L'égalité des sexes reste un enjeu

La professeure-chercheuse en psychologie Jacinthe Dion a prononcé... (Photo Le Quotidien, Yohann Gasse)

Agrandir

La professeure-chercheuse en psychologie Jacinthe Dion a prononcé une conférence sur les violences sexuelles en milieu universitaire, mardi midi, à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Photo Le Quotidien, Yohann Gasse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Il y a 27 ans, la vie de 14 jeunes femmes était fauchée par les balles d'un tireur misogyne à l'École polytechnique de Montréal. Vingt-sept ans plus tard, l'égalité des sexes demeure un enjeu social. Et les milieux universitaires, dont l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), ne sont pas épargnés par les violences sexuelles et la culture du viol.

La professeure-chercheuse en psychologie, Jacinthe Dion, a prononcé une conférence sur les violences sexuelles en milieu universitaire, mardi midi, à l'UQAC, devant un public massivement féminin de quelque 50 personnes. Avant toute chose, la psychologue a rendu hommage aux victimes de cette tragédie perpétrée par Marc Lépine le 6 décembre 1989.

Ensuite, Mme Dion a présenté les résultats de l'Enquête sur la sexualité, la sécurité et les interactions en milieux universitaires (ESSIMU), menée auprès de six universités.

Selon cet exercice volontaire, plus du tiers des 9284 répondantes et répondants (37%) ont rapporté avoir subi au moins une forme de violence sexuelle au sein du milieu universitaire. «C'est une réalité. Ce ne sont pas des gestes isolés. Et ce n'est surtout pas anecdotique. Il faut cesser de nier la fréquence des violences sexuelles», a soutenu Mme Dion.

Et l'UQAC n'échappe pas à cette problématique. «Les chiffres sont similaires. Il n'y a pas de différences significations», a ajouté Jacinte Dion.

Faits saillants

L'étude révèle que le degré de risque varie selon le sexe, l'orientation sexuelle, la santé physique et les origines, notamment.

Parmi les faits saillants, 47,4% des violences sexuelles sont survenues lors d'activités sociales, alors que 38,7% des gestes reprochés se sont produits dans le cadre d'activités d'enseignement. Aussi, 77,4% des comportements rapportés ont été l'oeuvre de gens au statut équivalent (professeur avec professeure, étudiant avec étudiante), 89,7% des auteurs de violence sont des hommes, et 85% des gestes n'ont pas été dénoncés aux instances des universités.

Autre particularité du milieu universitaire: «la victime risque de rencontrer son agresseur par la suite», a soulevé Jacinthe Dion.

Culture du viol

Selon la psychologue et professeure, la culture du viol est le résultat «d'idées dominantes, de pratiques sociales et de croyances qui tolèrent et banalisent la violence sexuelle».

La conférencière a pointé du doigt cette banalisation, qui est le pire ennemi des victimes.

«La victime n'est jamais, mais jamais responsable. Il faut arrêter de banaliser les conduites relevant du harcèlement sexuel, rendre publiques les actions, prendre des mesures supplémentaires pour sensibiliser le grand public et faire connaître les services disponibles», a affirmé Jacinthe Dion.

La conférence, précédée par un kiosque de sensibilisation, était proposée dans le cadre de la campagne institutionnelle «Sans oui, c'est non», en collaboration avec le comité de lutte de la Maison Isa et le MAGE-UQAC.

Une soixantaine de personnes, surtout des femmes, mais... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 4.0

Agrandir

Une soixantaine de personnes, surtout des femmes, mais aussi des hommes et des enfants, ont marché silencieusement sur la rue Saint-Dominique en portant des ballons blancs, la couleur symbolique en hommage aux victimes de Polytechnique.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Soixante personnes à la marche silencieuse

(Dominique Gobeil) - Une soixantaine de personnes ont marché silencieusement, à Jonquière, mardi en fin de journée, en mémoire de la Saguenéenne Sandra Fortin, assassinée en mars dernier.

La Table de concertation sur la violence faite aux femmes et aux adolescentes organise annuellement une marche silencieuse dans le cadre de la Journée de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes, en souvenir de la tragédie de Polytechnique il y a 27 ans, où 14 femmes ont été tuées. Cette fois, le comité a voulu dédier l'événement particulièrement à la dame, qui avait 52 ans.

«La mort de Mme Fortin nous a beaucoup touchés. C'est une victime de la violence post-conjugale et ça montre que personne n'est à l'abri. Elle était très impliquée dans la défense des droits des femmes, que ce soit au sein de son syndicat ou pour la journée du 8 mars», indique l'intervenante Cynthia St-Louis.

Le présumé meurtrier de la dame, Luc Hamel, a été cité à procès en novembre et la date devrait être fixée le 15 décembre devant la Cour supérieure du Québec. Aussi accusé de séquestration, il aurait tué son ancienne amie de coeur avec une arme blanche chez elle à Jonquière, avant de transporter le corps jusqu'à sa résidence à Chicoutimi.

Après la marche sur la rue Saint-Dominique, la Table de concertation attendait près de 125 personnes au Patro de Jonquière pour un souper où a été lancé le jeu de société «On fait le tour de la question». Cette création permet notamment de sensibiliser les joueurs à la cause et de découvrir les organismes qui offrent de l'aide aux femmes victimes de violence, comme La Chambrée ou Le Transit. Une cinquantaine d'exemplaires seront distribués, surtout à Jonquière, par exemple dans les écoles.

«Ça permet de démystifier les préjugées. Le parcours de jeu est en forme de spirale, et le but est d'être le premier à sortir du cycle de la violence», image Cynthia St-Louis.

Des actions plus intenses à l'UQAC

(Julein Renaud) - Dans un contexte où la culture du viol fait couler beaucoup d'encre, le comité institutionnel contre le harcèlement et la violence de l'UQAC intensifiera ses actions.

Piloté par Gina Gagnon, directrice des services éducatifs, et Hassan Soubhi, professeur au département des sciences de la santé, le comité tenait sa première réunion mardi après-midi. «C'est un comité qui date de plusieurs années et qui découle d'une politique institutionnelle, mais qui était peu actif. Là, il reprend de la vie. Depuis un an, on a revu son mandat. Des étudiants et des représentants syndicaux y siègent aussi», a commenté Gina Gagnon, en marge de la conférence sur les violences sexuelles offerte par la professeure Jacinthe Dion.

«On veut intensifier nos actions, développer un plan d'action sur plusieurs années, être capables d'avoir un cadre de références statistiques et porter la campagne Sans oui, c'est non», a précisé Mme Dion.

Le mandat de ce comité déborde de la violence sexuelle, mais cette problématique sera au coeur de ses actions.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer