Une nouvelle tuile pour le recteur

Les méthodes utilisées par le vice-recteur aux ressources,... (Archives Le Quotidien)

Agrandir

Les méthodes utilisées par le vice-recteur aux ressources, Dominique Bouchard, qui sont calquées sur l'industrie manufacturière, sont loin de faire l'unanimité.

Archives Le Quotidien

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La crise de confiance entre les employés de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et le rectorat a connu un autre rebondissement, au cours des derniers jours. Trois syndicats ont mis un terme à leur participation au Comité de pérennité financière de l'établissement sous prétexte que cette structure ne sert qu'à permettre au recteur Martin Gauthier d'avancer qu'il consulte la communauté dans les grands enjeux.

Cette fois, le mouvement d'opposition au recteur a été initié par le Syndicat des chargés de cours (FNEEQ-CSN), le syndicat des employés de soutien (SCFP-1574) et le Syndicat des professionnels et professionnelles (SPPUQAC). Les trois syndicats ont fait une présentation conjointe aux membres du Comité et à son président, le vice-recteur aux ressources Dominique Bouchard, pour justifier leur décision de claquer la porte qui est basée sur trois raisons fondamentales.

Cette nouvelle affaire fait ressortir un élément non négligeable dans la fronde menée par la communauté universitaire contre le recteur Martin Gauthier. Elle met en cause le vice-recteur aux ressources, Dominique Bouchard, dont les méthodes calquées sur l'industrie manufacturière, notamment Rio Tinto, sont loin de faire l'unanimité. Le vice-recteur aux ressources est ainsi identifié comme l'un des plus fidèles partisans du recteur qui l'a embauché.

«La première [raison] tient à l'objectif même du comité: pérenniser les activités principales de l'UQAC en coupant dans les dépenses et en trouvant de nouvelles sources de revenus. On peut n'être pas d'accord avec l'angle sous lequel est présenté le sujet, mais être cependant d'accord pour en débattre. Quoi qu'il en soit, c'est un objectif extrêmement ambitieux qui demande que les membres de ce comité aient accès à des informations de nature budgétaire autrement plus élaborées et précises que le rapide survol qui nous a été proposé. Cela nous semble un préalable obligé, compte tenu du fait que la plupart des membres de ce comité, hormis le vice-recteur aux ressources, n'ont pas de véritables connaissances des arcanes d'un budget universitaire», écrivent les syndicats.

La seconde raison soulevée par les syndicats pour justifier leur départ du comité confirme le désaccord fondamental «entre le vice-rectorat aux ressources et la façon dont devrait être administrée une université».

«La deuxième tient à la démarche générale proposée par le vice-recteur aux ressources. N'appréhender les activités universitaires que sous l'angle des revenus et des dépenses est pour le moins démontrer une vision très stricte et limitative de ce qu'est une université. Une université ne vend pas un produit tangible dont il suffirait d'analyser le processus de production pour déterminer s'il y a des dépenses qu'il serait possible de réduire», écrivent les dirigeants syndicaux.

«Une université, reprennent-ils, produit de la connaissance et la transfère. C'est un processus complexe qui évolue sur une base temporelle que l'on ne peut caser dans une seule année budgétaire. Il est fort possible et même certain que des dépenses faites aujourd'hui, si elles sont judicieuses et réfléchies, deviennent à terme des sources de revenus importantes. Pourquoi des dépenses n'auraient-elles pas vertu de pérenniser autant sinon plus que des coupes?»

La dernière raison évoquée par les trois syndicats pour justifier leur départ du comité aborde le pouvoir unilatéral que s'est donné le recteur de disposer à sa façon des recommandations qui pourraient émaner des travaux. Les syndicats comprennent qu'aucune recommandation du comité ne pourra affecter aucune activité sous la responsabilité du rectorat. Comme le recteur est responsable de toutes les activités qui se déroulent sur le campus, le comité n'aura aucune possibilité d'infléchir de façon significative des décisions déjà prises ou qui ne feraient pas l'affaire du recteur, croient les syndicats.

Pour ces derniers, ce comité n'avait aucune autre raison d'être que de devenir l'élément d'un plan de communication pour démontrer que l'université consulte la communauté. Les syndicats refusent de cautionner cette stratégie qu'ils préfèrent dénoncer peur leur démission.

«Nous terminerons en félicitant malgré tout le vice-recteur aux ressources, M. Bouchard, pour son dynamisme et son habileté à présenter sa vision, strictement budgétaire il faut le dire, de l'université. Mais on ne peut avec de la seule énergie et de la seule habileté cacher le vide d'une démarche et son caractère pernicieux», ont conclu les dirigeants syndicaux.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer