Oeuvres d'art: vers un programme municipal du 1% à Saguenay

L'oeuvre de Richard Langevin intitulée Le bois, l'eau... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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L'oeuvre de Richard Langevin intitulée Le bois, l'eau et l'homme, située à l'entrée de La Pulperie de Chicoutimi, est dans un bien piteux état. Après trois années de démarches, elle sera toutefois restaurée grâce à l'implication de l'artiste lui même et à la participation financière de la Ville.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Saguenay pourrait bien adopter sa propre politique d'intégration de l'art à l'architecture, basée sur le modèle du 1 pour cent du ministère de la Culture et des Communications du Québec (MCCQ).

Le conseiller municipal Jonathan Tremblay explique que les membres de la Commission des arts et de la culture, dont il est président, veulent proposer l'adoption d'un tel programme à l'échelle municipale. Chaque chantier d'envergure qui ne bénéficie pas de subventions des paliers supérieurs serait assujetti à une politique semblable à celle du provincial. Évidemment, les petits projets seraient exclus, mais lors de la construction d'un immeuble d'une certaine envergure, Saguenay injecterait l'équivalent de 1 pour cent du montant global pour que soit intégrée une oeuvre au bâtiment.

Les récents efforts déployés pour la restauration du cénotaphe d'Armand Vaillancourt et de L'Arbre de Jacques Lacroix démontrent que Saguenay souhaite assurer la pérennité des oeuvres d'art publiques qui se trouvent sur son territoire. À ce sujet, Jonathan Tremblay signale que plusieurs petits chantiers pourraient être déployés prochainement afin d'éviter que certaines fresques ne se retrouvent dans un état de décrépitude.

«Il y a moyen de dégager des montants pour entretenir et mettre en valeur certaines oeuvres. Ça pourrait éviter que l'on doive dépenser des milliers de dollars pour un projet de restauration majeur qui nécessite que l'on fasse appel à l'artiste ou à des professionnels de certains domaines», fait valoir le conseiller.

La Commission des arts lance d'ailleurs un appel aux élus pour qu'ils recensent les oeuvres de leurs districts nécessitant une mise en beauté.

«Des fois, ce n'est pas une question de gros montants et ce n'est qu'une question de remettre une oeuvre au goût du jour. Dans certains cas, il y a des oeuvres qui passent inaperçues et qui pourraient bénéficier d'une plaque explicative ou d'une mise en valeur», dit Jonathan Tremblay.

L'artiste Richard Langevin... (Archives La Presse) - image 2.0

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L'artiste Richard Langevin

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Richard Langevin embarque

Le vent a tourné en faveur de La Pulperie avec l'arrivée de Richard Langevin au dossier. L'artiste a accepté de s'impliquer dans le projet de restauration, à la demande du Service des arts et de la culture de Saguenay. Il sera donc de passage à La Pulperie au cours des prochains jours pour poser son propre diagnostic. C'est lui qui déterminera ce qui sera requis en termes de travaux. L'implication de Richard Langevin réjouit Jacques Fortin et son équipe au plus haut point. Le DG a bon espoir que la réparation du monument sera réalisée d'ici au printemps.

«Quand les gens du ministère de la Culture ont su que l'artiste était impliqué dans le projet, il nous ont donné le feu vert. Ils vont nous laisser mener nos propres négociations et faire le travail. On ne sait pas encore comment ça va coûter en tout, mais on sait qu'on a au moins 30 000$ de la Ville et qu'on va enfin pouvoir redonner vie à l'oeuvre», signale le directeur.

L'oeuvre de Langevin, Le bois, l'eau et l'homme, sera restaurée

Le bois, l'eau et l'homme, une oeuvre située à l'entrée de La Pulperie de Chicoutimi, sera restaurée.

La sculpture de granit et de marbre réalisée par l'artiste jonquiérois Richard Langevin dans le cadre du programme québécois d'intégration des arts à l'architecture bénéficiera d'un investissement de 30 000$ de la part de Saguenay.

Le monument se veut un hommage aux bâtisseurs de la Fédération ouvrière de Chicoutimi, l'ancêtre de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), devenue la CSN. Il a été érigé à partir d'un des murs de ciment d'un ancien bâtiment attenant à la défunte Eastern Mining and Smelting Company. Bien qu'elle ne soit pas très âgée, l'oeuvre en trois strates, sur laquelle ont été gravés les noms d'anciens travailleurs de la Compagnie de pulpe de Chicoutimi, est sévèrement décrépite. La base de granit installée au sol, laquelle représente la rivière qui transportait autrefois les billots, est cassée à plusieurs endroits.

La direction de La Pulperie planche sur un projet de restauration depuis 2012. L'initiative a été compliquée par l'entrée en scène du Centre de conservation du Québec, que le musée a dû solliciter. Dans la foulée d'analyses réalisées par des spécialistes du CCQ, le coût global de restauration a gonflé à 160 000$. Selon le directeur général du musée régional, Jacques Fortin, un tel investissement était tout simplement impensable.

«Ils voulaient qu'on refasse les fondations au complet et qu'on utilise un type de granit bien précis. Pour nous, ça n'avait pas de bon sens», raconte le dg.

Les récents efforts déployés pour la restauration de... (Archives Le Progrès-Dimanche) - image 4.0

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Les récents efforts déployés pour la restauration de L'Arbre de Jacques Lacroix démontre que Saguenay souhaite assurer la pérennité des oeuvres d'art publiques qui se trouvent sur son territoire.

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L'oeuvre le Cénotaphe d'Armand Vaillancourt a aussi été... (Archives Le Progrès-Dimanche) - image 4.1

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L'oeuvre le Cénotaphe d'Armand Vaillancourt a aussi été restaurée.

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Soutien aux artistes

Saguenay offre un soutien financier pour la réalisation de deux études qui permettront de mieux soutenir les artistes.

Les mandats, octroyés par le comité exécutif, ont été confiés à la galerie Le Lobe et aux ateliers d'artistes ToutTout. Le premier organisme se penchera sur l'élaboration de partenariats culturels dans le cadre de futurs projets de résidence, tandis que l'autre fera la nomenclature des ressources disponibles en soutien à la production, autant en termes d'espaces que d'équipements.

«La demande provient du milieu. On veut avoir un portrait de situation précis pour qu'il y ait le plus de services possible à la disposition de nos artistes. On regarde aussi ce qui se fait ailleurs pour des projets de résidence. À la commission des arts, on essaie d'être le plus près possible du milieu artistique. Il y a des demandes et des besoins et on veut savoir de quelle façon on peut aider et quelles sommes pourraient éventuellement être investies», dit le conseiller municipal Jonathan Tremblay.

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