Caribou forestier: Blanchette se fait rassurant

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Des mesures de protection pour le caribou forestier seront développées.

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Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs va appliquer les taux de perturbation maximum de 35-65 % du gouvernement fédéral de façon temporaire dans la zone administrative des Montagnes. Il permettra ainsi au Forestier en chef de faire ses calculs en attendant la mouture québécoise des mesures de protection du caribou forestier.

Au cours d'une entrevue accordée au Quotidien, vendredi, le titulaire des Forêts a voulu se faire rassurant après l'adoption par le gouvernement du Québec d'un décret donnant force de loi à la nouvelle limite nordique des forêts attribuables.

La reconnaissance par les scientifiques qui ont réalisé les travaux de la mesure de protection 35-65 % et acceptée par le gouvernement du Québec a soulevé la colère des syndicats des scieries et usines de papiers du Lac-Saint-Jean.

Les dirigeants syndicaux ont toujours cru que l'ex-ministre Laurent Lessard avait abandonné cette mesure définitivement afin d'en développer une spécifique pour le Québec et dont les impacts sont moins importants sur la possibilité forestière.

«Selon les évaluations, l'adoption de la limite nordique en fonction du rapport qui a été préparé aura un impact de l'ordre de 1 % sur la possibilité forestière. Il y a une situation spécifique à la région du Lac-Saint-Jean avec une réserve administrative de 10 000 kilomètres carrés», explique le ministre.

Les différents ministères concernés évaluent en ce moment toute la dynamique de ce territoire qui a été ciblé pour devenir une vaste aire protégée pour le caribou forestier. Selon les évaluations réalisées par le ministère, cette superficie qui fait en ce moment l'objet d'une protection administrative a un impact de l'ordre de 120 000 mètres cubes par année sur la possibilité forestière.

«La superficie de 10 000 kilomètres carrés est une superficie maximale. Il est possible qu'avec les différentes évaluations, des territoires soient soustraits de cette zone pour rendre l'exploitation forestière possible.»

Protéger les emplois

Au cours de cette entrevue, le ministre Blanchette a réitéré à plusieurs reprises que le gouvernement voulait en premier lieu protéger les emplois des travailleurs de l'industrie forestière, mais se devait de poser des gestes.

Selon lui, le gouvernement du Québec se doit d'agir s'il veut éviter que le gouvernement fédéral adopte des décrets. Ottawa pourrait agir avec le caribou forestier de la même façon qu'il l'a fait avec la rainette, cette petite grenouille menacée dans la région de Montréal par des projets de développement. Ottawa a déjà publié un document il y a quelques jours sur les règles que les provinces devront suivre dans les régions identifiées comme étant des sites fréquentés par des hardes de caribou forestier. «Si nous ne voulons pas qu'Ottawa intervienne, il faut prendre nos propres mesures», a soutenu le ministre.

Le gouvernement du Québec va transmettre au forestier en chef les modalités de la nouvelle limite nordique des forêts attribuables. Luc Blanchette rappelle que dans le cadre de son travail, le forestier en chef doit faire en sorte de compenser la possibilité forestière lorsqu'il y a des pertes dans des zones afin d'éviter les impacts sur l'industrie forestière.

L'application de la norme 35-65 % comme seuil maximal de perturbation pour l'ensemble de la forêt sous aménagement aurait provoqué une chute drastique de la possibilité forestière de trois millions de mètres cubes au Québec, dont un million uniquement pour la région. 

Le ministre assure que le gouvernement n'a jamais eu cette intention et va agir avec prudence dans cette approche de protection du caribou forestier.

Augmentation

Il est important de rappeler que tous les inventaires de caribous forestiers dont les résultats ont été rendus publics depuis quatre ans confirment une augmentation des populations de caribou forestier. Le ministère refuse toujours de remettre au Quotidien, malgré des demandes en vertu de la loi d'accès à l'information, trois rapports de survols effectués au cours des trois dernières années et dont les résultats confirmeraient également un plus grand nombre de caribous que ce que les experts ont avancé jusqu'à maintenant.

L'adoption d'une réserve administrative dans la zone des Montagnes blanches n'a jamais passé la rampe puisque les deux hardes de caribous qui évoluent au coeur du Québec fréquentent le pourtour du réservoir Pipmuacan et le secteur de la Manouane.

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