Le camion d'Yves Martin se trouvait dans la voie inverse

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Le reconstitutionniste Pierre Girard a passé la journée à expliquer la scène d'accident et ce qui a pu se produire selon son analyse. Sa conclusion est que la collision est due à un facteur humain.

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Le reconstitutionniste en scène d'accident, Pierre Girard, affirme que le camion d'Yves Martin se trouvait dans la voie inverse du rang Saint-Paul, à Laterrière, au moment où il a heurté le véhicule des victimes du côté passager.

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Cette photo de la scène d'accident montre en partie où la Honda Civic des victimes se trouvait au moment de la collision.

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Me Michaël Bourget, procureur de la Couronne, devrait compléter son interrogatoire avec Pierre Girard au cours de la journée de mercredi.

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L'impact a été si important que le véhicule de l'accusé est monté sur la Honda Civic des victimes, écrasant par le fait même la passagère.

Le policier de la Sécurité publique de Saguenay est le troisième témoin au procès de l'homme de 36 ans accusé de conduite dangereuse, de conduite avec les capacités affaiblies et de conduite avec un taux supérieur à 80 milligrammes d'alcool par 100 millilitres de sang causant la mort de Mathieu Perron, Vanessa Tremblay-Viger et leur fils Patrick Perron, le soir du 1er août 2015. 

Pierre Girard a expliqué, durant toute la journée, au jury et au juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, que l'état de la carrosserie, l'endroit des dommages et le point d'impact permettent d'expliquer ce qui s'est passé.

«Ça ne ment pas. Il est évident qu'il y a un point d'impact. C'est physique. En raison de la vitesse et du mouvement au moment de l'impact, les véhicules ont absorbé le coup. Et ils ont pointé au sol à l'endroit où la collision est survenue», note M. Girard.

«Ce point d'impact se situe à 19 pouces de la ligne jaune continue au centre de la voie. Ma première constatation est que l'un des véhicules n'est pas dans la bonne voie. À l'endroit où les véhicules se sont frappés, on remarque les épanchements d'huile, de lave-glace et d'antigel», a ajouté le reconstitutionniste.

Pierre Girard estime que le camion d'Yves Martin se trouvait dans la voie inverse et a frappé la voiture des victimes du côté passager. L'enfoncement de la tôle lui a donné les indications en ce sens.

Il a confirmé cette évaluation après avoir replacé le camion et la voiture à l'endroit de l'impact. Il les a remis dans la position en tenant compte des dommages constatés sur les deux véhicules. 

L'ordinateur du Dodge Ram a indiqué que le camion roulait à 120 kilomètres à l'heure (zone de 80) au moment de la collision et qu'il circulait à 127 km/h cinq secondes avant la collision. Yves Martin a freiné 1,7 seconde avant l'impact et le freinage n'a duré que 0,2 seconde. 

«Pas un endroit pour faire des courses, car le rang est sinueux et il y a des vallons, des montées et des descentes», a-t-il dit.

Le reconstitutionniste a aussi utilisé une maquette avec des voitures miniatures pour démontrer ce qui a pu se passer lors de l'accident.

Lors de l'expertise, il a été noté que le véhicule de l'accusé a terminé sa course à environ 200 pieds (63,33 mètres) du point d'impact, alors que celui des victimes s'est arrêté 14 mètres (45 pieds) plus loin. Les débris ont été éparpillés sur un rayon de 50 mètres de l'impact. Yves Martin n'était pas attaché. 

Il a été démontré que le camion Dodge Ram et la Honda Civic étaient dans un très bon état mécanique.

Des pages manquantes

Une pause d'une trentaine de minutes s'est imposée en avant-midi, puisque douze pages manquaient dans les copies du rapport d'expertise du reconstitutionniste Pierre Girard. Chaque juré avait une copie du document pour suivre, page par page, le témoignage de l'expert en collision. Yves Martin avait aussi sa copie. Une table avait été mise à sa disposition afin qu'il puisse facilement consulter le document et prendre des notes. Les mains et les pieds liés, devant la boîte des accusés et entouré de deux agents, l'accusé est demeuré discret. Il s'est levé à une reprise, lorsque Pierre Girard a recréé la scène à l'aide de voitures miniatures.

Une assistance plus marquée en avant-midi

Pour une deuxième journée consécutive, la salle 3,09 du Palais de justice de Chicoutimi était bondée en avant-midi. Un peu plus d'une quarantaine de personnes ont assisté au début du témoignage de Pierre Girard. Toutefois, plusieurs places étaient vacantes en après-midi. Les familles des victimes et de l'accusé étaient évidemment présentes. Quant à l'ambiance, l'émotivité liée au témoignage de Sabrina Viger, réalisé lundi, n'a évidemment pas été égalée par le témoignage plus factuel et plus technique du reconstitutionniste.

Une première question du jury

Pour la première fois dans ce procès, les membres du jury ont adressé une question au juge. En fait, il s'agissait plutôt d'une remarque. Attentif, le jury avait noté une erreur dans l'identification d'une photo. Au-dessus de l'illustration, une inscription mentionnait que la photo concernait un pneu avant, alors qu'il s'agissait d'un pneu arrière. L'expert Pierre Girard a admis l'erreur et a rectifié les faits. Le jury peut adresser des questions au juge, par le biais d'une enveloppe scellée et transmise par un agent autorisé.

Avec Julien Renaud

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