La clientèle féminine chassée du JR

Le propriétaire du Cabaret JR de Jonquière a... (Archives La Presse, Olivier Pontbriand)

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Le propriétaire du Cabaret JR de Jonquière a l'intention d'exclure les dames de son établissement en raison de problèmes vécus avec les danseuses. Celles-ci se feraient harceler par des clientes. Cette décision serait toutefois contraire à la Charte des droits et libertés.

Archives La Presse, Olivier Pontbriand

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Les clientes féminines sont désormais chassées du Cabaret JR, à Jonquière, une décision d'affaires qui va à l'encontre de la Charte des droits et libertés de la personne.

Le propriétaire Serge Gilbert affirme qu'il en va de la survie du bar de danseuses. «J'ai dû faire un choix entre elles ou les clientes. J'ai choisi mes danseuses. Elles ne voulaient plus venir parce qu'elles se sentaient intimidées par les autres femmes. Certaines profitent tranquillement du spectacle, mais la plupart sont là juste pour "bitcher". Elles rient sur le bord de la scène, sont désagréables et créent plein de problèmes. Si je n'ai plus de danseuses, je n'ai plus de clients. J'ai déjà perdu de l'argent à cause de ça.»

L'homme d'affaires admet que sa décision est «drastique» et est prêt à assumer les conséquences. La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) se charge d'enquêter sur les situations de discrimination, notamment celles fondées sur le sexe. L'article 15 de la charte québécoise interdit d'empêcher l'accès à des établissements commerciaux pour cette raison.

Directeur du programme en administration des affaires à l'Université du Québec à Chicoutimi, le professeur formé en droit Daniel Gagnon rappelle que cette loi est de première importance. «Le propriétaire ne peut pas se justifier en invoquant la survie de son entreprise. Quand on regarde la charte, ce qu'il fait est illégal. Une plainte pourrait être déposée à la Commission des droits de la personne.»

M. Gilbert songe à trouver une solution. Les femmes étaient auparavant admises au Cabaret JR si elles étaient accompagnées par un homme.

«Une femme pour un homme, c'est correct. Là, c'était rendu que quatre femmes entraient pour un homme. C'est surtout les jeunes de 18-20 ans qui posent problème. On va peut-être à la place être juste plus sévère à la porte et n'accepter que celles qui ont plus de 25 ans.»

Or, le site de la CDPJ donne justement cet exemple de discrimination. «On ne peut vous refuser l'accès à un bar sous prétexte qu'il est réservé aux personnes de 30 ans et plus.»

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