Première année de Justin Trudeau: belles promesses et égoportraits

La députée néo-démocrate de Jonquière aux Communes, Karine... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

Agrandir

La députée néo-démocrate de Jonquière aux Communes, Karine Trudel, accompagnée du lieutenant québécois Alexandre Boulerice, a fait le bilan de la dernière année. Elle note que le gouvernement n'a pas avancé dans les principaux dossiers qui préoccupent la région comme le bois d'oeuvre, le lait diafiltré et l'entente Canada-UE sur le fromage fin.

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La députée de Jonquière, Karine Trudel, et le lieutenant du Québec pour le NPD, Alexandre Boulerice, ont visité la Fromagerie Blackburn de Jonquière pour mesurer l'état d'esprit des producteurs artisans. Ces derniers devront composer avec l'arrivée de 17 000 tonnes de fromage fin européen sur les tablettes des épiceries québécoises «sans support du Canada qui mise gros sur l'entente de libre-échange Canada-UE».

La députée de Jonquière et son collègue ont effectué une tournée du comté et multiplié les entrevues pour faire le bilan de la première année du gouvernement Trudeau. Une année, selon Karine Trudel, marquée par beaucoup de belles promesses et des égoportraits, mais qui n'a pas permis de faire avancer les dossiers importants.

«Les conservateurs avaient pris l'engagement de dégager un programme d'aide de plus de 4 G$ pour supporter les producteurs. Le gouvernement libéral a modifié cet engagement pour un programme de 350 M$ conditionnel à ce que les producteurs de fromage réalisent des investissements dans leur entreprise», invoquent les deux députés qui considèrent que le gouvernement libéral est loin de respecter ses engagements.

Les chiffres sont révélateurs, selon les termes utilisés par la députée. La production de 17 000 tonnes de fromage fin représente la transformation de toute la production laitière du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Karine Trudel ne voit pas comment un producteur qui affrontera une telle concurrence aura les reins assez solides pour se lancer dans des investissements. Ce qui revient à dire que l'effet de ce programme d'aide sera nul au terme de l'exercice, selon elle.

Bois d'oeuvre

Le conflit du bois d'oeuvre avec les États-Unis est un autre dossier sur lequel la députée Trudel attire l'attention de la population. Elle a défendu bec et ongles cette industrie à Ottawa et déplore que le gouvernement libéral soit complètement insensible aux demandes des syndicats et des entreprises. «On demande sans cesse un programme d'aide ou de garantie de prêt pour supporter l'industrie du bois d'oeuvre qui est très importante pour notre région. Québec est allé de l'avant avec un projet de garantie de prêt et Ottawa ne s'est pas encore engagé à faire de même. Un autre dossier où le gouvernement se traîne les pieds malgré l'urgence d'agir.»

La députée néo-démocrate a aussi jugé nécessaire de prendre connaissance d'un autre enjeu incontournable pour l'industrie forestière à la grandeur du Canada avec le caribou forestier. Le gouvernement fédéral a son mot à dire dans ce litige qui oppose environnementalistes et industriels de la forêt. Environnement Canada a déjà informé les provinces que des plans de rétablissement doivent entrer en vigueur en 2017, sans quoi Ottawa pourrait décréter ses propres mesures. Selon la députée, il est important de bien maîtriser les différents éléments pour en arriver à des décisions qui tiennent compte des communautés vivant de la forêt.

Karine Trudel écorche au passage le député libéral dans Chicoutimi-Le Fjord, Denis Lemieux, qui avait expliqué que sa circonscription n'était pas concernée par la problématique du caribou forestier.

Comme c'est le cas pour le problème relié au traité Canada-UE, les deux députés ont visité la Scierie Girard pour bien comprendre la réalité d'une entreprise qui n'exporte pas beaucoup de bois aux États-Unis, mais qui sera tout de même affectée par la crise, surtout si les Américains parviennent à imposer des quotas sur l'importation de bois canadien.

Mode de scrutin

La dernière promesse sur laquelle le NPD aurait bien voulu que Justin Trudeau fasse preuve de fermeté est celle de la réforme du mode de scrutin. Alexandre Boulerice rappelle que le premier ministre a déclaré pendant la campagne électorale que les Canadiens participaient en 2015 à la dernière élection uninominale à un tour.

«Qu'on cesse de nous parler de l'Italie et d'Israël. Dans l'OCDE, 85% des pays ont le mode de scrutin proportionnel. Est-ce que l'Allemagne est un pays instable?», questionne le lieutenant québécois du NPD.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer