Bois d'oeuvre: l'opposition réclame des gestes concrets

Sylvain Gaudreault... (Archives La Presse, Ivanoh Demers)

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Sylvain Gaudreault

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Une nouvelle crise du bois d'oeuvre, qui pourrait se confirmer aujourd'hui avec le dépôt d'une plainte contre l'industrie canadienne par les scieurs américains, a mis le feu aux poudres à l'Assemblée nationale. L'opposition péquiste accuse le gouvernement libéral d'avoir laissé traîner les choses, depuis un an, alors que les nuages s'accumulaient sur cette industrie qui représente 60 000 emplois.

Le chef péquiste Jean-François Lisée a ouvert le bal en interrogeant la ministre de l'Économie, Dominique Anglade, sur les actions que le gouvernement entendait poser pour éviter une nouvelle crise. «Qu'est-ce que le gouvernement du Québec attend pour défendre le régime forestier?», a demandé le député de Rosemont à la ministre Anglade.

Cette dernière a répliqué en affirmant que le négociateur en chef du Québec dans ce dossier, Raymond Chrétien, allait se rendre aux États-Unis, les 6, 7 et 8 décembre, afin de rencontrer ses homologues américains. La ministre n'a toutefois pas précisé les objectifs que le gouvernement poursuivait avec ces rencontres alors que tout indique que la négociation sur le bois d'oeuvre est pratiquement terminée et qu'il ne reste qu'à déterminer les quotas que les scieurs américains sont disposés à permettre à l'industrie canadienne qui occupe en ce moment un peu plus de 30% du marché.

La ministre Anglade a soutenu que tous les gestes posés par le gouvernement du Québec avaient été salués par l'industrie et que d'autres actions allaient suivre afin de protéger les 60 000 emplois concernés. Le chef péquiste est au contraire convaincu qu'encore une fois, les travailleurs de 120 communautés du Québec, regroupées dans les régions, allaient vivre des difficultés en raison de l'incapacité de Québec d'agir depuis la fin de la dernière entente.

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreualt, a de son côté rappelé au ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, qu'il fallait au moins 334 jours pour traiter ce genre de plainte en fonction des dispositions des accords commerciaux en vigueur. Le député de Jonquière a rappelé au ministre qu'il était temps que le gouvernement envisage des actions pour aider les travailleurs. Ce à quoi Luc Blanchette a rétorqué que le gouvernement était en mouvement.

«Les travailleurs sont en mouvement vers le chômage», a rétorqué Sylvain Gaudreualt qui affirme constater l'inaction du gouvernement face à ce problème important qui aura des conséquences économiques pendant très longtemps. La dernière crise a duré 10 ans.

Pendant que le député de Jonquière et son chef pressaient le gouvernement du Québec d'agir pour supporter l'industrie québécoise et ses travailleurs, leur collègue et porte-parole en matière de Forêt, Sylvain Roy, s'est joint à Ottawa à ses collègues du Bloc québécois, Rhéal Fortin, chef par intérim, Marilène Gill, porte-parole du parti en matière de ressources naturelles, et Gabriel Ste-Marie, porte-parole en commerce international. Les politiciens réclament d'Ottawa une défense plus soutenue de l'industrie québécoise qui a adopté un nouveau régime forestier pour contrer les accusations de l'industrie américaine qui prétend que les scieurs canadiens bénéficient de subventions illégales via les redevances sur la ressource ligneuse.

Des recours judiciaires vendredi

(Presse Canadienne) - Après un peu plus de dix ans de paix commerciale, la guerre entre les États-Unis et le Canada dans le dossier du bois d'oeuvre semble sur le point de reprendre.

Dans une déclaration écrite transmise en début de soirée, jeudi, le bureau de la ministre fédérale du Commerce international, Chrystia Freeland, a confirmé les rumeurs qui circulaient.

«Comme on s'y attendait depuis l'expiration du moratoire sur le bois d'oeuvre il y a un mois, il semblerait que la coalition américaine sur le bois d'oeuvre a l'intention de présenter, vendredi, une requête auprès du département du Commerce des États-Unis réclamant une enquête.»

Le Canada est «prêt à toute éventualité», et le gouvernement fédéral «défendra avec vigueur les intérêts des travailleurs et des producteurs canadiens» du secteur du bois d'oeuvre résineux, a indiqué le bureau de Mme Freeland.

Il faut garder en tête que dans le passé, «nos travailleurs et producteurs de bois n'ont jamais été en faute» et que «les organismes internationaux se sont toujours rangés du côté de notre industrie», a signalé le cabinet de la ministre.

La période de grâce d'un an que s'étaient accordée les deux parties après l'expiration de l'accord canado-américain sur le bois d'oeuvre a pris fin le 12 octobre dernier, ouvrant la porte à l'imposition de tarifs douaniers sur les produits canadiens par les autorités américaines.

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