Acquitté, Mario Gauthier intente maintenant une poursuite de 425 000$

Mario Gauthier demande réparation pour les préjudices subis... (Photo Le Quotidien, Yohann Gasse)

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Mario Gauthier demande réparation pour les préjudices subis lors de son procès. Il veut que justice soit faite.

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Acquitté d'une grave accusation d'agression sexuelle sur une mineure, l'entrepreneur jonquiérois Mario Gauthier poursuit la Procureure générale du Québec, le ministère de la Sécurité publique et la plaignante pour une somme de 425 000 $ afin d'obtenir réparation pour les dommages subis durant près de trois années.

L'homme de 58 ans a enregistré la demande introductive d'instance le 12 janvier auprès de la chambre civile de la Cour supérieure du Québec.

Son avocat, Me Simon-Pierre Dallaire, du bureau Simard Boivin Lemieux avocats, a confirmé l'information au Quotidien.

Mario Gauthier a été acquitté le 9 décembre 2015 d'une accusation d'agression sexuelle. Le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, avait rejeté la version de la présumée victime et avait estimé que celle de l'accusé était plausible.

Les faits allégués devant le tribunal tendaient à démontrer que la jeune fille de 13 ans (au moment des événements en juin 2012) avait été abusée sexuellement au chalet du propriétaire d'Excavation et Déneigement MG de Jonquière.

Le dépôt des accusations et le procès, qui s'est déroulé sur deux années, ont causé de nombreux préjudices à l'accusé. Celui-ci a été traité de pédophile (inscription sur l'un de ses camions). Il a aussi vu ses camions et sa résidence ciblés par des vandales. Le passage au tribunal et la médiatisation du dossier lui ont aussi fait perdre des contrats.

Dans la requête, Mario Gauthier réclame 275 000 $ pour atteinte à sa réputation (75 000 $), perte de jouissance de la vie (100 000 $), pour détention illégale (25 000 $), dommages exemplaires (50 000 $) et les frais juridiques (25 000 $).

Par ailleurs, il demande des sommes de 50 000 $ pour sa conjointe, sa fille et son garçon pour les préjudices subis de cette affaire. 

La poursuite a été intentée après que les défendeurs aient refusé de dédommager les demandeurs malgré une mise en demeure.

Reproches

Plusieurs reproches sont faits aux défendeurs dans cette histoire.

« La Procureure générale du Québec a omis d'interroger l'accusé avant de porter des accusations et a commis une faute en portant les accusations sans avoir rencontré la présumée victime alors qu'elle avait l'obligation de le faire. La Procureure générale a aussi omis de prendre en considération que la plaignante avait d'abord nié l'agression. Il y a le fait que les versions de la plaignante, données par la suite, contenaient maintes incohérences et contradictions et justifiaient un abandon des accusations contre M. Gauthier », explique Me Dallaire dans le document de 14 pages déposé au tribunal.

L'avocat civiliste précise que la Sûreté du Québec n'a pas interrogé l'accusé avant de procéder à son arrestation malgré les incohérences relevées dans les versions livrées par la présumée victime. Il reproche à la SQ de s'être basée sur une enquête incomplète pour demander le dépôt des accusations. On blâme aussi le service de police d'avoir détenu Mario Gauthier à deux reprises le 8 août 2012 et le 21 mai 2014.

Concernant la plaignante, les demandeurs « la tiennent personnellement responsable des dommages découlant de ses mensonges, inventions et fabulation au sujet des faits et gestes de M. Gauthier, de l'avoir accusé à tort et de ne pas s'être rétractée de ses allégations mensongères. »

Contradictions

Parmi les contradictions de la plaignante retenues par M. Gauthier, on note que la victime avait prétendu avoir été agressée dans la chambre du rez-de-chaussée du chalet à une reprise.

Elle a modifié sa version des faits pour dire qu'elle avait été agressée à deux reprises sur un lit situé sur la mezzanine, au premier étage du chalet.

La présumée victime a même publié un commentaire sur la page Facebook de la Maison des jeunes (les premiers avisés de l'agression) où elle voulait retirer ses propos et affirmait qu'il s'agissait d'un rêve. Malgré tout, les accusations ont été maintenues, de dire les demandeurs.

La jeune fille avait aussi raconté avoir subi un cunnilingus pour ensuite nier cet élément en enquête préliminaire.

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