« C'est fini le silence »

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200 personnes ont participé à la marche contre la culture du viol.

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Pascal Girard
Le Quotidien

La marche contre la culture du viol qui s'est tenue mercredi soir dans les rues de Chicoutimi a visiblement été un succès alors que 200 femmes (et hommes) ont bravé le froid pour faire porter leur message.

Michèle Martin a touché la foule en démontrant... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 1.0

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Michèle Martin a touché la foule en démontrant à quel point la violence sexuelle touchait le peuple autochtone.

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Le rassemblement avait pour lieu de départ le pavillon des Humanités à l'Université du Québec à Chicoutimi. Ce fut le moment de quelques discours avant le départ de la marche. Vers 18 h 15, les manifestants ont emprunté les rues de Chicoutimi, bloquant notamment le trafic pendant quelques minutes sur le boulevard de l'Université.

La collaboration de la Sécurité publique de Saguenay, avec pas moins de cinq voitures par moment, a permis aux manifestants de faire entendre leurs slogans, tels que «C'est fini le silence» et «On dit la vérité», dans le calme et l'ordre. La marche a pris fin sur le stationnement du poste communautaire de la SPS au centre-ville de Chicoutimi.

Des discours frappants

Le discours le plus touchant fut celui de Michèle Martin, une femme autochtone qui s'est adressée à la foule. «Pour les Premières Nations, la culture du viol, c'est malheureusement une habitude de vie», a-t-elle commencé par illustrer. Selon elle, la culture du viol a ses sources dans l'acculturation qu'a subie la génération de ses parents, envoyée dans des pensionnats. Elle a raconté que sa mère, en plus d'être atteinte de schizophrénie, n'avait pas les outils pour élever sa famille après ce qu'elle a subi. «Ma mère errait dans les rues et souvent elle se faisait ramasser par des gens qui partaient avec elle, que ce soit des gens en autorité et même des policiers. Sur les 12 enfants chez moi, il y en a quatre qui sont de mon père», a-t-elle lancé pour montrer à quel point le viol avait des impacts profonds dans sa communauté.

Avant elle, Carolane Bouchard, une stagiaire à la maison ISA, un centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractères sexuels, avait dénoncé le discours ambiant qui «envoie le message aux victimes qu'elles sont responsables».

Pour sa part, la chef de l'Équipe du renouveau démocratique, Josée Néron, a déploré que les femmes aient encore peur de dénoncer en 2016. «On cherche dans leur vie des excuses pour la personne qui a posé le geste», a lancé celle qui se dit notamment victime de propos sexistes dans son travail de conseillère municipale.

Iona Brassard avait enflammé la foule en dévoilant ce qu'elle a répondu à un commentaire d'un homme reçu sur Facebook, disant que la culture du viol n'existait pas et que les féministes «sont chiantes.» «Si vous êtes tannés d'entendre parler de la culture du viol, moi je suis tannée de la vivre», a-t-elle répliqué.

Un mouvement provincial

Selon le communiqué annonçant l'événement, «la culture du viol est le fait de banaliser, normaliser ou cautionner des comportements qui sont inadéquats, irrespectueux et même illégaux». La marche a été organisée dans la foulée du rassemblement tenu dernièrement à l'Université Laval en support aux étudiantes des résidences qui avaient porté plainte à la suite de plusieurs entrées par effraction dans leur chambre et de tentatives de viol. C'est au cours de cet événement qu'Alice Paquet avait dénoncé avoir été agressée par un député de l'Assemblée nationale, déclenchant toute une large vague médiatique qui a frappé le Québec au cours des derniers jours.

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