Mashteuiatsh lance un ultimatum

Gilbert Dominique... (Archives Le Quotidien)

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Gilbert Dominique

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Louis Potvin
Le Quotidien

Mashteuiatsh lance un dernier ultimatum aux gouvernements du Québec et d'Ottawa. Le projet de traité d'autonomie gouvernementale devra être signé au plus tard le 31 mars 2017, sinon la communauté aura recours aux tribunaux pour faire valoir ses droits.

«C'est fini le temps où la date est toujours repoussée. On nous avait dit début 2015, puis juin 2015 et finalement mars 2016. Et il n'y a toujours rien. On n'accepte plus le pelletage par en avant. Nous avons consulté notre population et nous sommes prêts à mettre fin au processus après le 31 mars 2017, s'il n'y a pas signature», a avancé le chef Gilbert Dominique. Mettre fin au processus veut dire moyens de pression, affirmation et démarche juridique.

Ce dernier déplore le blocage des négociations depuis quelques mois. La machine administrative serait très lourde. «On stagne, on fait du sur place parce que les fonctionnaires ont une influence trop forte. Ça ne marche pas! Ça va prendre un leadership politique! Il faut que les deux gouvernements s'engagent publiquement à mettre sur la table un échéancier clair pour en arriver à un projet de traité. Sinon on va frapper un mur», prévient-il.

Cette sortie du chef découle d'une entrevue radiophonique accordée par le premier ministre Couillard qui ne semblait pas mettre en priorité la négociation sur le traité, mais plutôt rechercher un remplaçant au représentant des régions, Me Nicol Tremblay (décédé au mois de septembre). «On n'est plus rendu là. Son remplacement est plus au moins important. Les gouvernements disent que la négociation est un enjeu important, mais ne font rien pour le régler. On ne sent pas que c'est une priorité», déplore-t-il.

D'ailleurs, une rencontre «d'urgence» a été réclamée pour que les deux paliers de gouvernement saisissent que Mashteuiatsh et les autres communautés qui négocient, Essipit et Nutashkuan, sont tannées. «Ça fait 35 ans qu'on attend. On a été bon joueur, mais là, c'est fini», martèle le chef.

Pourtant, des divergences importantes sont encore présentes et les négociateurs autochtones ont des propositions à faire. Sans être en mesure de les nommer, le chef pense qu'elles peuvent se régler en quelques mois afin que le dossier du financement et de la mise en oeuvre du traité soit prêt. «C'est certain qu'il restera quelques éléments complémentaires à discuter après, nous sommes réalistes, mais nous voulons que les plus gros points soient réglés pour représenter un projet à nos gens», affirme Gilbert Dominique.

Enjeux les plus importants des négociations

•Le Traité garantira aux Premières Nations de Mashteuiatsh, Essipit et Nutashkuan toute la latitude nécessaire à leur épanouissement collectif dans tous les domaines et tous les champs d'action propres à un gouvernement innu autonome et tourné vers l'avenir.

•[...] confirmera le droit inhérent à l'autonomie gouvernementale et l'exercice de cette autonomie se fera sur Nitassinan, le territoire ancestral, sur lequel des affectations territoriales précises auront été déterminées par chacune des Premières Nations en cause. Les modalités de gestion ou de co-gestion y seront claires et se feront dans l'esprit et le respect de nos spécificités culturelles.

•[...] reconnaîtra, confirmera et assurera la continuation des droits ancestraux, y compris le titre aborigène.

•[...] protégera le droit à la pratique d'Innu Aitun, de leur culture, fondement même des Premières Nations.

•[...] contiendra des mesures spécifiques en regard du principe de rattrapage socio-économique tout en incluant des moyens d'assurer le développement socio-économique des Premières Nations.

•[...] favorisera la création d'institutions et structures autochtones, notamment dans les domaines de l'éducation et de la justice.

Sources: Petapan.ca

Le chef s'interroge pour son avenir

Gilbert Dominique réfléchit à son avenir politique. Il ne sait pas s'il se présentera à nouveau comme chef.

«J'ai encore la flamme et le goût de la politique. Défendre l'intérêt de ma population me tient toujours à coeur, mais il faut que ma santé suive», a-t-il affirmé.

À l'écart de ses fonctions pendant près de six mois à cause d'un épuisement professionnel, Gilbert Dominique veut être certain qu'il est bien remis de ce difficile épisode avant de demander un autre mandat. «Le travail de chef d'une communauté est très exigeant. Là, je vais bien et je me sens dans une très grande forme, mais je veux voir comment ça va se dérouler au cours des prochains mois avant de me lancer. La santé, c'est ce qu'il y a de plus important. Je ne veux pas revivre ce que j'ai vécu », a-t-il admis.

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