Trois cliniques d'anticoagulothérapie seront fermées

Nathalie Savard... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Nathalie Savard

Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Le Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQ-CSQ) dénonce la décision du CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean de fermer les trois cliniques d'anticoagulothérapie des hôpitaux de Jonquière, de La Baie et de Dolbeau, une mesure qui pourrait toucher 1200 patients au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Selon l'organisation syndicale, des centaines de patients devront maintenant se tourner vers des pharmacies ou cliniques privées pour assurer le suivi de leur condition physique en relation avec la prise des médicaments comme le Coumadin et le Sintrom.

En entrevue, Nathalie Savard, présidente du SIISNEQ-CSQ, a mentionné qu'au fil des discussions avec la direction du CIUSSS depuis deux semaines, l'information a été transmise par la direction du chef de département pharmaceutique qu'il y aurait transfert des services vers le secteur privé avec l'imposition de coûts pour les utilisateurs.

Ces cliniques seront fermées progressivement d'ici le printemps prochain, pour des raisons budgétaires, une orientation que désapprouve fortement le SIISNEQ-CSQ, qui reproche aux dirigeants du CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean de faire des économies de bouts de chandelle sur le dos de centaines de patients.

À Jonquière, ce sont au moins 600 personnes qui seront affectées, alors qu'à La Baie et à Dolbeau, on estime qu'entre 250 à 300 personnes à chaque endroit devront être redirigées vers une pharmacie. À Jonquière, le service était assuré par une infirmière clinicienne dont le poste sera aboli. « Sous prétexte d'économiser des sommes relativement modestes, on fait disparaître un service essentiel pour la santé de centaines de personnes sans savoir si les pharmacies seront en mesure de leur assurer un même suivi », déplore Nathalie Savard.

Cette dernière ajoute que la fermeture de ces trois cliniques est un pas de plus vers la privatisation de notre système public de santé et vient en contradiction directe avec les engagements pourtant clairs pris par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, lors de l'annonce de sa réforme.

« Le ministre avait promis que l'adoption de la loi 10 devrait améliorer l'accessibilité aux soins de santé pour la population et qu'elle n'entraînerait aucune diminution de services dans nos établissements publics. Cette décision du CIUSSS est donc en contradiction flagrante avec les engagements publics de Gaétan Barrette », stipule la présidente du SIISNEQ-CSQ.

« Les cliniques assurent le suivi des personnes qui doivent prendre des anticoagulants, tels que le Coumadin et le Sintrom. Elles doivent subir régulièrement des prises de sang et faire ajuster leur posologie en conséquence. Est-ce que les pharmacies seront en mesure d'offrir le même service avec un suivi aussi rigoureux que celui qui était offert ? Les patients auront-ils droit à la même écoute et au même soutien ? Comment et par qui se fera l'analyse des prises de sang ? »

CIUSSS

Du côté du CIUSSS, Isabelle Jean, chef du département de pharmacie, affirme que l'organisation répond à une directive ministérielle demandant de diriger ce service de première ligne vers le pharmacien communautaire qui de toute façon effectue le suivi de chaque patient avec l'accès au Dossier santé Québec (DSQ) ou avec ses collègues en milieux hospitaliers.

Elle explique qu'actuellement les patients en anticoagulothérapie fréquentant la clinique se rendent sur place pour une prise de sang et retournent à la maison. Par la suite, une infirmière ou le pharmacien hospitalier prend acte du résultat et appelle le pharmacien communautaire pour ajuster la dose du médicament prescrit. La nouvelle façon de faire fera en sorte que le patient se rendra directement en pharmacie communautaire pour y recevoir le résultat de la prise de sang et assurer le suivi de la médication avec le pharmacien sur place qui disposera du profil complet du patient. 

« Le pharmacien est la meilleure personne pour procéder au suivi du patient. Le pharmacien communautaire a déjà le patient dans ses dossiers. L'important est d'avoir un service excellent et sécuritaire, explique Mme Jean. Le ministre de la Santé souhaite que tout ce qui doit être considéré comme des services ambulatoires soit ambulatoire.

Cette dernière a mentionné que le transfert de patients se fera par vagues successives. Elle n'était pas en mesure de préciser quelle somme serait économisée avec l'abolition des postes d'infirmières en milieux cliniques.

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