Policier accusé de voies de fait: la vidéo incomplète, plaide l'avocat

L'avocat du policier Philippe Lajoie (photo), qui est... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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L'avocat du policier Philippe Lajoie (photo), qui est accusé de voies de fait et d'avoir usé d'une force abusive lors d'une arrestation, se demande si la vidéo tournée par les caméras de surveillance de l'UQAC peut être admise en preuve.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Le policier Philippe Lajoie a cloué au sol un individu en état d'ébriété sur le stationnement de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Des images le démontrent. Mais il n'existe aucune image montrant ce qui a mené à ce geste.

Me Mathieu Rochette (Couronne) et Me Dominic Bouchard (défense) ont débattu de l'admission en preuve de la vidéo de l'arrestation, menée le 7 novembre 2015. Philippe Lajoie est accusé de voies de fait (d'avoir usé d'une force abusive).

Mercredi, le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, a visionné la vidéo et déterminera le 31 janvier s'il admet les images en preuve.

Vers 5 h 15 du matin, Philippe Lajoie et sa coéquipière sont appelés à intervenir auprès d'un individu qui dort dans sa voiture et dont le moteur tourne. Lorsqu'ils sortent l'individu, celui-ci titube, a de la difficulté à se tenir debout et donne du fil à retordre aux agents, selon les images tournées par les caméras de surveillance de l'UQAC.

Me Bouchard fait valoir qu'entre le moment où les policiers ont maille à partir avec l'individu et l'instant où celui-ci est cloué au sol une première fois, les images vidéos ne montrent rien.

Impossible de savoir s'il y a eu bousculade ou quoi que ce soit d'autre qui aurait pu mener à ce que le policier plaque l'individu au sol une deuxième fois quelques instants plus tard.

«C'est rempli d'irrégularités. C'est comme si dans une prolongation d'un septième match de hockey, la caméra du filet fait défaut ou n'enregistre pas le moment où la rondelle entre dans le but. On ferait appel à Toronto et c'est Marc Sénéchal (capitaine aux normes professionnelles de la police et enquêteur) qui confirme le but, même s'il n'a rien vu auparavant», a imagé Me Bouchard.

«Il manque trois minutes d'images. Ces minutes pourraient expliquer ce qui s'est passé avant que le policier ne renverse l'individu. Il doit y avoir un contexte à tout ça et nous en sommes privés», ajoute le criminaliste.

Me Bouchard s'insurge sur le fait que la manipulation de la vidéo n'a pas été faite sécuritairement et que le plaignant au dossier, Réjean Chatigny, responsable de la sécurité pour Garda, n'a pas fait de déclaration officielle et n'a pas été appelé à témoigner.

«Quant à celui qui a été cloué au sol, il n'a jamais porté plainte», reprend Me Bouchard.

Du côté du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Mathieu Rochette réfute les allégations de son confrère. Il prétend que les images concordent entre elles et qu'elles sont exactes.

«Ce ne sont pas trois minutes qui manquent, mais une minute et six secondes. Malgré tout, les images concordent. Je dois démontrer que la preuve décrit le crime et que la vidéo n'a pas été retouchée ou modifiée, ce qui est le cas. Le tribunal possède l'entièreté des images et la vidéo doit être admissible en preuve principale», a indiqué Me Rochette.

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