Attention au Zika

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La Dre Sylvie Belley, médecin-conseil à la direction de la santé publique régionale, rappelle aux femmes enceintes ou qui souhaitent le devenir qu'il n'est pas recommandé de voyager dans plusieurs pays du monde où le virus du Zika sévit.

Le Progrès-Dimanche, Yohann Gasse

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Le Zika présente des risques importants pour les femmes enceintes ou en âge de procréer. En pleine période de réservations pour les voyages dans le Sud, la direction régionale de la santé publique met donc en garde les Saguenéennes et les Jeannoises contre les risques de contracter ce virus qui peut avoir des conséquences très graves sur le bébé à naître.

Médecin-conseil en santé publique, la Dre Sylvie Belley rappelle que Zika est dorénavant présent dans environ 140 pays, principalement en Amérique latine, en Amérique centrale et dans les Caraïbes. Plusieurs de ces endroits sont des destinations prisées des Québécois qui souhaitent échapper aux rigueurs de l'hiver. Le Zika, transmis par un moustique qui n'est pas présent au Canada, est difficile à détecter dans le sens où la maladie est relativement asymptomatique. Souvent, les symptômes ressemblent à ceux d'une grippe ou d'un état de fatigue prononcé et les personnes atteintes n'ont habituellement pas besoin d'être hospitalisées. Toutefois, la femme enceinte infectée peut craindre des anomalies congénitales sérieuses pouvant provoquer une microcéphalie chez le foetus (petitesse excessive de la boîte crânienne). Dans de rares cas, le virus peut provoquer la mort in utero.

«Il ne faut pas être alarmiste, mais les risques de complication sont présents. Si une femme est allée en voyage et a des doutes, elle doit en parler à son médecin. Des tests sont disponibles pour détecter une infection provoquée par le virus Zika, mais ces tests ont une limite et peuvent provoquer beaucoup d'angoisse chez les femmes», met en relief la médecin.

Pas le moment de faire un bébé

Les couples qui prévoient une escapade romantique à l'étranger et qui souhaitent profiter de l'occasion pour fabriquer un bébé devraient revoir leurs plans. La Dre Sylvie Belley rappelle avec insistance que les femmes doivent éviter de devenir enceintes pendant leur voyage en se prévalant de moyens de contraception efficaces ou en pratiquant l'abstinence. De plus, les couples devraient utiliser un répulsif à moustiques en tout temps et porter des vêtements longs, le vecteur du Zika sévissant habituellement pendant le jour. Les femmes qui planifient une grossesse devraient attendre deux mois après leur retour pour concevoir.

«Les femmes enceintes ou qui veulent le devenir devraient réfléchir sérieusement à la question avant de réserver, reporter leur voyage ou choisir une autre destination», précise la Dre Belley. Si le voyage a lieu, il est recommandé que les couples attendent six mois avant de procréer.

Messieurs, attention!

Les scientifiques commencent à en savoir plus sur le Zika, un virus connu depuis les années 80, mais qui s'est propagé de façon exponentielle au cours des dernières années. Le virus a fait l'objet d'une alerte mondiale par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) après son arrivée en Amérique en 2015. L'alerte n'est plus en vigueur, mais les organisations de santé publique continuent de sensibiliser leurs populations puisqu'il est considéré comme une maladie aux priorités significatives.

«Il y a un ralentissement, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y en a plus», note Sylvie Belley.

Il faut également savoir que l'homme qui s'expose au Zika peut transmettre le virus à sa partenaire sexuelle après son retour au pays. Il est donc indiqué de prendre les précautions nécessaires en évitant d'avoir des rapports sexuels ou en utilisant le condom au moins six mois après la sortie de la zone touchée par le Zika.

84 cas répertoriés au Québec

L'infection causée par le virus Zika fait l'objet d'une surveillance accrue par l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Au 16 décembre 2016, 84 cas ont été signalés au ministère. Dans la plupart des cas, le virus a été contracté dans des pays d'Amérique latine ou des Caraïbes. Des cas répertoriés, une femme était enceinte. À l'échelle canadienne, 421 acquisitions ont été signalées. Trois cas étaient des transmissions sexuelles. Vingt femmes enceintes figuraient parmi les 421 cas canadiens et les bébés de deux d'entre elles ont développé des anomalies congénitales.

Selon la Dre Sylvie Belley, médecin-conseil en santé publique au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, il ne s'agit là que de la pointe de l'iceberg. Il est donc indiqué, pour les voyageurs, de s'informer auprès d'une clinique de voyageurs avant de se rendre dans une zone à risque.

Il n'est pas possible d'obtenir des données régionales puisque l'infection par le virus Zika n'est pas une maladie à déclaration obligatoire (MADO).

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