Selon le chercheur retraité Robert Pampalon

La centralisation défavorise les communautés éloignées

Le chercheur Robert Pampalon est spécialisé en géographie... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Agrandir

Le chercheur Robert Pampalon est spécialisé en géographie de la santé.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le chercheur retraité de l'Institut national de santé publique du Québec, Robert Pampalon, se désole de voir que la dimension territoriale est « brisée » dans la vision actuelle du système de santé du gouvernement libéral, ce qui peut avoir des conséquences pour les endroits éloignés des grands centres comme au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le géographe médical a passé sa carrière à étudier les facteurs liés à la santé de la population par microterritoires, pour ainsi aider les autorités à mettre en place des services qui rejoignent des secteurs précis. Il a notamment travaillé avec un indice qui permet de voir si un groupe, que ce soit un quartier, une ville ou une région, est plus ou moins favorisé matériellement et socialement.

Le réputé chercheur a présenté des données lors d'une conférence, lundi soir, à l'Université du Québec à Chicoutimi, qui montrent que la population des milieux ruraux comme ceux du Lac-Saint-Jean est souvent plus défavorisée. M. Pampalon estime qu'en centralisant les institutions comme avec le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux, il est plus difficile d'évaluer les besoins des localités.

« Quand il y a 300 000 personnes dans une région, c'est dur d'être au fait des réalités de chaque secteur, qui sont pas mal différentes. Dans les années 1970, on a voulu donner une dimension locale au système de santé, être près des citoyens. Maintenant on s'en éloigne. Ça risque d'avoir un impact sur l'utilisation des services, mais on ne peut pas l'évaluer parce que le ministre de la Santé Gaétan Barrette ne veut pas le faire avant les prochaines élections », exprime en entrevue le géographe.

Il déplore en outre la vision « hospitalo-centrique ». « Petit à petit, on érode la capacité des CLSC. Les travailleurs sociaux sont transférés vers les groupes de médecine familiale, par exemple. C'est local, mais pas autant que les CLSC qui sont plus limités à leur voisinage et qui peuvent connaître les problématiques spécifiques à leur milieu. Les acteurs de terrain sont les mieux placés pour prendre des décisions. »

Robert Pampalon se questionne aussi sur la continuité des services, une fois que le patient sort de l'hôpital et qu'il doit être référé à d'autres organismes ou spécialistes pour obtenir un suivi médical.

Au service des initiatives

Le chercheur était l'invité du Groupe de recherche et d'intervention régionales (GRIR), une équipe interdisciplinaire. Robert Pampalon explique que les études faites en géographie de la santé n'identifient pas des problématiques, puisque les intervenants les connaissent déjà bien, mais elles servent à donner des arguments forts à ceux-ci dans le développement de leurs initiatives. « La carte est probablement l'outil le plus puissant du géographe, parce qu'elle donne à voir des réalités. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer