«Grosse vache»: Jean Tremblay nie les propos de Josée Néron

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Le maire de Saguenay, Jean Tremblay

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«Si Josée Néron pense qu'elle peut faire une carrière politique en mentant comme ça, alors elle va la finir au palais de justice.» Le maire de Saguenay Jean Tremblay est «bouleversé» après avoir entendu jeudi les déclarations de la conseillère municipale, comme quoi il l'aurait traitée de «grosse vache».

Cela se serait produit lors d'une conversation téléphonique il y a deux ans, alors que le budget du cabinet de l'opposition était incertain. La chef de l'Équipe du renouveau démocratique a fait cette révélation alors qu'on l'interrogeait pour savoir si elle avait déjà été victime de propos sexistes, dans le contexte actuel où la culture du viol et de la violence envers les femmes fait beaucoup jaser.

Jean Tremblay n'envisage pas encore sérieusement de poursuivre son adversaire politique pour diffamation, mais le vase n'est pas loin de déborder. «De toute ma carrière, c'est la première fois que je vois quelqu'un inventer un évènement de toutes pièces comme ça. Je ne laisserai personne détruire ma réputation et me faire passer pour un homme malhonnête, vulgaire et anti-femme. Tout ce qu'elle a dit, je l'accumule, et mon dossier commence à être pas mal solide. Quand je vais la poursuivre, ce ne sera pas juste des menaces.»

Le maire assure que ses relations avec les femmes ont toujours été «agréables», lui qui a plusieurs soeurs et qui travaille avec de nombreux membres de la gent féminine. Il ne voit pas comment un vocabulaire semblable aurait pu sortir de sa bouche.

«Je me fâche parfois, mais je n'adresserais jamais des propos vulgaires, et je n'accepterais pas que quelqu'un d'autre le fasse à l'hôtel de ville, s'exclame-t-il en entrevue téléphonique. J'ai bien beau ne pas l'aimer, il y a des limites! On peut être ferme, mais toujours dans le respect.»

Selon lui, Josée Néron est une femme «dangereuse» et il ne lui parlera plus jamais sans témoin. «C'est un mensonge grave, pas un accident ou une erreur d'interprétation. C'est vraiment voulu. Quand tu es capable de dire ça... On ne peut pas lui faire confiance.»

Jean Tremblay dit très bien se rappeler ce fameux coup de téléphone, et affirme qu'il n'y a rien dans les échanges plutôt «harmonieux» qui aurait pu vexer son opposante. «Je lui ai juste dit que son rôle de chef de l'opposition ne lui donnait pas de privilège pour obtenir de l'information.»

«C'est ma parole contre la sienne»

La chef de l'Équipe du renouveau démocratique (ERD), Josée Néron, s'attriste d'être perçue dans le rôle de «l'agresseur» au lieu de la victime, après avoir affirmé que le maire de Saguenay Jean Tremblay avait tenu des propos sexistes à son égard.

Sur les ondes de KYK 95,7 jeudi midi, la conseillère municipale a avoué qu'après avoir demandé au maire lors d'une conversation téléphonique, en 2014, si le budget du cabinet de l'opposition serait reconduit, celui-ci l'aurait notamment traitée de «grosse vache». Même après avoir été emportée dans un tourbillon de jugements au cours de la journée, elle maintient ses déclarations dans une entrevue au Quotidien.

«Ça ne fait que confirmer que la politique est très dure pour les femmes, et qu'il y a bien une culture du viol. Ce n'est pas pour rien que les femmes ne racontent pas ce qu'elles ont vécu.»

Une invitation à dénoncer est lancée à toutes celles qui auraient aussi subi des commentaires désobligeants.

Mme Néron espère maintenant passer à autre chose. «On m'a posé la question, j'ai répondu. Je ne suis pas du genre à fuir les sujets. Pourquoi je n'en ai pas parlé avant? Quand on reçoit tellement de messages de ce genre durant trois ans, c'est dur de tracer la ligne entre insulte, intimidation, méchanceté ou misogynie. J'aurais pu poursuivre le maire de nombreuses fois, mais je préfère garder le peu d'argent qu'on a pour faire avancer nos projets.»

La conseillère aurait toutefois abordé le sujet lors du procès pour faire reconnaître le droit au cabinet de l'opposition d'être constitué. Elle se rappelle avoir parlé de la conversation téléphonique, sans mentionner les termes exacts, parce qu'elle ne voyait pas l'utilité de les répéter. Jean Tremblay prétend quant à lui avoir fait vérifier les notes sténographiques des audiences, et qu'il n'y a rien qui s'y rapporterait.

«C'est ma parole contre la sienne, admet Josée Néron. Je savais que ça ferait son affaire de me coller une image de menteuse.»

Elle invite le maire à faire un «examen de conscience» s'il ne se souvient pas de tout ce qu'il a dit.

Précision

Dans l'édition de jeudi du Quotidien, la conseillère municipale Josée Néron a semblé faire deux déclarations contradictoires. Dans le compte-rendu du Cercle de presse tenu en matinée, écrit par Normand Boivin, Josée Néron affirmait qu'elle n'avait jamais été victime de sexisme à l'hôtel de ville, en réponse à une question de Louis Martineau de TVA. En soirée, le journaliste Pascal Girard l'a interviewée en marge de la marche contre la culture du viol où elle a pris la parole. Elle a alors admis qu'il y avait eu un malentendu sur le sens de la question. Elle avait eu l'impression que la question portait sur des gestes sexuels et non des commentaires sexistes. La question de Louis Martineau portait en effet sur les deux volets et sa réponse négative avait pu laisser croire qu'elle n'avait jamais été victime de commentaires sexistes, alors qu'elle voulait plutôt dire qu'elle n'avait jamais été témoin de gestes sexuels répréhensibles. En soirée, elle a affirmé qu'elle a bel et bien été victime de commentaires sexistes à son endroit à l'hôtel de ville, tel qu'il a été rapporté dans le texte sur la marche. Même si le maire de Saguenay Jean Tremblay estime que la conseillère «se mélange dans ses mensonges et n'arrête pas de changer ses versions», il s'agirait en fait d'un malentendu.

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