Une intervenante du CAVAC en tout temps avec la police

Nathalie Lamy et Marc Sénéchal... (Photo Le Progrès-dimanche, Jeannot Lévesque)

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Nathalie Lamy et Marc Sénéchal

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Agression physique ou sexuelle, voies de fait, entrée par effraction, vol qualifié, tentative de meurtre. Autant d'événements qui peuvent laisser d'importantes séquelles aux victimes. Depuis l'entrée en service d'une travailleuse sociale du Centre d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC) au quartier général de la Sécurité publique de Saguenay (SPS), ces personnes ne sont cependant plus seules.

C'était en février. La SPS et le CAVAC officialisaient le protocole d'entente entourant la mise en place du programme de référence policière, financé par le ministère de la Justice du Québec. L'initiative est en déploiement dans tous les corps policiers de la province dont le territoire est desservi par un CAVAC. Elle a pour but d'offrir un soutien rapide aux victimes et aux témoins de crimes contre la personne et contre les biens. Ainsi prises en charge, ces personnes peuvent être écoutées, accompagnées et soutenues. Au besoin, elles sont dirigées vers d'autres ressources et familiarisées avec les tenants et aboutissants du système judiciaire, lequel peut provoquer bien du stress et de l'inquiétude pour toute personne qui n'en connaît pas les rouages. 

Depuis son arrivée au QG, l'intervenante Amélie Potvin a analysé 1231 dossiers. Elle a entrepris autour de 500 démarches téléphoniques et a envoyé environ 275 lettres en lien avec des situations dans lesquelles elle s'est investie.

Le mandat de la travailleuse sociale est d'offrir un support aux victimes le plus rapidement possible. Ses interventions sont réalisées sur le champ, selon les événements factuels du jour, ou dans les 48 heures suivant l'acte criminel.

« La plupart de mes interventions se font au téléphone. C'est un contact proactif auprès de la victime. Le fait de lui demander comment elle se sent à la suite de l'acte criminel vécu et de lui offrir de l'écoute peut réduire l'impact du crime. Plus l'intervention est rapide, plus la reprise de l'équilibre est rapide. Ça évite la cristallisation des conséquences », a mis en relief Amélie Potvin, au cours d'une entrevue visant à dresser le bilan du partenariat entre le CAVAC et la SPS. 

Un accès complet aux dossiers

L'intervenante travaille dorénavant en étroite collaboration avec les policiers. Elle est d'ailleurs l'une des rares personnes, outre les agents de la paix, à avoir accès aux dossiers et à la narration complète des enquêteurs. Amélie Potvin a dû faire l'objet d'une enquête approfondie avant d'être nommée et est soumise à des règles de confidentialité bien strictes. Moins de neuf mois après son entrée en poste, l'agente d'intervention en services policiers mord dans ce nouveau défi.

Sa supérieure immédiate, Nathalie Turcotte, croit qu'Amélie a ce qu'il faut pour faire ce boulot et agir auprès des victimes, in situ et a posteriori. Nécessaire, pointe la directrice clinique, pour être en mesure d'intervenir dans des situations qui impliquent parfois des victimes en crise ou en état de choc et poser les jugements professionnels adéquats.

« Elle est difficilement déstabilisable », a-t-elle confié.

Un respect mutuel

L'implantation du programme de référence policière a changé les façons de faire des enquêteurs à la SPS. Pour le mieux, croit le capitaine Marc Sénéchal, qui travaille en partenariat avec le CAVAC depuis des années et qui a contribué à la mise en oeuvre du partenariat.

« C'est un travail stratégique qui se fait dans le respect de l'enquête. Il y a un souci, de la part des enquêteurs, pour que la victime ou le témoin soit encadré. Le fait d'avoir une ressource à temps plein et que l'enquêteur sache qu'il peut la rejoindre au besoin, ça lui enlève une certaine pression et ça lui permet de se concentrer sur son travail », note Marc Sénéchal, qui croit qu'un climat de confiance mutuelle s'est installé entre la travailleuse sociale et les policiers.

La directrice générale du CAVAC, Nathalie Lamy, n'a que de bons mots à prononcer à l'égard du programme, qu'elle définit comme « l'aboutissement d'une relation de confiance de 27 ans » entre les parties impliquées.

« Avant, pour une victime de vol qualifié dont on ne retrouvait pas le suspect, il pouvait y avoir un vide si personne n'était traduit devant le tribunal. Certaines personnes ne communiquaient tout simplement pas avec le CAVAC. Le programme de référence policière va répondre aux besoins de ces victimes et leur faciliter l'accès à certains services », a fait valoir la directrice.

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