Les chirurgies pour le cancer de l'oesophage transférées à Québec

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Les chirurgies de l'oesophage avaient lieu à l'hôpital de Chicoutimi.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Un autre service en santé dispensé dans la région est transféré à Québec. Dorénavant, les patients souffrant d'un cancer de l'oesophage et nécessitant une chirurgie devront se rendre dans la capitale.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean a tout fait pour conserver cet acquis, mais la Direction générale de cancérologie, à Québec, a tranché dans une lettre acheminée à la présidente-directrice générale du CIUSSS, Martine Couture, tout juste avant les Fêtes.

En août 2016, le CIUSSS a été mis au parfum des intentions gouvernementales. Le Dr Jean Latreille, responsable de la Direction générale de cancérologie (DGC), regroupée sous l'égide du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSSQ), a envoyé une lettre à Martine Couture pour l'aviser que tous les patients du Saguenay-Lac-Saint-Jean atteints de cancers de l'oesophage et ayant besoin d'une chirurgie devraient désormais être dirigés vers un centre de référence. La PDG a pris la plume à l'intention du Dr Latreille pour lui faire part de son désaccord et de l'inquiétude des membres de son organisation face aux mesures proposées. Elle a rappelé que les résultats d'études et les données disponibles en région démontrent qu'il n'y a «aucune différence au niveau de la morbidité-mortalité en comparaison à des centres à haut débit». Elle a également fait valoir que la région dispose d'une équipe multidisciplinaire complète et compétente pour la prise en charge des patients atteints d'un cancer de l'oesophage.

«Notre objection face à la perte de l'autorisation d'effectuer des chirurgies de l'oesophage se fonde sur les nombreuses conséquences que cela peut engendrer», peut-on lire dans la lettre de Martine Couture, dont nous avons obtenu copie.

Mme Couture argue que le transfert fragiliserait l'équipe de chirurgiens thoraciques qui oeuvrent en région et qui opèrent aussi les cancers pulmonaires. La PDG note également que la centralisation du service diminuerait le pouvoir d'attraction du CIUSSS pour le recrutement de chirurgiens dans ce domaine.

«La perte d'expertise chirurgicale se répercutera non seulement sur les cas opérés, mais également sur les cas de cancer non opérable qui nécessitent une opinion chirurgicale», met en relief la présidente directrice générale.

La PDG s'inquiète

Dans sa lettre à la Direction générale de... (Archives Le Progrès-Dimanche, Yohann Gasse) - image 3.0

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Dans sa lettre à la Direction générale de cancérologie du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), Martine Couture montre de l'ouverture au sujet d'«une certaine hiérarchisation des soins» et réitère le désir de son organisation de maintenir la collaboration avec les centres de référence en cancer de l'oesophage.

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Le CIUSSS craint que le transfert vers Québec des patients plus fragiles se solde par un refus de ceux-ci de se déplacer.

Sa présidente-directrice générale, Martine Couture, estime que cette nouvelle façon de faire engendrera une augmentation des coûts. La PDG s'inquiète pour l'accessibilité aux soins de proximité et des délais supplémentaires pour obtenir une opinion chirurgicale et les soins qui s'en suivent.

Dans sa lettre à la Direction générale de cancérologie (DGC) du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), Martine Couture montre de l'ouverture au sujet d'«une certaine hiérarchisation des soins» et réitère le désir de son organisation de maintenir la collaboration avec les centres de référence en cancer de l'oesophage. Elle demande une période d'exemption de deux ans, au cours de laquelle les interventions réalisées dans la région, de même que les protocoles et procédures, pourront être supervisées par un centre de référence.

La Direction générale de cancérologie a répondu par la négative le 16 décembre et a sommé le CIUSSS de «cesser toute chirurgie de l'oesophage et de voir à transférer les patients vers le centre de référence avec lequel un corridor a été établi».

Le Dr Jean Latreille, directeur de la DGC, rappelle que le ministère prône «une certaine centralisation des soins et services» dans des centres qui détiennent «une grande expertise en cancer de l'oesophage». Quant aux craintes formulées par le CIUSSS concernant l'état précaire de certains patients qui seraient dirigés vers Québec, le Dr Latreille se demande si un patient trop fragile pour faire le voyage ne serait pas tout simplement trop fragile pour subir une chirurgie.

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