Cancer du sein: un centre ROSE dans la région

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Françoise Laliberté

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Tout un filet est en train de se mailler autour des femmes du Saguenay-Lac-Saint-Jean atteintes du cancer du sein et de leurs familles. Le Réseau ROSE, implanté par le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) en 2012, étend son offre de service à trois nouvelles régions de la province, dont la nôtre.

C'est donc dire que davantage de soutien sera dorénavant offert aux familles à haut risque et que des activités de sensibilisation destinées au public et aux professionnels de la santé seront organisées en plus grand nombre. Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean a obtenu une subvention de 45 000 $ sur trois ans octroyée par le Centre ROSE (financé par la Fondation cancer du sein du Québec), qui a mis sur pied le réseau du même nom. Le rose est la couleur associée au cancer du sein, mais dans le cas du réseau, l'acronyme signifie Ressources en oncogénétique pour le soutien et l'éducation des familles à haut risque. Le réseautage mené par le centre vise l'accessibilité, pour toutes les personnes considérées vulnérables, à un suivi adapté.

L'omnipraticienne Patricia Voyer oeuvre à la clinique du sein de l'hôpital de Jonquière depuis environ 20 ans. Elle est arrivée au moment où le service en était à ses balbutiements. Environ 1400 femmes se présentent à son bureau chaque année. Patricia Voyer et sa collège, la Dre Marie-Josée Lachance, posent une quarantaine de diagnostics bon an, mal an. Pour elles, le fait que le Réseau ROSE étende ses tentacules au Royaume, au Bas-Saint-Laurent et à Montréal représente une nouvelle dont il faut absolument se réjouir. Cet effort de regroupement, qui vise d'abord un meilleur accès aux services, suscite beaucoup d'espoir, un sentiment dont les femmes atteintes du cancer du sein et leurs proches ont besoin plus que tout.

« On sera désormais en mesure d'implanter un vrai réseau, d'informer la population et de favoriser la collaboration entre le Centre ROSE et ses points satellites. On aura des outils à offrir, comme des conférences pour les publics à risque et des trousses d'information pour les patientes », souligne la Dre Voyer.

Bien qu'elle ait posé des dizaines de diagnostics de cancer du sein en carrière, la généraliste ne s'y habitue pas. Elle confie, en entrevue, qu'elle a adopté sa propre façon de faire pour annoncer cette tragique nouvelle à ses patientes. Certaines s'effondrent, d'autres restent de glace, sous l'effet du choc. 

Elle estime que la création d'un Réseau ROSE satellite au Saguenay-Lac-Saint-Jean représente, en quelque sorte, l'unification des forces. La Dre Voyer demeure convaincue que le regroupement des savoir-faire, couplés à une meilleure collaboration et à plus de dialogue entre cliniciens, infirmières et autres professionnels de la santé donneront des résultats tangibles sur le terrain. Le tout dans l'intérêt premier des patientes et de leurs proches. L'accès aux tests génétiques en sera d'ailleurs grandement facilité, dans le contexte où les personnes considérées à haut risque doivent présentement attendre jusqu'à deux ans avant d'obtenir un rendez-vous en oncogénétique à Québec.

Des survivantes du cancer ont mis la rondelle... (Photo Le Progrès-dimanche, Michel Tremblay) - image 2.0

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Des survivantes du cancer ont mis la rondelle en jeu.

Photo Le Progrès-dimanche, Michel Tremblay

Une cause à coeur pour les Sags

L'annonce de l'annexion de la région au Réseau ROSE est livrée en octobre, le mois du cancer du sein. C'est le moment de l'année où tout le monde se mobilise pour la cause, incluant les Saguenéens de Chicoutimi. 

Hier, les Bleus ont enfilé le rose, alors qu'ils affrontaient les Islanders de Charlottetown. Le directeur des opérations, Serge Proulx, rappelle que la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) a épousé la cause du cancer du sein et la porte haut et fort. À elle seule, la campagne des Sags permettra d'amasser environ 10 000 $. Les sommes seront remises au Fonds de dotation de l'Hôpital de Jonquière, qui soutient financièrement la clinique du sein.

« Toutes les dépenses relatives à la campagne locale sont assumées par le club. Les joueurs ont la cause à coeur. Tout le monde peut être touché par le cancer du sein par la bande. Ça fait partie de notre mission sociale et c'est la façon, pour les Saguenéens, de redonner à la cause », mentionne Serge Proulx, qui participait à une entrevue impliquant plusieurs intervenants, réalisée cette semaine. 

Au Centre Georges-Vézina, samedi, il y avait deux spectatrices bien fébriles, elles aussi arborant fièrement le rose. Françoise Laliberté, qui a surmonté un cancer du sein diagnostiqué en 2001, a procédé à la mise au jeu officielle, en compagnie de la « survivante » du Lac-Saint-Jean.

Restructuration de la clinique du sein

La clinique du sein, un service unique en région où l'accès est rapide et sans besoin de référence, est en pleine restructuration. Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) revoit présentement l'ensemble de l'offre de service régionale. L'objectif est de bonifier les services offerts et non de les amoindrir, assure la gestionnaire de la clinique, Liliane Audet. 

Dans le cadre de son programme d'optimisation budgétaire pour l'année 2016-2017, le CIUSSS a aboli un poste d'infirmière clinicienne à la clinique du sein, dont le mandat est régional. La gestionnaire, qui porte également le chapeau de coordonnatrice, cancérologie, soins palliatifs et soins de fin de vie, assure toutefois que les services seront maintenus et améliorés à Jonquière.

« On procède à une restructuration et à un regroupement des services et de l'expertise clinique pour mieux répondre aux besoins de la population. Notre objectif est de consolider la clinique. En revisitant les rôles et les responsabilités de chacun des cliniciens, les gens vont se partager les tâches dans le respect des pratiques et des normes professionnelles », affirme la responsable. 

La Dre Patricia Voyer a émis le souhait que davantage de médecins se joignent à l'équipe de la clinique du sein, un voeu qui trouve écho chez les membres de la direction du CIUSSS.

« C'est notre rêve. On aimerait avoir davantage de cliniciens et développer le rôle des infirmières », fait valoir Liliane Audet. 

La subvention accordée au CIUSSS par le Centre ROSE permettra à l'infirmière clinicienne Régine Mercier, responsable du Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDS), de consacrer une partie de son temps à l'implantation du réseau satellite, ce qui devrait mener à la consolidation des corridors de service.

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