Saint-François-de-Sales s'apprête à tourner une page d'histoire

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Monique Bilodeau et Gérard Ouimet vont pouvoir prendre leur retraite en vendant leur commerce après 61 ans de loyaux services.

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Louis Potvin
Le Quotidien

Après 61 ans de loyaux services à Saint-François-de-Sales, Monique Bilodeau et Gérard Ouimet vont vendre leur station-service et l'atelier de mécanique.

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Gérard Ouimet a secouru des personnes en danger quand il offrait le service de dépanneuse à Saint-Fançois-de-Sales. Il a été appelé souvent à intervenir sur la route 155 menant à La Tuque.

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La «machine à liqueur» témoigne d'une autre époque.... (Photo Le Quotidien, Louis Potvin) - image 1.1

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La «machine à liqueur» témoigne d'une autre époque.

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«C'est certain que ça va me faire de quoi. Je redoute un peu cette journée. J'ai encore la passion! C'est toute notre vie ce garage, mais il faut bien arrêter un jour», lance Monique Bilodeau derrière son comptoir.

Son partenaire de vie s'affaire dans le garage à balancer un pneu. «J'aime encore ça. Le travail ça tient en vie, mais rendu à 84 ans, c'est le temps d'arrêter», mentionne l'homme à tout faire qui a pu constater l'évolution de la mécanique des voitures. Sa renommée dépassant la frontière de Saint-François-de-Sales, il était capable de modifier des machines forestières, débosseler une voiture ou réparer des scies à chaîne.

À l'intérieur, on sent que le garage est un peu d'une autre époque. Une ancienne machine à liqueur des années 60, une vieille armoire Castrol, des tiroirs à bougies poussiéreux témoignent du passage du temps.

Le couple a failli fermer le commerce à plusieurs reprises, au cours des dernières années. Mais le goût d'offrir le service aux gens était le plus fort. Monique Bilodeau tient à ce que le commerce continue. «Tant qu'il y aura du monde qui voudra travailler et s'impliquer, le village ne fermera pas», affirme-t-elle.

La petite localité vit des moments difficiles. Le propriétaire de l'épicerie a fait faillite et le restaurant est fermé depuis quelques mois. Mais, signe encourageant, il va rouvrir bientôt.

Bien que le couple veuille se retirer, les acheteurs ont été rares depuis 20 ans. Aujourd'hui, le couple aurait trouvé la perle rare. Les discussions vont bien. «Mais tant que ce n'est pas signé, ce n'est pas réglé. Là, on pense avoir la bonne personne», mentionne le mécanicien.

«Notre commerce est rentable. Nous sommes sur la route passante, la 155. Nous avons perdu un peu de la clientèle avec les années. Comme plusieurs, certains préfèrent aller en ville», constate madame Bilodeau.

Avec l'âge, le couple a décidé de réduire les heures d'ouverture de 7 h à 17 h. Au lieu de fermer à 22 h.

Beaucoup d'histoires à raconter

La dame en a vu de toutes les couleurs, au cours de ces années. «Des fois, c'était comme un bureau de psychologue. Les gens venaient me voir et partageaient leurs problèmes. J'ai même eu un homme qui est mort dans la cour du garage. Un jeune homme est venu me voir pour me dire que son père n'allait pas bien. J'ai appelé le 9-1-1, lui ai donné des serviettes, mais malheureusement l'homme est décédé», se remémore-t-elle.

Monsieur Ouimet sait que la 155 pouvait être cruelle. «J'ai dû sauver la vie de trois à quatre personnes. Une fois, je suis arrivé avec ma remorque sur un accident et j'ai réussi à sortir l'homme avant que l'auto prenne totalement en feu. Aussi, un jour de l'An, j'ai secouru une femme et un enfant qui aurait pu mourir de froid. Il faisait moins 40 et ils étaient en panne», raconte-t-il.

La problématique des communications ne date donc pas d'hier sur la route 155.

Le garage, qui a été longtemps sous la bannière Irving, est une institution. «Nous sommes au coeur du village. Ç'a été un gros garage dans le temps, nous avions neuf employés. Des débosseleurs, des peintres et nous avons offert le service de remorque pendant 20 ans», relate Monique Bilodeau.

Encore chaque matin à 7 h, Mme Bilodeau ouvre le commerce. Elle va même faire le plein pour certaines personnes âgées. «C'est le plus beau moment de la journée, le village se réveille. Les écoliers passent dans la cour et me font un beau bonjour. De voir des enfants heureux, ça me rend aussi heureuse», confie-t-elle en regardant par la grande vitrine qui donne sur les pompes.

Leur histoire est tellement riche que le couple songe à écrire un livre quand il sera véritablement à la retraite. Ils ne sont pas du genre à rester les bras croisés à se bercer.

La fermeture de l'épicerie a été un coup... (Photo Le Quotidien, Louis Potvin) - image 2.0

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La fermeture de l'épicerie a été un coup très dur pour Saint-François-de-Sales. Le restaurant tant qu'à lui, va rouvrir à la fin du mois avec un service de dépanneur.

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Le conseil municipal en quête de solutions

La municipalité de Saint-François-de-Sales veut éviter la dévitalisation en tentant de trouver des solutions pour que le restaurant et l'épicerie, présentement fermés, puissent rouvrir leurs portes.

«C'est sûr que ça nous inquiète, ce qui se passe, mais on travaille très fort pour que nos commerces reprennent vie. Un promoteur s'est manifesté pour rouvrir le restaurant et nous lui avons accordé une aide financière pour qu'il aménage un coin dépanneur», mentionne la mairesse, Cindy Plourde.

Le conseil municipal tenait à ce que le nouveau promoteur accepte de faire des aménagements pour que le restaurant serve aussi de dépanneur. Une subvention de 500$ lui a été accordée. «Ce n'est pas normal de ne pas trouver une pinte de lait à Saint-François-de-Sales. Il y a des gens qui n'ont pas la chance de se déplacer facilement. C'est un service essentiel», mentionne-t-elle. Le restaurant devrait ouvrir à la fin du mois.

Le coup le plus dur est survenu avec la fermeture de l'épicerie après la faillite des propriétaires. Le commerce est fermé depuis plus d'un mois. La mairesse aimerait bien que de futurs acquéreurs se manifestent. «On espère, le syndic et la Caisse populaire ont fait un avis de vente. Des gens sont venus à la municipalité et ont démontré de l'intérêt. Là aussi, on va essayer d'aider à notre mesure. Sans être une épicerie complète comme avant, je pense qu'il y a moyen d'avoir un service pour dépanner les gens», estime Cindy Plourde.

La mairesse se réjouit qu'un acheteur se soit manifesté pour le poste d'essence. «Là aussi, on accompagne le couple dans ses démarches. La municipalité a acheté le terrain qui leur appartient en face pour faciliter la vente. On espère que ça se concrétise», souligne celle qui est à la tête de cette localité de 641 habitants.

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