Moins d'abandons

«Les gens sont mieux informés qu'auparavant, ils sont... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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«Les gens sont mieux informés qu'auparavant, ils sont plus sérieux et il y a moins d'abandons que par le passé », assure Mario Ruel, directeur du Pavillon sportif de l'UQAC.

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Il y a une dizaine d'années, après les résolutions du Nouvel An, le tiers des personnes inscrites dans les centres de conditionnement physique abandonnaient leur abonnement par manque de motivation, par découragement ou simplement pour avoir pris une mauvaise décision.

«Les gens sont mieux informés qu'auparavant, ils sont plus sérieux et il y a moins d'abandons que par le passé», assure Mario Ruel, directeur du Pavillon sportif de l'UQAC. Je me souviens, au début des années 80, je travaillais sous contrat au Pavillon sportif, au département de communications. À chaque début d'année, c'était la folie furieuse pour les inscriptions à la session d'hiver. On voyait plein de gens se ruer sur les appareils dans l'intention de perdre du poids et de retrouver une belle taille. On était plus dans le paraître que dans le bien-être.»

«Dans les années 80, l'expression saines habitudes de vie n'existait pas, on voulait faire du conditionnement physique pour maigrir et les ambitions étaient très élevées. C'était aussi très à la mode de se faire voir dans un gym qui était parfois même un lieu de rencontre pour les célibataires.»

«Aujourd'hui, les gens ont introduit la notion de plaisir avec l'activité physique. Il y a tellement de façons de s'entraîner aujourd'hui qu'il n'y a pas de raison pour se faire souffrir. Les gens veulent se sentir bien dans ce qu'ils pratiquent. Ils veulent aussi réussir à bien le faire», fait valoir Mario Ruel qui est associé au Pavillon sportif depuis maintenant plus de 30 ans.

Il donne en exemple la réussite sportive. «Si tu t'inscris dans une ligue de balle avec des copains et qu'après trois ou quatre parties, tu te rends compte que tu n'es pas capable de lancer la balle comme du monde, que tu l'échappes une fois sur deux et que tu ne peux pas la frapper, tu vas laisser tomber pour faire autre chose. On veut réussir ce que l'on fait, c'est bon pour l'estime de soi. C'est la même chose avec l'activité physique, il faut trouver du plaisir à en faire», explique le directeur du centre d'entraînement.

C'est un peu pour ça qu'avec le temps, le nombre d'appareils s'est diversifié et des téléviseurs se sont ajoutés sur les murs. On peut pédaler sur des vélos stationnaires, courir sur des tapis roulants, marcher avec un elliptique, exercer ses bras sur un rameur, sans compter les dizaines d'exercices avec différents appareils et accessoires. Ça prend du plaisir et des résultats.

«Les motivations sont différentes aujourd'hui. De nombreux défis s'inventent chaque année pour les sportifs de tout niveau. Souvent, les gens vont s'inscrire à un programme d'entraînement pour réaliser un défi comme le Grand défi Pierre Lavoie, la course des pichous, le tour du lac à vélo, gravir un sommet, réaliser un demi-marathon, un Ironman ou autre. C'est en visant un objectif précis qu'ils se motivent», met en relief Stéphanie Ouellet, kinésiologue, responsable de la salle de conditionnement physique au Pavillon sportif de l'UQAC.

Pour ma part, la seule fois que j'ai persévéré dans un programme de conditionnement physique, c'est quand j'ai été obligé, dans le cadre d'un processus de retour au travail. Honnêtement, ç'a été une belle expérience. J'ai été en congé de maladie pendant un an et la compagnie d'assurance a recommandé un programme d'entraînement avec un coach. J'étais VIP. Un peu plus et on attachait mes lacets d'espadrilles.

Il se tenait devant moi pendant que je pédalais sur le vélo stationnaire, il comptait les intervalles avec un chronomètre à la main et ajustait la tension de l'appareil. Il me faisait monter et descendre des escaliers et comptait les secondes quand je courais sur la piste du Pavillon sportif. Le coach s'était préalablement informé de mes goûts avant de me proposer de la course ou du vélo.

«Nous nous sommes adaptés, au cours des dernières années. Les gens ne s'inscrivent plus nécessairement pour une session complète, ils peuvent opter pour quatre, six, 12 ou 15 semaines. La notion d'intensité dans la pratique de l'activité physique doit venir avec le plaisir. Les gens ne veulent plus souffrir pour être en forme, ils veulent que ça reste une activité», conclut Mario Ruel, qui court encore son 10 kilomètres, tous les jours, au moins six fois par semaine... Ça, c'est de la persévérance.

Même son de cloche chez Énergie Cardio, où la nouvelle copropriétaire, Éveline Canape, avec la kinésiologue Claire Tremblay, constate que les gens cherchent une bonne forme physique pour pratiquer d'autres activités avec plaisir. «Les gens qui veulent faire du vélo en famille ou faire des randonnées avec leurs enfants veulent aussi être en bonne forme pour pratiquer ces activités», dit-elle, précisant que la bonne forme physique fait partie d'un mode de vie.

«Les gens sont mieux informés et sont plus précis dans leur objectif de conditionnement physique. La diversité des pratiques et le soutien des professionnels sont aussi des éléments importants dans nos centres d'entraînement», fait savoir celle qui a fait l'acquisition des 40 centres de conditionnement physique du Québec l'an dernier.

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