Joan Simard claque la porte du CIUSSS

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La lettre de démission de Joan Simard a été déposée mardi soir au conseil d'administration.

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La vice-présidente du conseil d'administration du Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS), Joan Simard, claque la porte. Elle fait part d'une grande désillusion et d'une certaine déception à l'endroit de la présidente et directrice générale, Martine Couture, à qui elle reproche un manque de transparence.

La lettre de démission de Mme Simard a été déposée mardi soir au conseil d'administration. Son départ était devenu inévitable depuis qu'elle a été l'objet de critiques injustifiées, selon son point de vue, de la part de la PDG du CIUSSS devant des collègues. L'événement est survenu avant la tenue du dernier conseil d'administration alors que Joan Simard a déploré que pas un seul administrateur n'ait été informé que la fille de Mme Couture avait obtenu un poste d'avocate au contentieux du CIUSSS.

Joan Simard avait mentionné à la PDG qu'il n'était pas normal que les administrateurs apprennent cette nouvelle par l'entremise des médias.

«J'ai passé l'âge de me faire parler de la façon dont Mme Couture l'a fait lors de cette rencontre», a déclaré celle qui occupait la vice-présidence du conseil et était membre du comité de vigilance et de vérification. Au cours de l'entrevue qu'elle a accordée au Quotidien tard en fin de soirée mardi, Joan Simard n'a pas voulu revenir spécifiquement sur le comportement de la PDG à son endroit qui a été la goutte qui a fait déborder le vase.

Elle a préféré identifier d'autres éléments qui nourrissaient sa réflexion avant l'événement déclencheur. «Nous nous sommes beaucoup plus orientés vers le modèle de gestion qui était propre à l'Agence régionale de la santé au lieu de nous tourner vers la dispense des services à la population. Nous nous éloignons de la population et les comités d'usagers constitueront les derniers remparts pour s'assurer qu'il y a encore des préoccupations pour les services à la base», résume la vice-présidente démissionnaire.

Joan Simard va encore plus loin lorsqu'elle questionne l'utilité de maintenir des conseils d'administration en place. «Le conseil d'administration ne fait qu'avaliser les directives et politiques du ministère. Il n'a pas de contrôle sur l'établissement puisque la PDG répond au ministre et elle est évaluée par le ministre. Le ministère transmet ses demandes et exigences et le conseil d'administration ne fait que les accepter. Quand il y a eu des mesures d'optimisation (compressions budgétaires), des recommandations ont été faites et le ministère a pris les décisions finales et le CIUSSS devait les appliquer», insiste Joan Simard.

Au moment de la mise en place de la réforme, Joan Simard occupait le poste de présidente du conseil d'administration de l'hôpital de Chicoutimi. Elle a en mémoire une atmosphère différente où les administrateurs avaient leur mot à dire dans les orientations de l'établissement.

La réforme a modifié fondamentalement ce paradigme de gestion, considère Joan Simard. C'est un peu comme si la raison d'être des CIUSSS est de satisfaire avant tout le ministère de la Santé et des Services sociaux au lieu de dispenser des services en fonction des particularités de chacun des milieux dans lesquels les hôpitaux, CHSLD, CLSC et autres organismes évoluent.

Malgré ces critiques à l'endroit de la réforme, Joan Simard assure avoir beaucoup de respect à l'endroit du personnel, des gestionnaires et professionnels du réseau de la santé qu'elle a côtoyés en tant qu'administratrice depuis plusieurs années. Au cours des derniers mois, elle sentait que ce qu'elle faisait ne correspondait plus à ses attentes et surtout ce qu'elle croyait être bon pour la population.

«Quand on sent qu'on ne peut plus apporter ce à quoi on croit dans une organisation, il est temps de partir et c'est ce que je fais.»

La démission de Joan Simard ne sera pas sans soulever de question. Cette dernière n'a jamais caché sa proximité avec le Parti libéral du Québec et avait dans un premier temps donné la chance au coureur lorsque le ministre a annoncé l'adoption des différentes lois qui ont mené à la création d'une structure administrative unique qui gère le réseau régional de la santé et des services sociaux

La sixième démission en moins d'un an

(Louis Potvin) - La PDG du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Martine Couture, affirme que Joan Simard n'a pas donné de raisons particulières dans sa lettre de démission du conseil d'administration. Elle ne s'inquiète pas non plus qu'il s'agisse de la sixième démission en moins d'un an.

«Elle a signifié que c'était son choix tout simplement. Je n'ai pas d'explication supplémentaire de ce qui était indiqué dans la lettre. Il n'est pas question de désaccord dans sa lettre», a déclaré Martine Couture après la réunion du conseil d'administration qui se tenait à Roberval. La lettre de démission n'a pas été déposée dans les documents remis aux médias.

Martine Couture mentionne que les six démissions survenues n'ont pas de rapport entre elles.

«Les démissions sont motivées par les conditions de chaque personne, alors ça dépend. C'est variable et il n'y a pas de lien particulier», a-t-elle ajouté.

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