Drone militaires à Bagotville: un projet de 400 M$ sur la glace

Le projet d'implanter un escadron de drones militaires... (Photo tirée d'Internet)

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Le projet d'implanter un escadron de drones militaires à la base de Bagotville était si avancé que des appels d'offres «secret» ont été demandés à des entreprises régionales.

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Louis Potvin
Le Quotidien

Le gouvernement conservateur avait pris la décision politique d'implanter un escadron de drones militaires à la base de Bagotville, un projet de 400 millions$. Depuis l'élection des libéraux, l'idée semble sur la glace.

L'intention était suffisamment sérieuse pour que des entreprises régionales soient invitées à soumissionner sur des contrats pour la conception et la construction de nouveaux bâtiments (30 M$), le déploiement des infrastructures de génie mécanique et électrique (40 M$) et la construction d'un hangar (40 M$). Des appels d'offres confidentiels ont été déposés en décembre 2014, selon des documents classés «secrets» obtenus par Le Quotidien. L'ensemble du projet d'escadron prévoyait des investissements de 400 M$ sur 10 ans.

Certaines propositions devaient être déposées en juin 2015, soit quelques semaines avant la dissolution du parlement canadien. Aucune suite n'a été donnée à ces appels d'offres.

Le député conservateur de Roberval Denis Lebel confirme la volonté de son gouvernement. «Nous étions sur le point de l'annoncer. Nous aurions aimé le faire avant les élections, mais ça n'a pas été possible. La volonté était là et oui, des mandats ont été donnés. En revanche, il y avait une priorisation d'action dans le domaine de la défense nationale. Il fallait livrer des bateaux militaires et régler les avions de chasse avant de développer un escadron de drones à Bagotville», a déclaré le député de Lac-Saint-Jean.

Selon Denis Lebel, la volonté du premier ministre Harper était très claire et une annonce aurait eu lieu peu de temps après la réélection des conservateurs au pouvoir. Ce dernier n'a pas voulu confirmer si le projet d'escadron s'élevait bel et bien à 400 M$.

Silence des libéraux

Il a été impossible d'obtenir une réaction du député de Chicoutimi, Denis Lemieux, qui n'a pas donné suite à notre demande d'entrevue.

Denis Lebel est surpris que les libéraux n'aient pas encore donné suite à ce projet. «C'est inquiétant. Est-ce que le projet va échapper à la région et se retrouver ailleurs sur une autre base? , s'inquiète-t-il. Je comprends que la tenue du caucus libéral à Saguenay n'était pas propice à une annonce, mais il n'y a pas eu d'annonces libérales depuis ce temps. C'est un projet important que nous voulions mettre de l'avant et on se demande ce que font les libéraux.»

L'ancien premier ministre Stephen Harper avait promis d'établir le premier escadron canadien de drones à longue portée à la Base fédérale de Goose-Bay. C'était en 2006. Avait-il changé d'idée ou le déploiement devait-il se faire dans plusieurs bases? «Je ne suis pas en mesure de le préciser», a répondu Denis Lebel.

Depuis quelques mois, cependant, des rumeurs persistantes laissent entendre que l'éventuel escadron de drones militaires pourrait être implanté dans les Maritimes, à Greenwood.

Le maire Jean Tremblay se dit surpris

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, est surpris que des appels d'offres aient été lancés dans le but de construire des infrastructures pour accueillir des drones militaires à la Base de Bagotville.

«Je n'en ai jamais entendu parler! Je ne pense pas que ce soit pour ça. S'il y avait des projets de plusieurs millions à la base de Bagotville, c'est certains que des politiciens l'auraient annoncé avant de lancer des appels d'offres, ben voyons donc!», s'est-il exclamé.

Cette nouvelle que le projet aurait été émis sur la glace par les libéraux ne l'inquiète pas outre mesure. «Monsieur Lebel a beau dire ce qu'il veut, il est désormais dans l'opposition. Il n'y a pas encore de décision de prise, j'en ai parlé il y a 10 jours avec Denis Lemieux. Il n'y en avait pas non plus du temps des conservateurs. C'est certain qu'il y a une inquiétude tant qu'il n'y a pas d'annonce. Le gouvernement n'a pas dit que ça ne se ferait pas ailleurs? On va attendre la décision», a-t-il ajouté.

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