La lourdeur administrative excède le maire de Larouche

Le maire de Larouche, Réjean Bédard, estime que... (Photo Le Quotidien, Katerine Belley-Murray)

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Le maire de Larouche, Réjean Bédard, estime que certains travaux pourraient être faits beaucoup plus rapidement si les différents ministères agissaient avec plus de célérité.

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«Le gouvernement annonce des subventions, mais dans les faits il y a tellement d'embûches que parfois nous n'avons même pas le temps de la dépenser, la subvention.» Le maire de Larouche, Réjean Bédard, est excédé par la lourdeur administrative à laquelle font face les élus municipaux.

«Le gouvernement nous a promis d'alléger la reddition de comptes, avec le nouveau projet de loi sur la gouvernance. Présentement, on dit que le palier municipal est un palier de gouvernement, mais on se sent comme des enfants sous tutelle.»

Le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, avait promis le dépôt d'un projet de loi sur la gouvernance des petites municipalités «avant la première neige». «Il a fort possiblement été surpris par la présence au sol de neige en octobre», mais il est à prévoir que le projet de loi soit déposé d'ici quelques semaines, estime le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Richard Lehoux.

Subvention

Pour illustrer la situation à laquelle les municipalités sont confrontées, le maire de Larouche explique qu'une subvention pour un projet de quelque 550 000$ a été octroyée à sa municipalité pour la réfection de la route des Fondateurs. Cette route avait été élue «pire route de la région» lors d'un sondage mené par CAA-Québec au cours des derniers mois.

«Il y a cinq ans, il y a eu un projet au ministère des Transports de payer les services d'un ingénieur pour faire la planification des travaux des MRC. L'ingénieur regardait l'importance des routes et leur état. L'évaluation des routes a finalement été faite il y a trois ans. Les plans ont été soumis aux maires des MRC et la route des Fondateurs était une priorité. L'an passé, le ministère a accepté la planification et notre projet de 550 000$, pour lequel les coûts étaient subventionnés à 75%. Ça incluait le changement de ponceaux, la décohésion et le resurfaçage. Depuis, c'est embûche par-dessus embûche.»

Embauche d'ingénieurs

La municipalité devait d'abord engager une firme d'ingénieurs pour réaliser les plans et devis.

«Le ministère refusait que l'on utilise de l'argent de la subvention pour engager la firme. Ç'a pris deux mois pour avoir le OK. Ensuite, le ministère de la Faune nous a demandé une étude de la flore pour connaître l'importance du milieu humide là où il y a un ponceau. Pour remplacer un ponceau d'un mètre, il fallait en mettre un nouveau de 3,5 mètres de diamètre! Pour ça, on devait remonter la route de deux mètres. Ça nous coûtait environ 1 M$ juste pour ce ponceau, pour lequel on reçoit une subvention de 51 000$. Après deux mois de négociations, le ministère a accepté un ponceau d'un mètre. Sauf que les délais s'accumulent. Et si on n'a pas présenté l'ensemble du projet, avec la plus basse soumission, pour le 15 février, on va la perdre.»

Entre 2012 et 2016, l'état de la route des Fondateurs a continué à se détériorer. La municipalité a donc décidé de procéder à la réfection d'un tronçon de 400 mètres de la route, en 2013, sans subvention. Or, c'est en partie pour ce tronçon que le ministère a accepté de donner une subvention.

«On ne savait pas à ce moment quelle route serait priorisée pour les subventions. Et nos citoyens demandaient que l'on répare la route. Sauf que depuis 2013, d'autres tronçons se sont dégradés. On veut donc faire réparer d'autres bouts, mais le Ministère refuse. C'est un fonctionnaire de Québec qui nous répond là-dessus, et il veut juste parler aux ingénieurs au dossier, et non pas au maire ou au dg. Il nous dit qu'il s'en tient à la planification.»

Des coûts énormes

Réjean Bédard espère maintenant parvenir à réaliser le projet. Pour une municipalité dont le budget annuel avoisine 2,2 M$, un projet de 550 000$ est énorme. Il n'est pas le seul en semblable situation, assure le président de la FQM, Richard Lehoux.

«Les problématiques sont souvent les mêmes, peu importe la municipalité. Avec toutes les autorisations que ça prend pour mettre un projet en branle, c'est très difficile de le faire. On peut comprendre certains maires d'en avoir ras le bol.»

Avec les différents scandales qui ont affecté le monde municipal ces dernières années, Richard Lehoux est néanmoins conscient que la reddition de comptes est importante. «On veut simplement plus de souplesse. Les fonctionnaires à Québec sont loin de la réalité du rang au Lac. La manière dont ça fonctionne n'est pas nouvelle, mais au lieu de s'améliorer elle empire. Certains ministères agissent avec les élus comme s'ils n'avaient pas de jugement.»

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