Un deuxième dépanneur pour le couple Li-Wang

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Yu Wang et son mari Yuan Yuan Li ont acheté le dépanneur au Carrefour, situé à Kénogami, en avril. Il s'agit de leur deuxième acquisition à Jonquière depuis 2012.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Après avoir acquis le dépanneur Mathias, à Arvida, en 2012, Yuan Yuan Li et son épouse, Yu Wang, mettent la main sur un deuxième commerce. Le dépanneur au Carrefour, présent dans le paysage de Kénogami depuis 75 ans, est officiellement la propriété du couple originaire de la Chine depuis avril dernier.

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Yuan Yuan Li et Yu Wang peuvent toujours compter sur l'appui de l'ancien propriétaire, Gaston Letendre.

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M. Li et Mme Wang ont acheté de Gaston Letendre et Carole Gaudreault. Les propriétaires souhaitaient prendre leur retraite après avoir tenu les rênes du dépanneur pendant 24 ans. Le couple de Chinois, originaire de la ville de Xi'an, est arrivé au Québec en 2005. Yuan Yuan Li a troqué sa carrière d'ingénieur pour travailler dans un restaurant chinois de Montréal, tandis que sa femme a mis son travail d'enseignante au rancart. Ils avaient entendu dire qu'il fait bon vivre dans la Belle Province et ont décidé de tenter le coup. Alors que Yuan Yuan essayait désespérément d'apprendre les rudiments de la langue de Molière (un véritable défi lorsque l'on vient de la Chine et que l'on travaille dans un restaurant chinois), son professeur de français lui a dit qu'il devrait songer à travailler dans le public.

«Elle m'a dit que je devrais travailler dans un commerce. J'ai pensé à un dépanneur et j'ai trouvé que c'était une très bonne idée», raconte M. Li. Le couple a acquis un dépanneur à Québec en copropriété avec la soeur de Yuan Yuan Li et s'est installé dans la capitale. Dix-huit mois plus tard, les Néoquébécois voulaient avoir leur propre entreprise.

Ils ont entendu dire, par l'entremise d'amis, que le Dépanneur Mathias était à vendre. Une rencontre agréable et fort positive a eu lieu avec le propriétaire. Quand Yu Wang est venue pour la première fois au Saguenay, c'était en pleine nuit. Elle ne savait pas trop dans quoi elle s'embarquait. Mais quand elle a vu la ville sous la lumière du jour, elle a eu un coup de coeur. Le couple, qui a fait l'objet d'un reportage dans Le Progrès-Dimanche en 2013, n'a jamais regretté son choix.

Au Saguenay, ils ont trouvé une communauté tissée serrée, où beaucoup de gens se connaissent. Yuan Yuan Li et Yu Wang ont aussi découvert un endroit où leurs deux enfants, Raymond et Hélène, tous deux nés au Québec, peuvent s'épanouir.

«Les Québécois et les Chinois se ressemblent beaucoup. Ils partagent des valeurs semblables d'entraide et de communauté. Ils sont chaleureux. Mais surtout, ce sont de grands travailleurs. Nous, on travaille beaucoup», note Yu Wang, qui s'investit au moins 40 heures semaine pour assurer le bon fonctionnement de ses commerces.

Yuan Yuan Li et Yu Wang ont toutefois décidé de vendre le dépanneur Mathias. L'établissement passera aux mains d'un ami de la famille, également Chinois, le 5 décembre. L'implication était devenue trop grande, d'autant plus que les parents des propriétaires, vieillissants et affligés de quelques maux, nécessitent que l'un des membres du couple se rende en Chine plus souvent.

Un bon coup pour les nouveaux propriétaires

Les ressortissants chinois estiment avoir fait un bon coup en achetant le dépanneur au Carrefour, situé à l'angle des rues Saint-Hubert et Montcalm.

Ils ont trouvé un établissement en bonne santé financière doté d'une clientèle établie et fidèle. De plus, deux employées du Carrefour qui y travaillent depuis longtemps, dont la conjointe de l'ancien propriétaire, ont décidé d'y rester. Guylaine Tremblay et Gaston Letendre habitent juste au-dessus et se font un plaisir de donner un coup de main aux nouveaux patrons quand ils en ont besoin.

«C'est un bon commerce avec beaucoup de volume. Avant d'acheter, on a parlé aux représentants. Ce sont les mêmes qu'au dépanneur Mathias. Ils nous ont dit que c'était un bon dépanneur et une bonne affaire. En plus, on a acheté la bâtisse au complet alors c'est très intéressant», explique Yu Wang.

Les propriétaires adorent être sur le plancher et côtoyer la clientèle. Gens de terrain, ils carburent au contact humain et aux échanges.

«Les gens viennent et me disent ''ici, c'est mon dépanneur''. Ça me va droit au coeur. On a acheté le Carrefour parce que c'est un dépanneur de quartier», confie Yuan Yuan Li, 41 ans. Lui et sa conjointe, âgée de 40 ans, croient dur comme fer en l'importance de donner une chance aux jeunes à l'emploi.

«En Chine, tu dois travailler, travailler et toujours travailler. Parce que si tu dis non, quelqu'un d'autre va prendre ta place. Ici, il y a plus de flexibilité. Et ce que j'aime c'est qu'il y a moins de pression sur les enfants pour qu'ils soient bons dans tout», pointe Yu Wang.

Le couple a littéralement adopté la région et se voit y vieillir. À moins, bien sûr, que Raymond, neuf ans, et Hélène, cinq ans, ne décident de s'établir ailleurs un jour. Car c'est ici que les moeurs de la Chine et du Québec en ce qui a trait à la famille diffèrent.

«Au Québec, si les enfants vont vivre dans une autre ville, les parents vont souvent rester au même endroit. En Chine, les parents restent près des enfants», poursuit la citoyenne de l'Empire du Milieu.

Par contre, si l'on revient aux similitudes, le fait qu'il y ait beaucoup de Tremblay au Saguenay fait bien rire Yuan Yuan et Yu. D'autant plus que leurs patronymes, Li et Wang, sont aussi les plus communs de la région dont ils sont originaires.

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