Marc-Urbain Proulx invite la région à changer d'approche devant RT

Selon l'économiste Marc-Urbain Proulx, une meilleure cohésion de... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Selon l'économiste Marc-Urbain Proulx, une meilleure cohésion de la communauté régionale permettrait d'établir un meilleur équilibre face à Rio Tinto.

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Le Saguenay-Lac-Saint-Jean doit formuler une demande sociale cohérente et cesser de se contenter de voir les représentants de Rio Tinto jouer aux pères Noël en distribuant de petites subventions ou en finançant quelques événements mondains qui n'ont aucune commune mesure avec les véritables besoins économiques et industriels de la région.

Devant le Cercle de presse mercredi matin, le professeur d'économie Marc-Urbain Proulx a fait le bilan du dernier Forum Pacte social aluminium qui présente un peu plus d'une trentaine de recommandations. Globalement, Marc-Urbain Proulx conclut que le sommet a été un véritable succès avec 250 participants, et ce, malgré le fait que le Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida, la Chambre de commerce et d'industrie Saguenay-Le Fjord et les sous-traitants aient brillé par leur absence.

« Les dirigeants de Rio Tinto s'attendent à ce qu'il y ait une demande sociale. Faute de demande sociale, l'entreprise fait ce qu'elle veut », tranche le professeur, qui en était à un deuxième forum de ce genre dans le cadre de ses travaux au Centre de recherche sur le développement territorial. Marc-Urbain Proulx a été à même de constater qu'entre l'annonce de la tenue du forum, qui a soulevé de la méfiance, et son déroulement, il y a eu une certaine évolution positive qui permet aujourd'hui d'identifier les problèmes et des pistes de solution.

« On arrive à la conclusion que malgré la présence de l'industrie de l'aluminium dans la région depuis 90 ans, nous n'avons aucune comptabilité globale de ce que représente cette industrie. On a une vague impression, mais il n'y a pas de vue d'ensemble », insiste Marc-Urbain Proulx. Pendant ce temps, il y a une érosion galopante des emplois dans les usines de la multinationale qui a procédé à la modernisation des technologies de production. Marc-Urbain Proulx met en garde contre l'attentisme face au projet AP60.

« On attend un grand projet comme la suite d'AP60. Il y aura un investissement important et par la suite, encore des pertes d'emplois causées par la technologie », reprend l'économiste. Marc-Urbain Proulx n'a pas de solution miracle, mais aimerait bien voir la région créer un véritable front commun pour exiger de l'entreprise des retombées plus significatives tenant compte des avantages qu'elle tire de l'exploitation des ressources naturelles.

Mobilisation historique

L'économiste a attiré l'attention des membres du Cercle de presse sur la mobilisation pratiquement historique des communautés du Lac-Saint-Jean dans le cadre du processus d'évaluation environnementale pour le renouvellement du décret sur le Programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean.

Selon le professeur, avec cette mobilisation, les communautés et riverains ont réussi à modifier l'agenda de cette démarche. La demande du milieu au gouvernement du Québec d'analyser les privilèges de 1926 dans une perspective de 2016 a été suffisante pour amener l'entreprise à évaluer une gestion participative du plan d'eau.

Marc-Urbain Proulx ne croit pas que dans le contexte actuel, un seul syndicat soit en mesure d'infléchir une entreprise comme Rio Tinto. Malgré le boycottage du forum par les dirigeants du SNEAA, l'économiste plaide en faveur d'une coalition régionale qui permettrait de soutenir les démarches syndicales dans un intérêt collectif et non seulement en fonction d'intérêts spécifiques.

À partir d'aujourd'hui, Marc-Urbain Proulx considère que les conclusions et recommandations qui découlent du forum appartiennent à la communauté régionale. Il n'a pas l'intention d'imposer de structures, mais plaide en faveur de la création d'un nouvel organisme qui pourrait faire en sorte de fédérer les différentes forces du milieu pour défendre l'intérêt supérieur de la région dans différents dossiers de nature économique.

Rectorat de l'UQAC: la prudence s'impose

Le directeur du Centre de recherche sur le développement local de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Marc-Urbain Proulx, n'a aucun intérêt pour le rectorat de l'établissement d'enseignement. Il commente avec prudence la fronde menée en ce moment par les syndicats qui veulent le retrait de la candidature de Martin Gauthier, qui tente d'obtenir un renouvellement de mandat.

«Le recteur a effectué un mandat et a le droit de demander un renouvellement. Le processus est en cours et, dans mon cas, à 61 ans, je suis très heureux de mon travail de recherche et de professeur», a déclaré Marc-Urbain Proulx, qui aurait préféré que le sujet ne soit pas abordé devant le Cercle de presse où il était l'invité, mercredi matin.

Il y a cinq ans, Marc-Urbain Proulx avait été écarté du processus de sélection pour le poste de recteur à l'UQAC malgré une formation générale de loin supérieure à plusieurs candidats rencontrés en entrevue. Malgré ce revers de fortune, le professeur juge que l'actuel recteur n'a pas fait que de mauvaises choses à l'université et qu'il faut aussi préserver l'institution.

«Le recteur n'est pas le seul à administrer l'université. Il n'a pas fait que de mauvaises choses», a répété l'économiste chaque fois que la question a été abordée par les journalistes.

Référendum

Quant au résultat du référendum mené par les syndicats (ne pas confondre avec la consultation de l'Université du Québec), Marc-Urbain Proulx avance une explication. Il croit que Martin Gauthier doit composer avec des perceptions et qu'il n'est pas facile de cerner avec précision les raisons qui ont motivé le corps enseignant à rejeter majoritairement le recteur. Il souligne qu'il faut être prudent dans ce genre de démarche, mais constate que ce mécontentement est tout de même partagé.

Marc-Urbain Proulx n'a pas eu à croiser le fer avec le recteur pendant les cinq dernières années. Il a simplement senti que le patron de l'UQAC était craintif devant l'idée de tenir un sommet qui remettait en question tout le rôle de Rio Tinto sur une portion très importante de l'économie régionale. «Il avait des craintes, mais aujourd'hui, il cite en exemple le sommet dans ses communications sur les réalisations à l'université», a reconnu le professeur.

Malgré les nombreuses tentatives des journalistes, Marc-Urbain Proulx n'a pas donné sa position personnelle quant à la décision que devrait prendre le conseil des ministres du gouvernement du Québec. Il a sa petite idée sur les critères qui vont motiver la décision à venir qui reposera selon sa vision des choses sur l'importance d'assurer une paix sociale dans les murs de l'université.

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