Roberval-Saguenay: 19,5 M$ pour la sécurité

Le « riding » est une pratique légale et courante... (Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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Le « riding » est une pratique légale et courante dans l'industrie ferroviaire, mais Rio Tinto a choisi de l'éliminer complètement en implantant une politique précise. Celle-ci émane de la région et sera appliquée dans toutes les installations de la multinationale où se trouvent des chemins de fer.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Rio Tinto (RT) investit 19,5 M $ pour améliorer la sécurité des employés du réseau Roberval-Saguenay et des travailleurs de toutes ses installations au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

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La directrice des opérations, installations portuaires et services ferroviaires chez Rio Tinto, Nathalie Lessard, signale que les employés ont travaillé très fort pour la mise en place de la politique du «no riding».

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En éliminant la pratique du « riding » (l'action de s'accrocher à un train lorsqu'il circule à reculons), la division ferroviaire de la multinationale a pavé la voie au déploiement de projets similaires pour l'ensemble des chemins de fer de Rio Tinto aux quatre coins du globe.

Le Progrès-Dimanche a appris que le siège social du géant minier, en Australie, a récemment donné son aval à un investissement majeur visant à accroître les mesures de sécurité sur les quelque 145 kilomètres de voie ferrée privée desservis par Roberval-Saguenay, lesquels relient les installations de RT, de La Baie au Lac-Saint-Jean. En plus de confirmer l'investissement, la direction a invité notre équipe à voir de visu les correctifs réalisés ou en cours de réalisation à l'Usine Arvida.

Jusqu'au printemps 2016, le « riding », une expression anglophone qu'il est difficile à traduire en français, était une pratique courante chez Rio Tinto. Cette façon de faire remonte à la construction de l'usine d'Arvida, dans les années 20. Il s'agit d'une pratique répandue et légale dans l'industrie ferroviaire. Avant mars dernier, les employés de Roberval-Saguenay pouvaient donc s'accrocher à l'arrière d'un train pour se rendre d'un point A à un point B. Ce type de déplacement permettait également d'avoir « des yeux » devant le convoi lorsqu'il reculait.

« Arvida et Port-Alfred ont 90 ans cette année. Le réseau Roberval-Saguenay a été construit selon les normes de l'époque. On a évalué qu'on avait environ 600 ''ridings'' par jour sur l'ensemble du réseau », met en contexte la directrice des opérations, installations portuaires et services ferroviaires chez Rio Tinto, Nathalie Lessard. Peu importe les conditions climatiques, des travailleurs s'agrippaient à l'échelle du dernier wagon et roulaient avec le convoi, malgré tous les risques inhérents à une telle pratique.

Terminé cette année

Un incident impliquant un travailleur est survenu dans l'une des installations de Rio Tinto à la fin de 2015. Cet événement, couplé à une série d'autres qui se sont produits au cours des dernières années, a poussé la compagnie à agir.

Une politique de « no riding » a été adoptée et un projet majeur visant la modification des infrastructures ferroviaires reliant les installations de l'entreprise en région a été mis en branle. En résumé, des voies de contournement ont été construites dans les cours de triage des neuf usines où les trains de Roberval-Saguenay cueillent ou livrent de la marchandise. L'ajout de voies ferrées fait en sorte que les trains n'auront plus besoin de rebrousser chemin à reculons. L'ensemble des modifications au réseau devrait être complété d'ici la fin de 2016, sauf pour un secteur, Port-Alfred, où des certificats d'autorisation doivent être obtenus auprès du ministère des Transports du Québec.

La politique du « no riding » est donc toujours en cours d'implantation, mais le tout deviendra permanent au cours des prochaines semaines. Nathalie Lessard prend soin de préciser que plus personne ne s'accroche à un train en mouvement depuis mars dernier. Si certains convois doivent continuer de rouler à reculons en attendant la fin des travaux, des employés les guident à bord d'un véhicule qui circule aux côtés du train.

« C'était un défi immense de cibler toutes les interventions à faire. Le but était d'aller un pas plus loin en matière de sécurité. En éliminant la personne du bout du train, tu ne fais pas seulement réduire le risque d'accident, tu l'élimines complètement », fait valoir la directrice.

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Le chef de services chez Roberval-Saguenay, Christian Godbout, et la directrice des opérations, installations portuaires et services ferroviaires chez Rio Tinto, Nathalie Lessard, ont offert une visite guidée à l'équipe du Progrès-Dimanche vendredi.

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«Il y avait une volonté d'éliminer les risques»

La direction de Rio Tinto assure que l'implantation des nouvelles mesures de sécurité n'a pas de lien avec la mort d'un travailleur à l'emploi de Roberval-Saguenay à Saint-Bruno en janvier 2012. Robin Turgeon a été happé mortellement par un train alors qu'il déneigeait la voie ferrée.

Nathalie Lessard confirme toutefois qu'il y avait « une vaste volonté » de la multinationale de dénicher des solutions permanentes pour éliminer les risques d'accident liés aux activités ferroviaires.

Des conférences téléphoniques impliquant des gens de partout en Amérique du Nord ont été organisées dès le printemps dernier et une quarantaine d'employés de RT en région se sont investis activement dans l'implantation des mécanismes liés à la politique du « no riding ». Roberval-Saguenay se félicite d'avoir servi de locomotive dans ce dossier, sans jeu de mots. En sept mois, et dans la foulée d'un investissement de près de 20 millions $, la boucle est presque bouclée. Environ six kilomètres de voie ferrée s'ajoutent au réseau existant, si l'on inclut l'ensemble des neuf gares de triage de Rio Tinto. Cela semble peu, mais le projet va au-delà de l'installation de rails supplémentaires et toute une logistique a dû être prise en compte. Considérant l'âge vénérable et la configuration de certaines usines, une réflexion s'est avérée nécessaire pour contourner des infrastructures ou bâtiments, particulièrement à Arvida et à Port-Alfred, des chantiers complexes.

Piétons

Les nouveaux mécanismes implantés par Rio Tinto ne couvrent pas seulement les déplacements en train. La circulation piétonnière est aussi visée et des passerelles sont aménagées pour permettre aux employés de se déplacer de façon sécuritaire dans les gares de triage en surmontant les voies ferrées.

« C'était un gros défi, mais il y avait une volonté d'aller de l'avant rapidement. On voulait que ça se réalise. Ça nous positionne à un niveau de standards ferroviaires très élevé. L'investissement permet de grimper plusieurs marches d'un seul coup et de rehausser le degré de sécurité du réseau », croit Nathalie Lessard. La directrice des opérations, installations portuaires et services ferroviaires, et son collègue chef de service, Christian Godbout, sont fiers du travail accompli pour la mise en oeuvre de la politique. Ils estiment que les efforts en vaudront la chandelle et que les résultats obtenus au terme de l'exercice modifieront de façon considérable le cours de l'histoire de chemin de fer Roberval-Saguenay.

Des retombées régionales de 11 millions $

La compagnie évalue à 11 millions $ les retombées économiques régionales liées à l'instauration de la politique du « No Riding ». Diverses entreprises ont obtenu des contrats en sous-traitance.

La concrétisation du projet ne s'est pas déroulée sans heurts et la directrice des installations portuaires et services ferroviaires chez Rio Tinto, Nathalie Lessard, convient que les travaux ont eu un impact sur les opérations.

« Au niveau de la fluidité, ça a fait mal. Il y a eu des délais et certains déplacements ont pris plus de temps qu'à l'habitude », confie-t-elle. Le prix à payer était petit, estime cependant la directrice, dans le contexte où la nouvelle politique permettra à Roberval- Saguenay de prendre le virage de la modernité, favorisant la concrétisation de projets d'expansion que pourrait caresser le géant de l'aluminium. Une centaine d'employés sont regroupés sous l'égide de Roberval-Saguenay. Selon le représentant en prévention, Serge Tremblay, tous ont accueilli avec enthousiasme la décision de l'employeur d'investir de façon massive pour rehausser les mesures de sécurité et tenter d'éliminer les risques d'accident.

Les neuf gares de triage touchées

  • Alma
  • Saint-Bruno
  • Arvida et AP60
  • Cour du Roberval-Saguenay (Arvida, interchange CN)
  • Usine de fluorure
  • Usine de produits chimiques hydrates
  • Port-Alfred
  • Grande-Baie
  • Laterrière

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