Le directeur de la SPS prend acte des critiques

Denis Boucher, chef de police de Saguenay et... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Denis Boucher, chef de police de Saguenay et son adjoint Serge Tremblay ont fait le point sur le sondage syndical sur l'insatisfaction des policiers envers l'état-major.

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Le directeur de la Sécurité publique de Saguenay (SPS), Denis Boucher, prend acte des critiques de ses membres à l'endroit des responsables de l'état-major. Il entend créer un comité paritaire afin de trouver des solutions.

Réagissant à la publication d'un sondage de la Fraternité des policiers et policières de Saguenay et diffusé dans Le Quotidien de mardi, le directeur a avoué qu'il était surpris des propos tenus par les agents.

Selon le sondage du syndicat, 75% des policiers sont insatisfaits du travail et du comportement des membres de l'état-major, se sentent trahis et notent un manque de respect à leur endroit. 

«J'ai été informé des résultats du sondage en mai dernier et j'ai avisé le président du syndicat de mon intention de former un comité paritaire afin d'aller au fond des choses et de trouver des pistes de solution pour apporter les correctifs nécessaires», a mentionné le chef Boucher.

«Alors que des rencontres étaient prévues, j'ai été avisé par le président du syndicat (Jean-François Imbeault) que l'exécutif syndical préférait attendre l'arrivée du nouvel exécutif avant d'aller plus loin dans le dossier. Il y a eu une première rencontre avec le nouveau président, Dominic Doré, où je lui ai réitéré mon intention de faire de ce dossier une priorité et que j'attendais une date de rencontre», a précisé le directeur de la SPS.

Denis Boucher ne cache pas sa préoccupation et croit qu'il y a un fondement à ces critiques. Il a trouvé que les commentaires émis dans le sondage, où il est question de trahison et de manque de respect, l'ont surpris. Il ne s'attendait pas à ça. 

Le chef a déjà entrepris une réflexion sur le dossier afin de régler cette crise interne.

«Il faut creuser pour savoir ce qui ne va pas», dit-il, précisant qu'il avait la confiance du maire Jean Tremblay pour la suite des choses.

Dany Harvey

Le grand patron de la police a abordé le dossier du policier Dany Harvey. Le chef a indiqué que l'enquête disciplinaire se poursuit après avoir été mise en veilleuse durant le procès criminel de l'agent pour voies de fait sur un mineur.

«Cette enquête disciplinaire est différente d'un procès criminel. Même si un policier est acquitté d'une telle faute, il peut avoir commis des manquements disciplinaires. Cette enquête, par souci de transparence, a été confiée à la Sûreté du Québec. Je m'engage, comme je l'ai toujours fait dans les dossiers disciplinaires ou déontologiques, à en accepter les conclusions», a poursuivi Denis Boucher.

Celui-ci indique que tout ce qui a été fait dans le dossier de Dany Harvey l'a été en vertu des obligations de la Loi sur la police et le respect de la convention collective.

À la suite de son acquittement, le salaire du policier lui a été remis, de même tout ce qui lui était dû.

«Il n'y a de notre côté ni acharnement, ni vendetta, ni vengeance de la part de quiconque.»

Une pleine confiance en Marc Sénéchal

Le chef de la police, Denis Boucher, n'a pas l'intention, pour l'instant, d'affecter son capitaine à l'éthique, Marc Sénéchal, à de nouvelles fonctions.

Il lui réitère sa pleine confiance et retient les commentaires faits par le juge Paul Guimond, au moment de prononcer l'acquittement du policier Dany Harvey.

« Le juge a conclu que le capitaine Sénéchal s'était acquitté de sa tâche avec professionnalisme et en toute objectivité. Le tribunal ne pouvait lui reprocher quoi que ce soit et son témoignage était crédible », a commencé par dire M. Boucher.

« Nous réitérons notre entière confiance en M. Sénéchal. Il est très affecté par cette affaire. Nous n'avons pas l'intention de l'affecter à une nouvelle fonction. S'il change de fonction, c'est qu'il y aura plusieurs changements d'officiers », a-t-il dit.

Même si des critiques ont été lancées en direction de Marc Sénéchal dans les dossiers de Dany Harvey et Philippe Lajoie, le chef n'a pas l'intention de confier ses enquêtes internes à un service externe ou à la SQ.

« Actuellement, selon la Loi de la police, c'est de notre responsabilité », a conclu Denis Boucher, en précisant que la population n'est pas affectée par cette crise interne.

Me Fradette réitère sa demande au maire

Pour une deuxième fois en l'espace d'un mois, le criminaliste Jean-Marc Fradette demande au maire de Saguenay, Jean Tremblay, de régler la problématique de l'état-major de la police de la ville avant que le gouvernement ne s'en mêle.

L'avocat de la défense a été appelé à commenter les informations publiées par Le Quotidien, mardi matin, selon lesquelles près de 75 pour cent des policiers de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) se disent insatisfaits du travail des membres de la haute direction.

«C'est la deuxième fois que je le fais (le 29 septembre dans Le Quotidien). Il y a maintenant une raison de plus pour que le maire s'en mêle. Près de 75 pour cent des employés déclarent de façon sans équivoque que ça ne peut plus durer et que la confiance de la direction n'est pas acquise aux membres. Ça ne peut faire une police efficace et sûre», note Me Fradette, qui défend la cause du policier Dany Harvey.

«Le maire a de plus un sondage. Il n'a pas trop le choix. Il devrait révoquer son directeur de police avant que le ministère de la Sécurité publique ne s'en mêle et que le poste de police soit mis sous tutelle, comme cela est permis par la loi.»

«Si ça continue de dégénérer, il y a quelqu'un au ministère de la Sécurité publique qui va bouger si ce n'est pas le maire qui bouge. Ce serait extrêmement honteux d'attendre que le gouvernement s'implique plutôt que le maire de la ville du corps policier en question», ajoute Me Fradette.

Celui-ci ne croit pas que les directions de la SPS et de Saguenay peuvent prendre avec un grain de sel le résultat du sondage mené en janvier 2016.

Ce serait se mettre la tête dans le sable, croit-il.

«On continuerait à jouer à l'autruche, ce qui se fait depuis de nombreuses années à Saguenay. S'il a fallu que les membres se rendent jusqu'à un sondage, s'il a fallu qu'ils se rendent jusqu'à le rendre public, c'est que le problème perdure. Si on continue à le nier en disant que c'est normal, on continue à faire perdurer le problème. Il risque d'arriver pire dans les semaines et les mois à venir. Ce sondage est sérieux. Ce n'est pas tous les jours que des membres se prononcent sur leur directeur», dit-il.

Concernant la réaffectation du capitaine à l'éthique Marc Sénéchal, le criminaliste estime qu'il est logique d'en arriver là étant donné que M. Sénéchal a lui-même confirmé avoir agi à l'encontre des mesures d'éthique.

«La direction protège l'un de ses vieux amis. Pourtant, M. Sénéchal a admis sous serment avoir commis des fautes déontologiques. La personne en charge de la déontologie au poste de police ne l'est pas elle-même. Imaginez-vous que les membres ne peuvent avoir confiance en un tel individu», a poursuivi l'avocat en défense.

Me Fradette s'interroge aussi sur les deux poids deux mesures pour les policiers du service. Il précise que les membres accusés et acquittés ne bénéficient pas du même traitement qu'un citoyen acquitté d'une accusation.

Il ajoute que Dany Harvey est toujours suspendu avec salaire chez lui et que l'enquête disciplinaire se poursuit. Celle-ci a été confiée à la Sûreté du Québec.

Au terme de la conférence de presse, Me Jean-Marc Fradette a dit n'avoir rien appris de nouveau et que leur façon de faire continuait à causer des conséquences et des préjudices à Dany Harvey.

Quant au maire Jean Tremblay, il n'a pas voulu commenter.

«Je ne vais pas discuter de ces dossiers dans les médias», a laissé entendre le maire de Saguenay.

Le syndicat veut des mesures concrètes

Les membres du syndicat des policiers de Saguenay souhaitent établir des mesures concrètes afin d'améliorer le climat de travail.

Dans un communiqué de presse, la Fraternité des policiers et policières de Saguenay a réagi à la nouvelle du Quotidien sur le sondage interne.

«Le sondage a été proposé par nos membres pour la situation au service de police en relation avec le climat de travail. Des tensions et des frustrations étaient perceptibles», écrit-on.

«L'objectif était de synthétiser les éléments amenant des tensions et les identifier avec la direction. Il était évident que les parties avaient avantage à établir des mesures concrètes pour améliorer le climat de travail», ajoutent les dirigeants.

Des rencontres auront lieu en présence d'un consultant externe.

Concernant Marc Sénéchal, le syndicat a demandé sa réaffectation, mais n'a pas voulu sa démission.

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