André Tremblay recevra sa peine pour des abus commis il y a plus de 43 ans

André Tremblay saura jeudi s'il purgera sa sentence... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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André Tremblay saura jeudi s'il purgera sa sentence en société ou en prison.

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André Tremblay, un individu de 63 ans de Saint-Honoré, recevra sa peine pour avoir abusé à deux reprises d'un jeune homme il y a plus de 43 ans. Il reste à savoir s'il purgera sa sentence, qui sera rendue jeudi, en collectivité ou derrière les barreaux.

Les événements se sont produits en 1970 et en 1973. La première fois, Tremblay, âgé alors de 17 ans, a croisé la victime dans le chemin du Volair, à Saint-Honoré. Il lui a offert de le raccompagner chez lui. Il a changé les plans en l'amenant dans un lieu isolé afin de faire une fellation et de masturber le jeune homme de 11 ans et a ensuite demandé à avoir lui aussi une fellation.

Le deuxième acte répréhensible est survenu en 1973 lorsque Tremblay, alors âgé de 20 ans, a croisé la même victime (âgée alors de 14 ans) à la sortie d'un bar. Encore une fois, il l'a entraînée à l'abri des regards afin de le sodomiser de force. Le jeune homme a dû le frapper au corps pour se défaire de son emprise.

Après plus de 24 mois de procédures judiciaires, Tremblay a reconnu les faits en septembre dernier.

Lundi matin, le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, a entendu les représentations sur sentence. Me Mélanie Paré, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), demande une garde fermée de six mois pour les gestes commis alors que l'accusé était mineur et suggère deux ans moins un jour pour l'infraction aux adultes.

«L'accusé n'a pas exprimé de regrets jusqu'à présent. Il dit ne pas avoir causé de torts à la victime, laissant voir que c'était une histoire de gars chauds, à l'époque», mentionne Me Paré, en se référant au rapport présentenciel.

«Je crois qu'il y a aussi eu de la planification, car il a amené sa victime dans un endroit isolé. Les gestes commis sont graves. De plus, il y a eu abus de confiance», estime Me Paré.

De son côté, Me Tourangeau estime qu'une peine de détention est nécessaire, mais que celle-ci peut se faire en collectivité étant donné que les infractions ont eu lieu dans les années 70 (peine minimale de 12 mois depuis 2012). «Il n'y avait pas de peine minimale prévue au Code criminel en 1970. Je pense qu'une sentence de six à douze mois en collectivité serait assez punitive. Mon client a commis les gestes alors qu'il n'avait que 17 et 20 ans. Aujourd'hui, il est rendu à 63 ans et n'a jamais commis d'autres gestes semblables», indique Me Tourangeau.

Un homme démoli

Avant que les parties ne fassent valoir leur position, la victime (que nous ne pouvons identifier afin de protéger son identité) a exprimé son désarroi.

«L'agresseur me connaissait très bien et il s'en est servi pour m'abuser. C'est ce qui me blesse. Cet individu voyageait et travaillait avec mon père et il a fait comme si rien ne s'était produit.»

«J'avais confiance en André, car il faisait partie d'un cercle de personnes qui me défendaient et qui prenaient soin de moi pendant mon enfance. Je croyais qu'il était comme eux. Je n'ai pas eu de vie adulte. J'ai eu une vie gâchée», a ajouté la victime.

Juste avant de sortir de la salle d'audience, André Tremblay s'est adressé au juge Daoust.

«Si je pouvais retourner en arrière, j'y retournerais. C'est vraiment déplorable et désolant ce que j'ai fait. C'était une affaire de jeunes, de gars chauds», a déclaré Tremblay.

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