Des conditions de travail «inhumaines» dénoncées

Hôpital de Roberval... (Archives Le Quotidien)

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Hôpital de Roberval

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Une infirmière auxiliaire de l'hôpital de Roberval quitte son travail avec fracas, affirmant que les employés doivent en faire plus avec moins et que les conditions de travail sont «inhumaines».

«J'ai toujours aimé ce travail et je l'aimerai toujours, mais les conditions sont maintenant inhumaines. C'est seulement le salaire qui tient les employés. Les horaires sont impossibles pour la conciliation travail-famille et le ratio de patients augmente. Nous étions déjà limités, mais depuis les coupes c'est pire. Nous n'avons plus le temps de voir les patients», affirme celle qui a oeuvré huit ans comme infirmière auxiliaire, dont six à Roberval.

Lydia Lachance a écrit un message sur Facebook le 6 novembre pour annoncer à ses collègues qu'elle quittait. Il a été partagé plus de 170 fois. «J'ai dit ce que tout le monde pense. Je suis vidée. Ils le sont tous. Les six derniers jours de congé que j'ai demandés m'ont été refusés. C'était parce que mon petit était malade. Mais je n'avais pas le droit de prendre congé! Et ça, c'est sans compter les temps supplémentaires obligatoires, qui font que nous sommes souvent 16 heures au travail. Ce n'est pas une vie. Et les familles (des patients) nous en demandent beaucoup parce qu'elles ne savent pas, et qu'on n'a pas le droit de leur dire, que ça fait 16 heures qu'on travaille et qu'on aimerait mieux être à la maison», a-t-elle expliqué en entrevue téléphonique, mardi.

Lydia Lachance ne se retrouve pas sans emploi, puisqu'elle est copropriétaire de la clinique Uni-med inc. qui traite l'apnée du sommeil. «Tout le monde qui m'écrit me dit ''je t'envie tellement''. Ce n'est pas normal. Je gagnerai moins de sous, mais j'aurai plus de liberté.»

Appuis

Les commentaires d'appui émanant en outre du milieu hospitalier ont été nombreux sur le Facebook de Lydia Lachance, certains allant jusqu'à affirmer que le patient est maintenant de trop à l'hôpital.

«Je ne te connais pas, mais je connais tellement ta situation.... Eh bien voilà pourquoi moi aussi j'ai quitté le CIUSSS en juin dernier, a raconté Cindy Bouchard. Malheureusement, on va se le dire, le PATIENT est de trop... on n'a pas le temps de s'en occuper... et quand on se plaint et qu'on va voir les supérieurs, ils nous répondent ''ben c'est comme ça si t'es pas contente, tu dois faire un choix! '' (...) Vive le privé maintenant, je vous dis que côté conditions de travail je suis choyée!»

Certains lui ont mentionné rester uniquement pour la «liberté financière». Des employés ayant également quitté ont souligné qu'il s'agissait du meilleur choix qu'ils avaient fait.

«J'ai pris la même décision il y a presque deux ans et Dieu seul sait que j'aimais mon travail et mes patients, mais aujourd'hui, je peux dire que je ne regrette aucunement ma décision! (...) Nos valeurs profondes valent plus qu'un numéro inscrit sur un patient ou sur notre front», a expliqué Karine Drouin.

De nombreux commentaires font référence à la vraie mission du CIUSSS et au découragement des employés.

Du côté de la direction du CIUSSS, le responsable des communications, Jean-François Saint-Gelais, nous a mentionné mardi en soirée qu'il ne discuterait pas de la situation spécifique d'un employé. «La seule information dont on dispose c'est ce texte sur FB. Nous ne discuterons pas de la situation spécifique et du choix personnel fait par une de nos employées sur la place publique. Cela impliquerait entre autres de rendre publique une partie de son dossier d'employé. Et ce serait éthiquement irresponsable de la part d'une organisation publique comme la nôtre», a-t-il écrit, par courriel.

Pas de mouvement pour le moment

La présidente du Syndicat des professionnelles en soins du Saguenay-Lac-Saint-Jean (FIQ), Martine Côté, assure qu'il n'y a pas de vague de démissions chez les infirmières et infirmières auxiliaires au CIUSSS. «Les démissions sont assez rares. Quand il y en a, c'est souvent des gens qui déménagent. Personne ne m'appelle pour me dire ''je quitte, je ne suis plus capable''. C'est certain qu'il y a une surcharge de travail et peut-être que ma réponse sera différente dans six mois, mais pour l'instant, il n'y a pas de mouvement de démissions.

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