Difficultés d'apprentissage: un portrait semblable en région, selon la CSQ

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L'étude conclut que seulement 52 pour cent des quelque 6000 élèves de sixième année concernés par l'étude sont considérés comme «réguliers».

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Le constat dressé par une chercheuse de Québec, qui conclut que presque la moitié des élèves de sixième année fréquentant des établissements publics sont à risque ou en difficulté d'apprentissage, correspond au portrait que l'on pourrait faire de la même clientèle au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

C'est du moins l'avis de la présidente du Syndicat de l'enseignement du Saguenay (SES-CSQ), Aline Beaudoin, qui estime que l'enquête menée par la chercheuse Caroline Jeanson auprès de 283 enseignants Québec «n'est pas loin de la réalité régionale».

L'étude en question conclut que seulement 52 pour cent des quelque 6000 élèves de sixième année concernés par l'étude sont considérés comme «réguliers». Cela veut dire qu'ils n'ont pas ni handicap ni difficulté d'apprentissage reconnue. Les chiffres, diffusés dans un quotidien du Québec en début de semaine, révèlent que 39 pour cent des écoliers sont à risque d'échec, tandis que 29 pour cent sont aux prises avec un handicap ou une difficulté d'adaptation ou d'apprentissage. L'étude a été commandée par le Syndicat de l'enseignement de la région de Québec (SERQ), en collaboration avec la CSQ.

«Ça correspond au portrait de la région. Il y a de plus en plus d'intégration d'enfants avec des besoins particuliers dans les classes régulières, mais les services ne sont tout simplement pas au rendez-vous. Le fait qu'il n'y ait plus de voies pour les élèves avec des besoins particuliers fait en sorte que ça égraine les classes ordinaires», fait valoir la présidente du Syndicat de l'enseignement du Saguenay.

Aline Beaudoin rappelle que certains phénomènes contribuent à la diminution notable de la proportion d'élèves dits «réguliers». Les classes homogènes, lesquelles intègrent tous les profils d'élèves, en sont une cause. La politique du non-redoublement y est aussi pour quelque chose.

«On a fait disparaître les classes pour des besoins spécifiques, mais on n'a jamais balisé l'intégration de ces élèves. Quand ta classe est pleine et que tu as des élèves qui ont des rythmes d'apprentissage différents, tu as le souci de respecter ce rythme. Par contre, avec la présence de plusieurs plans d'intervention, les profs peuvent se sentir parfois dépassés. En plus, certains parents sont plus revanchards ou revendicateurs, ce qui ajoute une pression sur les épaules de l'enseignant», fait valoir Aline Beaudoin, qui ajoute que le manque de ressources en psychologie et en orthophonie continue d'être dénoncé par les profs et que ceux-ci revendiquent l'ajout de professionnels auprès du gouvernement.

Le dégringolade du nombre d'élèves au profil régulier dans les classes du réseau public d'éducation a des conséquences importantes, dit Aline Beaudoin. Animés du sentiment que leur enfant est tiré vers le bas, des parents dirigent leur enfant vers des programmes sélectifs ou enrichis.

«Au secondaire, si les jeunes qui ne sont pas dans des concentrations sélectives, c'est comme s'ils étaient des sous-élèves. C'est malsain», note-t-elle.

Le Syndicat de l'enseignement du Saguenay n'a pas l'intention de commander une étude semblable à celle réalisée à Québec. Toutefois, Aline Beaudoin croit que ce type d'enquête a pour effet d'appuyer les revendications des enseignants.

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