L'ex-député Stéphan Tremblay se joint à GNL Québec

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Stéphan Tremblay

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L'entreprise GNL Québec, qui projette la construction d'une usine de liquéfaction du gaz naturel de 7,5 milliards $ au port de Grande-Anse, ajoute l'ex-député souverainiste Stéphan Tremblay à son équipe.

Reconnu pour son côté environnementaliste, il aura à travailler tout le volet du transport maritime entre les installations portuaires saguenéennes et Les Escoumins.

Lors d'une entrevue éditoriale accordée au Quotidien, lundi, Stéphan Tremblay a admis que ce nouveau choix de carrière ne signifie pas qu'il abandonne ses convictions quant à l'importance d'économiser l'énergie et de protéger l'environnement. Il sait qu'il risque de faire l'objet de critiques venant de personnes avec qui il a déjà manifesté contre des projets.

« J'étais opposé au projet du Suroît parce que ça n'avait pas de sens de faire de l'électricité avec du gaz naturel au Québec, insiste Stéphan Tremblay. Par contre, le Québec est une juridiction incomparable au portrait traditionnel de consommation d'énergie dans le monde. Partout, l'électricité est produite avec des combustibles fossiles, du charbon ou de l'énergie nucléaire. »

Facteurs de décision

Stéphan Tremblay a pris cette décision en tenant compte de certains facteurs très précis par rapport à l'industrie énergétique et au positionnement du gaz naturel dans l'équation. La combustion du gaz naturel dans les procédés industriels ou même pour la production d'électricité produit 50 % moins de gaz à effets de serre que le charbon. Sans admettre qu'il faisait un choix sur la moins pire des solutions, Stéphan Tremblay considère que cette énergie permet de faire un gain environnemental important.

Transparence

L'ex-député a vérifié ce que GNL Québec avait fait jusqu'à maintenant en matière de transparence. Il note que l'entreprise fait des efforts importants dans ce domaine et cette orientation a plu à M. Tremblay qui entend poursuivre dans la même direction dans le cadre de ses nouvelles fonctions.

« J'ai l'impression que je vais représenter la population au sein de l'entreprise. C'est un peu le rôle d'un député », explique-t-il.

Même si Stéphan Tremblay n'est à l'emploi de GNL Québec que depuis quelques heures, il a déjà bien assimilé certains éléments du projet Énergie Saguenay. Il a déjà analysé tout le contexte énergétique mondial et la nécessité de développer un projet avec une très faible empreinte carbone. Il est aussi bien au fait de tout l'enjeu entourant la navigation sur le Saguenay alors qu'Ottawa doit créer des zones de protection pour le béluga, dont toute l'embouchure du Saguenay jusqu'à la hauteur de la baie Sainte-Marguerite.

« Avec l'ajout des navires (méthaniers) de GNL et d'Arianne Phosphate, on va se retrouver au même nombre de bateaux que dans les années 1980. On oublie que le pétrole était transporté par bateau au Saguenay », reprend Stéphan Tremblay. Sur ce point, le nouveau responsable des relations avec les citoyens ne croit pas que le projet de Saguenay va se heurter à la même opposition que d'autres grands projets industriels associés aux hydrocarbures.

Selon lui, il est impossible que l'on se retrouve avec des problèmes comparables aux grands déversements de pétrole lors des accidents avec les plates-formes de forage ou les pétroliers qui s'échouent. Le gaz naturel liquéfié est contenu dans des réservoirs sous forme liquide. Un déversement de gaz naturel liquéfié ne laisserait pratiquement pas de trace dans l'eau puisqu'il s'évaporerait assez rapidement.

Avenir de la région

La dernière considération évaluée par Stéphan Tremblay pour se joindre à GNL Québec concerne l'avenir de la région. Pour ce dernier, le Saguenay-Lac-Saint-Jean a le droit d'espérer obtenir des projets industriels majeurs qui vont permettre de créer de la richesse. Le terminal de liquéfaction doit en fait être considéré comme une usine où l'on transforme une ressource naturelle avant de l'exporter vers des marchés où cette énergie permet d'aider à diminuer d'autres formes d'énergie beaucoup plus dommageables pour l'environnement.

L’Office national de l’énergie (ONE) accorde à GNL... (Archives Le Quotidien) - image 2.0

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L’Office national de l’énergie (ONE) accorde à GNL Québec la licence d’exportation réclamée pour l’usine de liquéfaction du gaz naturel que la firme veut construire au port de Grande-Anse, au Saguenay, au coût de 7,5 milliards$.

Archives Le Quotidien

Les avis de projet déposés aux gouvernements

L'entreprise GNL Québec a déposé des avis pour le projet Énergie Saguenay aux ministères fédéral et provincial de l'Environnement. Elle sera en mesure d'entreprendre les différentes études menant à l'obtention des permis des deux paliers de gouvernements.

La directrice des affaires publiques de l'entreprise, Marie-Claude Lavigne, insiste sur les échéanciers du projet. L'objectif est de débuter les travaux pour l'usine et le gazoduc en 2019 pour une mise en service en 2023. Les deux ministères ont fait parvenir à l'entreprise les directives spécifiques pour les études d'impact.

« En ce moment, il y a un surplus de gaz naturel liquéfié dans le monde. Les experts indiquent que cette situation se résorbera en 2023. »

Il est important de rappeler que GNL Québec ne construira pas le gazoduc pour raccorder la région à la municipalité d'Iroquois, en Ontario, où arrive le gazoduc principal de l'Ouest canadien et qui permettrait d'acheminer vers Saguenay 1,5 milliard de pieds cubes de gaz naturel par année. Il s'agit d'une conduite de trois pieds de diamètre. À la limite, toujours selon la porte-parole, GNL Québec pourrait former une coentreprise avec un géant du transport de gaz comme Transcanada ou Gaz Métro pour cette section du projet de 2,5 à 3 milliards $. 

Construction d'un quai

Le projet d'usine comprend la construction d'un quai. Il s'agit d'une infrastructure qui sera utilisée seulement pour le chargement des méthaniers en raison des particularités de ce produit. GNL Québec a donc jugé qu'il était préférable qu'elle reste maître d'oeuvre du projet de quai contrairement à Arianne Phosphate qui a confié cette tâche à l'Administration portuaire de Saguenay.

Vente de gaz en Europe

Les investisseurs derrière ce projet considèrent que la fenêtre sera très intéressante pour la vente de gaz en Europe avec tout le bouleversement géopolitique des dernières années. La Russie est un fournisseur majeur de gaz, mais entretient des relations acrimonieuses avec plusieurs pays de l'Union européenne en raison de la crise de l'Ukraine. L'Asie et l'Amérique du Sud sont également dans la mire de GNL Québec comme marché. Marie-Claude Lavigne signale que la Pologne a confirmé qu'elle mettra un terme à son approvisionnement en gaz auprès de la Russie au terme du contrat actuel.

La criante du nucléaire alimentée par les accidents survenus au Japon aura aussi son impact sur la demande. L'Allemagne a déjà fait le choix d'abandonner cette énergie pour des raisons de sécurité.

L'entreprise GNL Québec appartient à des investisseurs privés. La liste des actionnaires n'est pas publique. Les deux noms connus associés à ce projet sont Jim Illich, un spécialiste du gaz liquéfié qui a été associé à plusieurs projets, et Jim Breyer, président de Breyer Capital dont le siège social est situé dans la ville de MenloPark, au coeur de Silicon Valley, en Californie. Selon Forbs, la fortune de Bryer est évaluée à 2,6 milliards $.

Le terminal projeté à Saguenay n'est pas le seul projet du genre au Canada. Au moins 10 autres projets sont à l'étude pour expédier du gaz naturel liquéfié à partir de la Colombie-Britannique. Ces usines s'alimenteraient au gaz naturel pour la production de l'énergie nécessaire à la liquéfaction en vue de l'exporter.

L'entreprise, dont le siège social est à Chicoutimi, a dépensé jusqu'à maintenant 32 millions $ dans son projet d'usine de liquéfaction et de quai de transbordement.

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