Créer un jeu vidéo, un travail d'équipe

L'an dernier, des étudiants de l'École des arts... (Photo courtoisie)

Agrandir

L'an dernier, des étudiants de l'École des arts numériques, de l'animation et du design (NAD) ont travaillé en collaboration avec des étudiants du Département de l'informatique et mathématique (DIM) de l'UQAC. L'équipe a remporté un concours tenu par la compagnie Ubisoft avec le prototype de jeu vidéo Koru.

Photo courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

PAGE UQAC / Créer un jeu vidéo nécessite plusieurs personnes provenant de différents domaines. Selon le professeur à l'École des arts numériques, de l'animation et du design (NAD), Jocelyn Benoit, il s'agit de l'une des forces de ce domaine.

«C'est vraiment quelque chose de multidisciplinaire, raconte le professeur. Lorsqu'on travaille dans les jeux vidéo, on travaille autant avec des artistes qu'avec des programmeurs. En plus, il y a plusieurs aspects qu'on peut développer lorsqu'on crée un jeu.»

Par exemple, M. Benoit se spécialise dans la création de moteurs de jeu. «Dans un film ou un film d'animation, tout est prévu à l'avance. Qu'on voie le film au cinéma ou en DVD, ça va toujours être la même chose, pour tout le monde. Mais dans un jeu vidéo, ce qu'on vit change parce que c'est le joueur qui contrôle ce que le personnage principal peut faire», explique-t-il.

En fait, le moteur de jeu est ce qui crée le lien entre les actions du joueur et le résultat. Ça touche tout autant l'environnement du jeu que les mouvements du personnage qui se modifient selon les décisions du joueur. Par exemple, si ce dernier décide de toujours faire sauter son personnage, le jeu vidéo s'adapte en fonction de la commande.

«En fait, ce qu'on fait, c'est qu'on crée des outils pour que les univers se créent plus facilement, raconte M. Benoit. Plus les jeux vidéo se développent, plus les mondes deviennent complexes et plus c'est long à créer. Les univers des dernières versions de Skyrim ou d'Assassin's Creed sont beaucoup plus chargés que celui de Zelda dans les années 90!»

Le NAD, dont l'une des concentrations se spécialise sur les jeux vidéo, offre donc des cours aux étudiants spécialement sur les moteurs de jeux. «C'est un cours où l'on met les étudiants dans un environnement de production, comme ce qui se passe dans l'industrie, pendant 15 semaines. Ils doivent donc développer un concept et apprendre à travailler en équipe et à communiquer pour mener le projet à terme», raconte le professeur.

Selon Jocelyn Benoit, la communication est un élément essentiel pour ceux qui travaillent dans l'industrie des jeux vidéo. «Dans les grosses boîtes de production, on peut retrouver des équipes qui vont de 100 à 300 personnes. Dans ce contexte, c'est difficile d'être capable de maintenir une vision commune. C'est donc nécessaire d'apprendre aux étudiants à être capables de collaborer», affirme le professeur.

D'ailleurs, quelques-uns de ses étudiants du NAD, qui est situé à Montréal, ont pu mettre en pratique ces enseignements en travaillant avec des étudiants du Département d'informatique et de mathématiques de l'Université du Québec à Chicoutimi.

Selon lui, c'est une exigence qui est apparue avec le développement du domaine. «Dans les années 80, c'était possible de réaliser un jeu vidéo en étant seul, de s'occuper personnellement de toutes les étapes. Maintenant, ce n'est plus du tout réaliste. Alors on apprend aux jeunes à accepter la critique et travailler avec la rétroaction et l'approbation des autres membres de l'équipe», poursuit-il.

«Il faut savoir rester critique envers son oeuvre, apprendre à s'en dissocier. C'est quelque chose qu'on doit enseigner aux jeunes rapidement», conclut M. Benoit.

Les moteurs de jeu: un domaine qui commence à se développer

Selon le professeur à l'École des arts numériques, de l'animation et du design (NAD), Jocelyn Benoit, qui se spécialise en création de moteurs de jeux, son domaine commence tout juste à être développé.

«Présentement, on connaît l'utilisation des moteurs de jeux dans ce qui touche aux jeux vidéo seulement. Par contre, de plus en plus, on les utilise pour la visualisation. En fait, il y a un studio à Montréal qui commence à se diriger vers d'autres applications», raconte M. Benoit.

Par exemple, le moteur de jeu, qui permet de créer les environnements dans lesquels se déroulent les jeux, pourrait être utilisé par les vendeurs de voitures pour présenter de nouveaux modèles à leurs clients. «Les vendeurs pourraient utiliser la visualisation, avec un casque qui ressemble à celui de la réalité virtuelle, pour permettre aux clients de voir l'automobile et de la personnaliser automatiquement, en voyant le résultat en temps réel. Le moteur de jeu permettrait de créer ces changements», explique le professeur.

Par ailleurs, M. Benoit raconte avoir discuté avec quelques chercheurs qui développent les moteurs de jeux pour permettre aux médecins de simuler des opérations. «Par exemple, un médecin situé au Brésil pourrait participer à une opération en Chine, en temps réel, sans avoir besoin de se rendre sur place grâce au moteur de jeu et la réalité virtuelle. En fait, il y a tout un éventail de possibilités. C'est un domaine qui est voué au développement et on commence à peine à l'effleurer!», poursuit-il.

D'ailleurs, que l'industrie soit toujours en évolution stimule les créateurs. «Ça nous force à innover. On ne peut pas être paresseux. En tant que créateur, on doit accepter que tout change. On ne doit pas être déçu d'avoir toujours à se renouveler», affirme M. Benoit.

Toutefois, ces changements forcent ceux qui travaillent dans le domaine à être critiques. «On doit être capables de faire la différence entre ce qui est révolutionnaire et un produit qu'on essaie de nous vendre simplement pour que la compagnie se fasse de l'argent et qui est voué à l'échec. Il faut également être critique envers nos façons de faire», conclut le professeur.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer