Rio Tinto enregistre une production record pour 2016

Le lac Saint-Jean... (Archives Le Quotidien, Marc St-Hilaire)

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Le lac Saint-Jean

Archives Le Quotidien, Marc St-Hilaire

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La très forte hydraulicité de la dernière année combinée à l'exploitation du nouveau groupe turbine-alternateur additionnel à la centrale Shipshaw a permis à Rio Tinto de réaliser une production record d'électricité et même d'en vendre pour 25,7 M$, ou 126 mégawatts, à Hydro-Québec.

Il s'agissait d'une seconde année record consécutive pour la multinationale qui prétend que ces résultats n'ont eu aucun impact négatif sur l'érosion des berges du lac Saint-Jean. Au contraire, a insisté le patron de la division Jean-François Gauthier, la largeur moyenne des berges (plages) ne cesse d'augmenter depuis 2013.

C'est ce qui se dégage du bilan annuel de la division Énergie électrique présenté hier par Rio Tinto.

L'année 2016 a été la 6e plus humide depuis 1943 avec 117% de la normale. Selon Jean-François Gauthier, Rio Tinto produit généralement 95% de ses besoins en électricité. Or, pendant la dernière année, sa production a dépassé sa consommation forçant ainsi l'entreprise à écouler ses surplus sur le réseau d'Hydro-Québec, comme le stipulent les contrats liant les deux sociétés.

Les six centrales d'Énergie électrique Québec ont au cours de la dernière année généré 2317 mégawatts. La production annuelle moyenne du réseau atteint 2080 mégawatts. La société Rio Tinto, malgré les résultats de cette année, reste un acheteur net d'énergie en tenant compte de la production annuelle moyenne. Sur une période de 15 ans, l'entreprise a enregistré des surplus sur 5 ans, dont l'année du lock-out à l'usine d'Alma.

L'ingénieur hydrologue Bruno Larouche, responsable de la gestion hydrique chez Rio Tinto, indique que cette seconde année de production record n'est pas attribuable aux impacts des changements climatiques. Les études réalisées ont démontré qu'à nos latitudes, les changements climatiques feront augmenter les apports d'eau dans les réservoirs de l'ordre de 2% au tournant des années 2050. Il est toutefois évident, selon l'hydrologue, que l'entreprise devra composer avec une séquence d'années marquée par du temps beaucoup plus sec, comme ce fut le cas dans les années 80. Le graphique présenté hier démontre qu'il est impossible de dégager une tendance.

«Il pourrait y avoir des fluctuations pendant les saisons. La pluie à la messe de minuit risque d'être plus fréquente», note l'hydrologue, en référence aux variations climatiques assez spectaculaires en période hivernale, lesquelles poussent à la hausse les apports d'eau dans le lac Saint-Jean.

Lors de la dernière année, les apports d'eau ont dépassé les normales de façon significative pendant les périodes hivernales et à l'automne. Pour cette dernière saison, les apports d'eau ont atteint 131% de la normale. Ils ont été de 127% de la normale pendant la période hivernale.

Au chapitre des infrastructures, l'entreprise a procédé à des investissements de l'ordre de 73 M$, en 2016, avec des retombées économiques régionales de 51 M$. Il s'agit de travaux de réfection dont le projet majeur des Passes dangereuses. L'entreprise a versé au gouvernement du Québec des redevances de 67 M$ liées à l'exploitation des forces hydrauliques des rivières.

Pendant la dernière année, Rio Tinto a eu recours à la centrale de Chute-à-Caron pour la production d'électricité sur deux périodes de deux semaines. L'entreprise a turbiné l'eau au lieu de la déverser.

Le directeur de la division n'a pas donné d'indication sur ce que l'entreprise comptait faire avec cette centrale qui a été remplacée par le 13e groupe turbine-alternateur.

La largeur des berges s'est accrue depuis 1986

Rio Tinto a répondu à ses détracteurs quant à la situation des berges du lac Saint-Jean en soutenant dans le document présenté à la presse, mercredi, que la largeur moyenne des plages du lac Saint-Jean avait augmenté de 9 mètres depuis la mise en place, en 1986, du premier programme de stabilisation des berges.

La multinationale en arrive à cette conclusion avec la compilation des mesures réalisées sur le réseau de bornes implanté sur le pourtour du lac Saint-Jean. La largeur des berges a ainsi connu un recul, entre 2006 et 2013, pour passer de 22,7 à 21,8 mètres. Depuis, la largeur des plages a augmenté de 1,8 mètre entre 2013 et 2016.

Hier, dans le cadre du bilan annuel, les représentants de l'entreprise ont surtout traité des tempêtes qui surviennent alors que les conditions nécessaires à l'érosion sont présentes. Pour Rio Tinto, une tempête se caractérise par des vents de 30 km/h, une constance dans la direction et l'intensité du vent. Les tempêtes représentent l'un des quatre facteurs à la base de l'érosion des plages. Les trois autres étant le niveau (la profondeur d'eau et le profil du fond du lac), l'étendue du plan d'eau et la nature du sol en place.

Les gestionnaires du réseau ont dû composer avec 4 et 8 tempêtes pour les années 2015 et 2016. Il s'agit d'événements sous la moyenne. En 2015, les tempêtes ont duré 47 heures alors que 2016 a connu 96 heures de tempête.

Les tempêtes ne signifient pas pour autant une érosion permanente des berges. Selon Jean-François Gauthier, il arrive qu'après une tempête, un secteur érodé se recharge de façon naturelle. La chargée de projet, Caroline Jolette, a de son côté mentionné que le secteur Saint-Gédéon constituait une zone exposée aux problématiques d'érosion.

Les représentants de la multinationale ont été plus discrets sur la nature des discussions devant permettre d'obtenir une entente avec les parties prenantes sur la gestion participative du plan d'eau.

Les discussions doivent reprendre et le gouvernement souhaite une entente avant le début des audiences publiques sur le prochain programme de stabilisation des berges.

Malgré les critiques des citoyens pendant les rencontres de consultation maison sur le programme de stabilisation des berges, Rio Tinto n'a pas changé de position sur les berges de l'île Boulianne située à l'extrémité est du parc provincial de Pointe-Taillon. Jean-François Gauthier a rappelé la position initiale de l'entreprise qui est celle d'une assistance technique à la SÉPAQ.

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