L'absentéisme à l'hôpital de Jonquière inquiète la direction du CIUSSS

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L'hôpital de Jonquière est l'hôpital de la région le plus touché par l'absentéisme.

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Le Quotidien a obtenu les données des taux cumulatifs d'assurance salaire par groupe d'emploi et par installation. On y apprend en outre que le taux est de 9,52% à Jonquière, beaucoup plus haut qu'à Roberval (4,75%), qu'au siège social (4,99%) et qu'au sein de l'installation en Déficience intellectuelle et trouble du spectre de l'autisme (DITSA), où le taux est de 5,41%. En fait, plus de 160 employés jonquiérois étaient absents du travail pour une période prolongée, entre avril et septembre.

Les infirmières cliniciennes (bachelières) sont celles présentant le plus haut taux d'absentéisme, avec 15,32%. «C'est énorme, énorme, énorme», déplore la présidente du Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQ-CSQ), Nathalie Savard. Les infirmières (10,58%), les infirmières auxiliaires (10,31%), les préposés aux bénéficiaires (11,16%) et les professionnels cliniques (10,20%) présentent aussi des taux d'absentéisme inquiétants. «Une chose est certaine: le taux d'absentéisme est très élevé. Les causes varient, mais l'organisation du travail, le fardeau de la tâche, les compressions budgétaires et l'incertitude n'aident pas. Il y a des employés qui ont des cancers, mais il y a aussi beaucoup de détresse psychologique dans nos installations. L'incertitude n'aide pas», affirme Mme Savard.

Le CIUSSS se fixe une cible budgétaire de 6,75% de taux d'absentéisme. Ces taux n'incluent pas les 9,6 jours de congé maladie auxquels ont droit les employés. L'assurance salaire débute lorsque les employés sont en «congé maladie» pour une longue période. Sur les formulaires d'assurance salaire, on apprend que ladite assurance peut être utilisée lorsque la condition médicale du salarié le rend «complètement incapable d'accomplir les tâches habituelles de son emploi ou de tout autre emploi analogue offert par l'employeur».

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Nathalie Savard, présidente du Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québecois (SIISNEQ-CSQ).

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L'hôpital de Jonquière est l'hôpital régional le... (Infographie Le Quotidien) - image 3.1

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Infographie Le Quotidien

Au Centre de protection de l'enfance et de la jeunesse (CPEJ) et au Centre de réadaptation pour jeunes en difficulté d'ajustement (CRJDA), le taux d'absentéisme est de 7,87%. À Alma, le taux cumulatif est de 8,54%. Ce sont les employés de soutien (13,17%) et les infirmières cliniciennes (12,14%) qui présentent les taux d'absentéisme les plus élevés à Alma.

Le taux d'assurance salaire à La Baie (8,58%) ressemble à celui observé à Alma. À Cléophase-Claveau, les infirmières cliniciennes sont aussi en moyenne plus absentes (16,25%) que les autres employés. Les infirmières présentent par contre un très bas taux d'absentéisme (4,64%), tout comme les préposés aux bénéficiaires (6,37%). Le taux des infirmières auxiliaires (15,48%) est pour le moins différent.

«Avant, nous rencontrions l'employeur tous les mois en comité pour discuter du taux d'absentéisme. Avec le CIUSSS et la Loi 10, ça n'existe plus. C'était pourtant très important de le faire pour comprendre le problème à la source, pour que les mesures ne soient pas faites à l'aveugle. En 2009, à Jonquière, nous avions créé des postes de remplacement qui nous permettaient de stabiliser les horaires. Il y avait depuis moins d'heures supplémentaires, donc c'était payant pour l'employeur. Maintenant, plusieurs jeunes partent à l'extérieur et on ne réussit pas à structurer nos postes. Ce n'est pas parce que l'on manque de monde, c'est parce qu'on s'organise mal», soutient Mme Savard.

Des taux préoccupants

Pierre Ouellet, du CIUSSS, explique que des mesures... (Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 5.0

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Pierre Ouellet, du CIUSSS, explique que des mesures particulières sont prises à l'hôpital de Jonquière.

Le Quotidien, Jeannot Lévesque

La direction du CIUSSS explique intervenir particulièrement à l'hôpital de Jonquière «pour rendre ce milieu de travail davantage favorable à la présence au travail».

Le directeur adjoint, ressources humaines, communication et affaires juridiques, Pierre Ouellet, confirme être «préoccupé» par les taux d'absentéisme. «Au cours des cinq dernières années, nous avions une pente descendante au niveau de l'assurance salaire. Présentement, on vit une augmentation. On réfléchit à cette problématique de façon quotidienne.»

Plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte lorsqu'il est question d'absentéisme. Certains concernent le milieu de travail immédiat, d'autres des éléments plus personnels (divorce, habitudes de vie, etc.).

«Par exemple, au niveau de Jonquière, il y a eu des difficultés de recrutement, au fil des dernières années. Quand il y a un absent, deux absents, ça crée un effet domino. Ce ne sont pas tous les secteurs qui sont en difficulté à Jonquière. Le travail est fait en collaboration avec les gestionnaires sur le terrain pour bien se centrer sur les actions à poser. On ne peut pas agir rapidement sur l'absentéisme. Quand on intervient, les résultats sont là 6, 8 ou 12 mois plus tard.»

Certaines installations, comme le siège social, parviennent à réaliser la cible budgétaire en assurance salaire. Seuls les hôpitaux de Roberval et Dolbeau réussissent.

«On s'active pour faire les bonnes interventions dans les équipes. Chaque fois que les taux sont plus élevés que la cible, on essaie de comprendre pourquoi. Il est déjà arrivé que nous soyions à 6,75%. Depuis deux ans, il y a une remontée qui inquiète, avoue M. Ouellet. Le changement demande effectivement des ajustements. C'est vraiment une préoccupation de la haute direction d'agir sur la qualité de vie au travail.»

Hôpital de Chicoutimi

L'hôpital de Chicoutimi présente aussi un taux d'assurance salaire très élevé (9,13%) par rapport à la cible budgétaire du CIUSSS, qui est de 6,75%.

Ce sont les infirmières auxiliaires (14,20%) et les préposés aux bénéficiaires (13,45%) qui ont les taux les plus élevés d'absence en assurance salaire. Les infirmières cliniciennes (9,99%) et les infirmières (9,51%) montrent aussi des taux beaucoup plus hauts que la cible.

Sans grande surprise, le personnel administratif et les cadres présentent généralement des taux d'assurance salaire plus bas que les employés qui travaillent directement avec les patients.

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