«Je n'ai jamais vu une scène comme ça»

Jean-François Lévesque dit n'avoir jamais vu une scène... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Jean-François Lévesque dit n'avoir jamais vu une scène comme celle de l'accident du rang Saint-Paul.

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«À notre arrivée, j'ai vu un enfant au sol. Il avait été sorti de la voiture par des témoins. Il était inconscient, mais il respirait encore. Il bougeait légèrement les membres. Comme il y avait deux personnes avec lui, je suis allé voir les deux occupants de la voiture. Ils étaient encastrés dans le véhicule. La dame n'avait plus de pouls et l'homme non plus. Sur place, les gens étaient affolés et ça criait. En sept ans de carrière, je n'ai jamais vu une scène comme ça.»

Le policier de la Sécurité publique de Saguenay (SPS), Jean-François Lévesque, est venu raconter ce qu'il a vécu lors de l'arrestation d'Yves Martin. Avec Carl Simard, ils ont été les premiers intervenants policiers sur les lieux.

«Deux personnes m'ont dit que le conducteur du camion voulait quitter les lieux, car il était dans la merde. Ces gens avaient remarqué une odeur d'alcool émanant de son haleine. C'est mon collègue qui s'est occupé de lui», a ajouté le policier Lévesque.

«Lorsque je suis allé retrouver mon collègue à l'ambulance, j'ai remarqué l'odeur d'alcool, les yeux vitreux et le regard vide de l'accusé. Tout ça et les commentaires des témoins ont permis d'avoir des motifs raisonnables», de noter le patrouilleur.

Contre-interrogatoire

En contre-interrogatoire, Me Fradette a tenté de savoir pourquoi les informations données pour accuser Yves Martin n'avaient pas été inscrites dans ses notes personnelles ni dans le rapport policier.

«Il est vrai que certains éléments ne sont pas dans les notes ou le rapport, mais je m'en souviens très bien. Quant au fait que le rapport est daté du 1er août, c'est une erreur, car je ne pouvais l'écrire au moment où j'étais à l'hôpital», a ajouté le policier.

Me Fradette a cherché à savoir si le policier croyait que son client était responsable de l'accident, si pour lui, tout était clair dès le début, étant donné qu'il a écrit que le camion était dans la mauvaise voie et que la voiture des victimes a tenté de l'éviter.

«Je n'avais pas d'idée préconçue sur la responsabilité de l'accusé. Si j'ai parlé de l'accident, c'est peut-être par les commentaires entendus de mes collègues ou des autres rapports que j'ai pu lire», a répondu le policier Lévesque.

Des témoins avec des qualités et des défauts

Le procureur de la Couronne, Me Michaël Bourget, n'a pas l'intention d'expliquer le droit aux jurés, mais il a tout de même tenu à leur dire que même si le fardeau de la preuve lui appartient, cela n'a rien d'exceptionnel.

Comme cela lui est autorisé par le Code criminel canadien, le représentant du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) s'est adressé au jury du procès d'Yves Martin.

«Oui le fardeau de la preuve appartient au ministère public, comme c'est le cas pour tous les dossiers criminels au Québec et au Canada. Il n'y a rien d'exceptionnel et chaque jour de nombreuses personnes sont reconnues coupables au pays», a-t-il expliqué aux jurés.

D'entrée de jeu, Me Bourget a tenu à rappeler qu'il y a eu trois décès dans cette tragique collision de la route.

«Sur les actes d'accusation, vous allez voir que ce sont les initiales des victimes qui y sont inscrites. Mais ces victimes sont Mathieu Perron, Vanessa Viger-Tremblay et leur garçon Patrick», a ajouté le procureur de la Couronne.

Ce dernier a aussi précisé que les témoins civils et policiers qui viendront à la barre raconteront leur histoire avec leurs qualités et leurs défauts.

«Ce ne sont pas des comédiens qui ont été embauchés pour témoigner. Ces gens ont un lien avec l'événement. Ils seront là en ressentant une certaine nervosité.»

«Probablement comme vous, je me suis levé ce matin en me demandant dans quoi je m'embarquais. Ça peut être la même chose pour les témoins, qui pour plusieurs n'ont probablement jamais mis les pieds dans un palais de justice», a poursuivi Me Bourget.

Le procureur de la Couronne fera entendre une foule de témoins durant le procès. Il a avisé les jurés qu'ils pourraient se demander à quoi a servi un témoignage.

«C'est comme un casse-tête où il y a des morceaux du ciel. À certains moments, un témoignage pourrait avoir l'air de ne rien apporter, mais au fur et à mesure, vous allez pouvoir mettre un morceau de ciel de plus à la bonne place. Ils sont tous nécessaires pour former la preuve et vous amener vers un verdict de culpabilité. À la fin on a un ciel complet», a conclu Me Bourget.

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