Nombreuses critiques envers l'employeur...et le syndicat

Robin Cloutier adore son travail et trouve les... (Photo Le Quotidien, Louis Potvin)

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Robin Cloutier adore son travail et trouve les conditions très bonnes. De son côté, Linda Turgeon affirme qu'elle a été congédiée parce qu'elle a fait du maraudage auprès d'un syndicat national.

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Louis Potvin
Le Quotidien

Des travailleurs des Serres Toundra déplorent les mises à pied sans explication, le manque de formation et le non-paiement des primes de rendement.

Réunis pour une réunion syndicale pour entériner une convention collective d'un syndicat de boutique (maison), certains se sont vidé le coeur tandis que d'autres donnent la chance au coureur.

«C'est un syndicat bidon. On tente de parler au président et il ne nous répond pas. On propose des choses pour améliorer la situation et on n'est pas écoutés. Il y a beaucoup de pression de performance. On m'a accusé que je faisais exprès pour briser la machine. J'étais rendu à "boutte", j'ai décidé de démissionner au début de la semaine», a mentionné un homme de Normandin qui n'a pas voulu se nommer de crainte de représailles. Il avait commencé à travailler le 4 novembre.

Linda Turgeon ne digère pas d'avoir été congédiée le 19 novembre. Elle pense que c'est parce qu'elle a fait des démarches pour entrer un syndicat national. «C'est sûr que c'est ça. Le lundi, on me nommait chef d'équipe. Le mercredi, nous avons tenu une rencontre avec un syndicat. Ça s'est su et le lendemain on me congédiait sans me donner de raisons», déplore-t-elle.

Elle a soumis son cas aux normes du travail et déplore que le syndicat ne l'ait pas épaulée. Pourtant, elle aimait son travail. Elle a laissé un emploi à Alma pour venir travailler à Saint-Félicien.

Plus nuancé

D'autres travailleurs se montrent plus indulgents malgré les critiques. «Il n'y a pas de formation.

Après ça, les boss viennent chialer que les gens font des erreurs et qu'il n'y a pas de rendement et puis ils les congédient. C'est pour ça qu'il y a du roulement de main-d'oeuvre. Je suis déçu, car je crois en l'entreprise. J'attends les primes qu'on avait promises. J'ai eu 13$ de l'heure alors que j'avais droit à 19$. Pour un père monoparental comme moi, ça fait toute une différence sur la paye», mentionne Jasmin, de Saint-Prime.

Jean Desmeules est à l'emploi des Serres depuis plus d'un mois. Il aime bien son travail. «Oui, il semble y avoir des difficultés à bien mesurer le rendement pour accorder les bonus. C'est une grosse entreprise en démarrage, il faut leur donner la chance de s'ajuster», a-t-il témoigné.

Robin Cloutier est du même avis. Il adore son travail. «J'ai amélioré mon salaire de chez Tim Hortons et les conditions sont bonnes. On travaille à la chaleur et à la lumière. Je n'ai rien à redire.»

Les sentiments étaient donc partagés à la sortie de la rencontre qui a été tout de même houleuse.

Une convention jusqu'en 2023

Les employés des Serres Toundra sont liés par une convention collective jusqu'au 31 décembre 2023.

Le syndicat des employés des Serres Toundra semble être un syndicat de boutique mis en place par l'employeur.

Son président Jean-Pierre Morin n'a pas voulu parler au Quotidien à la fin de la rencontre syndicale concernant «l'adoption» de cette convention collective. Des représentants de la Fédération des syndicats indépendants étaient présents, mais n'ont pas voulu non plus donner d'explications sur ce contrat de travail. Il ne semble pas que la soixantaine de syndiqués présents aient été appelés à voter sur le projet de contrat de travail.

Bien des travailleurs rencontrés ignoraient l'existence d'un tel document. Une première convention avait été signée en octobre dernier et venait à échéance le 12 janvier 2017.

Selon la copie obtenue par Le Quotidien, l'employé doit effecteur 2000 heures de probation avant d'obtenir le droit à l'ancienneté. Durant cette période de probation, le salarié peut être remercié sans pouvoir utiliser de recours.

Le salaire horaire est fixé à 12$ pour la majorité des emplois. Un système de prime de 0,15$ a été fixé pour la récolte de concombre anglais et de 2$ pour les bacs de concombre libanais.

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