par la tête. Je me disais : ''il faut qu'elle respire! Il faut qu'elle respire!''. Je l'ai emmenée dans ma chambre et je l'ai placée dans une serviette. Ça a pris une bonne minute avant qu'elle réagisse vraiment», raconte la mère de famille, qui a fait preuve de beaucoup de sang-froid dans les circonstances.

«J'ai essayé d'enlever les sécrétions, mais c'était difficile. Elle avait l'air bien, elle respirait», poursuit-elle.

Une autre violente contraction lui a permis d'expulser le placenta. Les parents et le frère de Virginie sont arrivés chez elle et n'en croyaient pas leurs yeux.

«Ma mère n'arrêtait pas de crier. Elle disait ''le bébé es-tu correct?''. Je lui ai dit : ''calme-toi, sinon tu sors''», raconte la Jeannoise avec humour.

Les événements qui ont suivi se sont déroulés rapidement. La famille a appelé l'ambulance. La préposée du 911 a recommandé à Virginie d'attacher le cordon ombilical avec un élastique pour protéger la santé du bébé. Les ambulanciers sont arrivés et ont pris la situation en main. La maman n'a que de bons mots à prononcer à leur égard.

«Comme Émilie Bordeleau!»

Quand Virginie Girard est arrivée à l'hôpital en ambulance avec la petite Briana, le personnel du département de périnatalité de l'Hôpital de Roberval était étonné. «Tu as accouché comme Émilie Bordeleau!», a lancé une infirmière, en référence au personnage principal des Filles de Caleb.

Deux jours plus tard, la maman et le bébé ont obtenu leur congé de l'hôpital. Le poupon, qui pesait 7,8 lbs à la naissance, est en pleine forme. Idem pour la maman, qui n'en revient pas que les choses se déroulent aussi rondement et qui se réjouit du fait que l'allaitement soit un succès.

«Je vais super bien. Je n'ai eu aucune déchirure et je pète le feu. Aujourd'hui, je suis allée pelleter dehors!», a-t-elle confié jeudi.

Virginie estime qu'elle a vécu une très belle expérience dont elle n'est pas peu fière. À l'hôpital, on lui a dit qu'un accouchement inopiné de la sorte, survenant au domicile de la maman, est un événement qui n'est rapporté qu'aux quatre ou cinq ans. Toutefois, une femme qui met elle-même son enfant au monde alors qu'elle se trouve seule à la maison, sans aucune aide extérieure, demeure un fait rarissime.

«Je voulais partager l'expérience avec les gens. Je pense qu'en accordant une entrevue, ça va faire de beaux souvenirs à montrer à ma fille quand elle sera grande», poursuit la maman monoparentale. Elle ajoute qu'elle avait émis le souhait de ne pas avoir recours à l'épidurale pour son deuxième accouchement. Son voeu a été exaucé.

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