Au téléphone avec sa soeur lors de l'impact

Sabrina Viger, la soeur de Vanessa, a livré... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Sabrina Viger, la soeur de Vanessa, a livré un témoignage poignant et émouvant de sa conversation téléphonique dans les secondes qui ont précédé la collision fatale.

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En sanglots et pleine de tristesse, Sabrina Viger, la soeur de Vanessa et belle-soeur de Mathieu Perron, est venue raconter ce qu'elle a entendu dans les secondes qui ont précédé la collision mortelle du rang Saint-Paul, à Laterrière, le 1er août 2015.

Le procès du conducteur Yves Martin, accusé de conduite dangereuse, de conduite avec les capacités affaiblies et de conduite avec un taux d'alcool supérieur à la limite autorisée, causant la mort, a pris son envol, lundi matin, à la salle 3,09 du Palais de justice de Chicoutimi.

Le juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, préside le procès devant un jury formé de huit hommes et quatre femmes.

Me Michaël Bourget, procureur de la Couronne, a fait entendre un premier témoin qui a laissé l'auditoire pensif tellement elle est toujours bouleversée par l'événement tragique qui lui a enlevé sa soeur, son beau-frère et son neveu.

Sabrina Viger est venue mettre la table au procès le plus important et le plus suivi des cinq dernières années au Saguenay-Lac-Saint-Jean. 

«J'ai appelé Vanessa sur son cellulaire. Je voulais savoir si le iPod de Mathieu était toujours à vendre étant donné que le cellulaire de mon conjoint était brisé. Vanessa m'a dit non. Je lui ai dit qu'ils avaient l'air de super bonne humeur dans la voiture et elle me l'a confirmé. Je lui ai demandé si elle était en montant (vers Saint-Honoré) et m'a dit oui. Et là, la ligne a coupé. J'ai pensé que le téléphone avait lâché. Il était 20 h 40», a mentionné Sabrina Viger, en sanglots.

La jeune femme de 29 ans a eu de la difficulté à terminer son témoignage, mais a refusé de prendre une pause.

«Non je veux terminer mon témoignage», a-t-elle ajouté.

Sabrina Viger a tenté de rappeler sa soeur, mais n'a pas été en mesure de le faire. Ce n'est qu'environ une heure plus tard qu'elle a appris la mauvaise nouvelle.

Elle s'est demandé si elle n'avait pas une responsabilité en ayant appelé sa soeur, mais elle a eu la confirmation que Vanessa n'était pas au volant au moment de l'impact.

En contre-interrogatoire, la jeune femme a indiqué à Me Jean-Marc Fradette, procureur de la défense, que jamais elle n'a entendu qui que ce soit parler d'un danger imminent avant que le signal cellulaire ne s'éteigne.

Sabrina Viger est sortie de la salle d'audience complètement effondrée et en pleurs. Elle a dû être soutenue physiquement par des proches pour franchir les portes du tribunal.

Le juge adresse ses directives

Le juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, a accueilli les 12 membres du jury, lundi matin, et leur a adressé ses directives en vue du sain déroulement du procès d'Yves Martin. Le premier magistrat a insisté sur le fait que seules les preuves présentées en salle d'audience devaient influencer leurs verdicts.

Les candidats jurés ont fait leur entrée en salle d'audience, 14 jours après leur sélection. Après les avoir remerciés pour leur patience et leur présence, le juge François Huot a libéré les deux candidats suppléants. «Vous êtes les 12 juges de faits pour cette affaire et je serai le juge du droit», a-t-il lancé d'entrée de jeu.

Il a ensuite donné ses consignes liées au déroulement du procès. «Vous ne devez considérer que les preuves présentées en cette salle d'audience. Vous devrez éviter les reportages et les discussions tenues hors de cette salle et de la salle du jury. Vous ne pouvez discuter de la cause que lorsque vous êtes tous réunis», a insisté le juge de la Cour supérieure du Québec.

Le premier magistrat a ensuite expliqué aux jurés le déroulement d'un procès devant jury. Il a pesé ses mots lorsqu'il a été question de l'importance d'une culpabilité hors de tout doute raisonnable. «Si vous pensez qu'Yves Martin est vraisemblablement coupable, ça ne suffit pas. Vous devrez alors l'acquitter», a-t-il fait valoir.

Le juge a terminé en donnant quelques conseils au jury pour leur appréciation de la crédibilité des témoins et des témoignages. Le témoin a-t-il des raisons de favoriser une partie? A-t-il une bonne mémoire des faits? Son témoignage est-il cohérent? Les contradictions sont-elles importantes ou mineures? Voilà le genre de préoccupations que le juge a suggéré aux jurés.

François Huot a aussi averti les jurés que le comportement et que le non verbal d'un témoin peuvent parfois être trompeurs. D'ailleurs, la barre des témoins a été déplacée pour que les témoins fassent face au jury.

Avec Julien Renaud

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