Passionné par la prévisualisation

Les étudiants au NAD profitent de leur cours... (Photo courtoisie)

Agrandir

Les étudiants au NAD profitent de leur cours pour réaliser plusieurs projets qui mettent en oeuvre les connaissances acquises. Antoine Rouleau, Emmanuel Gatera et Éric Villeneuve, par exemple, ont travaillé sur toutes les étapes du projet Monkey Moon : le scénarimage, la prévisualisation, la construction (ou modélisation) des éléments visibles dans le film, et le produit final.

Photo courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

PAGE UQAC / Pour réaliser un film ou un court métrage, de nombreuses personnes doivent mettre la main à la pâte, dont les artistes qui s'occupent de la prévisualisation. Avant le début du tournage, ceux-ci dessinent ce à quoi les scènes ressembleront.

Le professeur Benoit Melançon termine son doctorat qui... (Photo courtoisie) - image 1.0

Agrandir

Le professeur Benoit Melançon termine son doctorat qui touche au domaine du cinéma, plus particulièrement la prévisualisation.

Photo courtoisie

C'est d'ailleurs ce qui passionne le professeur de l'école des arts numériques, de l'animation et du design (NAD), affiliée à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Benoit Melançon.

«Ce qu'on fait se rattache davantage aux réalisations de Walt Disney que de Geoges Lucas. Il n'y a pas beaucoup d'improvisation lorsqu'on produit un film en dessin animé, contrairement à ce qui peut se passer sur un plateau de tournage. Alors on doit prévoir ce à quoi le résultat final ressemblera», raconte M. Melançon.

Pendant longtemps, les scènes étaient présentées sous forme de planches qui ressemblent à celles d'une bande dessinée. Maintenant, les artistes qui travaillent en prévisualisation utilisent l'infographie.

«Les projets sur lesquels on travaille sont partagés avec beaucoup de personnes. Alors c'est nécessaire d'avoir des endroits où l'on peut faire des remue-méninges, des stratégies où l'on peut bénéficier de la créativité de tous», soutient le professeur.

Selon lui, chaque personne qui s'implique dans une production peut amener des éléments de créativité pour améliorer le résultat final. «En fait, je crois qu'on perd un peu de cette créativité. Avec les nouvelles technologies, la prévisualisation se met de plus en plus à ressembler au produit final. Avant, il y avait une espèce de flou entre la prévisualisation et le film, et les techniciens, qui ont beaucoup de connaissances dans leur domaine, pouvaient contribuer à améliorer l'image», déplore M. Melançon.

Le professeur du NAD estime que les nouvelles technologies privent les artistes d'une création que le technicien aurait pu amener. Benoit Melançon pense que la technologie est pertinente, mais pas nécessairement utilisée de la bonne façon.

«On ne veut pas faire un film une deuxième fois, assure le professeur. La technologie est là, on peut l'utiliser. Sauf qu'il doit y avoir une réflexion théorique ou artistique sur la façon de le faire!»

C'est d'ailleurs, selon lui, l'une des missions du NAD, qui développe de plus en plus l'aspect de la recherche avec les étudiants en maîtrise. «Faire de la recherche, c'est plus qu'être simplement intéressant. C'est un devoir. On serait fou de se guider simplement par le besoin d'utiliser des technologies. Il y a tellement de questions à se poser. L'université est un lieu pour transmettre, préserver, mais également pour créer le savoir», ajoute M. Melançon.

«Le déterminisme technologique, l'idée qu'on utilise ce qu'on a simplement parce qu'on l'a, ce n'est pas satisfaisant. Il faut aller plus loin, être critique des nouvelles technologies, se questionner sur les meilleures utilisations possible et les améliorations qu'on peut apporter», conclut le professeur.

Un apprentissage constant

Comme les technologies changent très rapidement, le professeur de l'école des arts numériques, de l'animation et du design (NAD), Benoit Melançon, croit que les jeunes qui souhaitent faire carrière dans le domaine doivent être passionnés.

«S'il y a un manque de passion, on est moins enclin à mettre tous nos efforts pour apprendre. Comme le domaine se modifie souvent, on peut finir par se faire dépasser. C'est indispensable», explique M. Melançon.

Les étudiants qui s'inscrivent aux programmes de baccalauréat, de certificat ou de maîtrise offerts par le NAD sont souvent fascinés par le domaine, affirme le professeur. «En fait, ça commence souvent par les jeunes qui s'inscrivent par plaisir et par curiosité. Et plus le programme avance, plus ils découvrent de nouvelles choses et leur vision change», poursuit Benoit Melançon.

Il arrive également que certaines personnes réalisent qu'elles sont moins intéressées par le domaine qu'elles croyaient. «Ça arrive, mentionne M. Melançon. L'université, c'est là pour se découvrir, essayer de nouvelles choses et voir ce qui nous attire moins.»

Par ailleurs, l'homme affirme que les professeurs doivent, eux aussi, être passionnés pour se maintenir à l'affut des nouvelles technologies. Selon lui, ça les protège d'un certain laxisme.

«Nous ne sommes pas censés être confortables. On doit toujours se remettre en question. En fait, je m'assure de travailler avec des gens qui ont plus de connaissances que moi dans ces domaines, pour continuer d'apprendre! C'est nécessaire de se garder à jour, même si ça peut être difficile, à la longue, de devoir réapprendre de nouvelles choses», ajoute M. Melançon.

Toutefois, même si les programmes utilisés se renouvèlent constamment, le professeur assure que les façons de les utiliser, les séquences pour la création, restent les mêmes, car elles changent beaucoup plus lentement. «C'est quelque chose qui se modifie à long terme. Donc c'est important de les apprendre même si les technologies évoluent, car c'est ce qui est le plus important selon moi, explique-t-il. On a encore les moyens de faire d'énormes gaffes, même avec les programmes à la fine pointe de la technologie, si on ne fait pas attention.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer