Pas de blocus des sentiers de motoneige en vue... pour le moment

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Le Saguenay-Lac-Saint-Jean se démarque du reste de la province en ce qui concerne la cohabitation entre motoneigistes et producteurs agricoles.

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Les membres de l'Union des producteurs agricoles (UPA) se disent prêts à se mobiliser pour manifester leur mécontentement face aux changements au Programme de crédit de taxes foncières agricoles qui entreront en vigueur en janvier. Les moyens de s'opposer à la décision du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Pierre Paradis, n'ont pas été dévoilés officiellement, mais un blocus possible des sentiers de motoneige qui passent sur les terres agricoles inquiète plusieurs adeptes du loisir à travers le Québec. Portrait de la situation dans la région.

Les producteurs agricoles de la région n'ont pas pour le moment l'intention de bloquer l'accès aux sentiers qui passent sur leurs terres aux motoneigistes. Le président régional de l'UPA assure qu'il compte respecter les ententes intervenues entre les propriétaires de terres et les adeptes de motoneige. Mario Théberge espère toutefois que les revendications des membres de l'UPA seront entendues par le gouvernement provincial, faute de quoi, il ignore la suite des choses.

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean se démarque du reste de la province en ce qui concerne la cohabitation entre motoneigistes et producteurs agricoles. Des ententes sont intervenues entre les deux parties dans plusieurs secteurs de la région. Les agriculteurs reçoivent notamment des montants compensatoires pour les dommages causés à leur terre par le passage des motoneiges. «Ici, les choses ne sont pas comme ailleurs dans la province. Ailleurs, ils n'ont pas d'entente signée, ils ne sont pas obligés d'ouvrir les sentiers sur leurs terres. Ici, il y a des sommes qui ont été allouées en guise de dédommagement aux producteurs, il y a de l'argent en jeu, des montants qui ont été négociés. C'est pour ça que c'est délicat», explique Mario Théberge. «On est des producteurs, on est des gens de parole, des gens fiables. C'est pour ça que ça nous met dans une situation délicate. L'idée dans la région, ce n'est pas d'en venir à bloquer les terres, mais on ne sait pas ce qui va arriver. Il faut voir ce qui va se passer ailleurs», affirme-t-il, précisant que les ententes ont été conclues entre les agriculteurs et les motoneigistes, sans l'intervention de l'UPA.

Comme la situation est particulière, la fédération régionale de l'UPA a décidé d'agir en se mobilisant avec les différents intervenants.

Une manifestation lundi

Une manifestation est organisée lundi matin, à 10h, devant les bureaux de Philippe Couillard à Saint-Félicien. Les producteurs agricoles invitent les motoneigistes, les quadistes, ainsi que les élus municipaux à se joindre à eux pour l'occasion. «On a le premier ministre chez nous. Étant donné que le ministre de l'Agriculture ne veut pas céder sur aucune décision qu'il a prise sans même consulter les partis concernés, on est rendu à interpeller le premier ministre. Le ministre refuse de nous écouter et de s'asseoir pour négocier quoi que ce soit. Il nous a rentré ça dans la gorge sans aucune négociation, ce n'est pas correct. Quand on est des parties concernées, normalement on est consulté. Il devrait y avoir du monde pas mal à la manifestation.»

L'UPA se présente sur place avec des revendications précises.

«On veut que le premier ministre nous donne un moratoire d'un an pour régler le dossier de façon équitable pour toutes les parties. En plus de ça, probablement qu'on va demander la démission du ministre de l'Agriculture. On n'est pas capable de travailler avec lui.»

Mario Théberge confirme par ailleurs que des démarches seront entreprises dès le début de la semaine ailleurs au Québec. Une conférence de presse de l'Union des producteurs agricoles est d'ailleurs prévue mardi matin.

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Comme la situation est particulière, la fédération régionale de l'UPA a décidé d'agir en se mobilisant avec les différents intervenants.

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Des ententes locales apaisent les inquiétudes

La crainte de voir les terres agricoles fermées aux motoneigistes n'est pas généralisée dans la région. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, plusieurs clubs de motoneigistes disposent d'ententes les liant aux agriculteurs incluant des compensations monétaires. D'autres ne disposent que de droits de passage accordés par les propriétaires de terres agricoles. La situation explique les différentes perceptions. Une chose est certaine, les clubs contactés appuient les agriculteurs dans leurs revendications.

Dave Tremblay, porte-parole du Club Passe-partout Roberval, confirme avoir une certaine inquiétude quant au déroulement de la saison qui s'amorce.

«De notre côté, on n'a pas d'entente monétaire visant à indemniser les producteurs agricoles pour le passage sur leurs terres. On a seulement signé des droits de passage avec les propriétaires», explique-t-il d'emblée. «Nous avons certaines craintes. Dans le Bas-du-Fleuve, un agriculteur a affirmé qu'il allait fermer ses terres le 29 janvier s'il n'y a pas d'entente avec le gouvernement.»

Le porte-parole du club qui compte quelque 550 membres affirme que les représentants de l'UPA ont demandé l'appui du club dans leurs représentations auprès du gouvernement.

«Ils sont en moyens de pression. Nous serons là pour les soutenir», affirme celui qui se rendra devant les bureaux du premier ministre lundi matin afin de manifester son appui aux producteurs agricoles.

«En 2010, il y a eu un blocus et ç'a affecté un secteur de la région. On n'a pas de boule de cristal, mais cette fois, on espère que tout va bien se passer. Les producteurs agricoles ont le dernier mot. C'est un privilège de circuler sur leurs terres.»

Pas de peur

Pour sa part, le porte-parole du Club de motoneigistes Lac-Saint-Jean est convaincu que la saison de motoneige pourra se dérouler comme prévu.

«On espère que ça va se régler pour eux, mais on n'a pas peur. On a une entente avec les producteurs agricoles de notre secteur depuis plus de six ans et tout va très bien. On n'a pas peur du tout», assure Gaétan Gagné.

«On se parle régulièrement, on se rencontre. On a confiance en notre entente. Même s'ils manifestent, je ne penserais pas que ça nous affecte.»

Le représentant du club confirme son appui aux producteurs agricoles.

«On sera là lundi matin pour les appuyer. C'est important pour nous puisqu'environ 75% de nos sentiers passent sur des terres agricoles», affirme celui qui, en se présentant devant les bureaux du premier ministre, espère aussi démontrer qu'une entente entre les différents intervenants est possible.

Si jamais l'accès aux terres est bloqué ailleurs dans la région et au Québec, il estime que la saison pourra tout de même se dérouler normalement.

«Ce qui se passe ailleurs, on ne peut rien y faire. Par contre, de notre côté, nous pouvons circuler sur un grand territoire. Jonquière a aussi une entente et notre territoire se rend jusqu'à l'Étape. Ensuite, de l'Étape à Québec, on ne parle pas de terres agricoles. Ça me surprendrait que ça bloque.»

Jules Tremblay, du Club de motoneigistes du Saguenay, confirme lui aussi son appui aux agriculteurs. «On les appuie. On a une entente signée avec eux.»

Une résolution nationale adoptée à la fin novembre

La menace de bloquer l'accès aux sentiers qui passent sur des terres agricoles est bien réelle ailleurs au Québec. En ouverture du 92e Congrès annuel de l'UPA tenu à Québec à la fin novembre, les membres ont répondu par l'affirmative lorsque questionnés sur leur volonté de se mobiliser pour réagir à l'intention du gouvernement du Québec de modifier les programmes de crédit de taxes foncières agricoles.

«Les autres régions, je ne peux pas parler pour elles, sauf qu'il y a une résolution qui a été adoptée au congrès provincial et qui dit que si le règlement pour le remboursement de taxes n'est pas réglé, on va limiter l'accès à nos terres agricoles pour les activités. Ici, notre façon de faire est différente. En plus, on a l'appui des motoneigistes, des quadistes et de la FQM dans notre dossier, alors on se dit que ça ne serait pas correct de limiter l'accès aux pistes de motoneiges. On n'est pas d'accord avec ça. Sauf que, est-ce qu'on va en venir là, si ça traîne et ça traîne et que le dossier s'envenime? On ne le sait pas», affirme Mario Théberge, président régional de l'UPA.

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