Suspension des audiences du BAPE: une bonne chose

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Le préfet de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est, André Paradis, a été surpris d'apprendre la volte-face du ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques dans le dossier du programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean.

David Heurtel a annoncé vendredi sa décision de suspendre les audiences du BAPE jusqu'en mai 2017. Le mandat avait été donné par le ministre le 12 octobre dernier.

Dans son édition de samedi, Le Quotidien a fait état du revirement de situation, lequel s'explique par une demande de Rio Tinto de suspendre la procédure d'évaluation environnementale jusqu'au printemps. Le ministre Heurtel a dit vouloir permettre aux parties en cause de s'entendre sur un mode de gestion participative tenant compte des multiples usages du plan d'eau. 

Lorsque l'annonce des consultations du BAPE a été livrée il y a quelques jours, André Paradis, qui agit également comme porte-parole du Comité de gestion durable du lac Saint-Jean, a affirmé qu'il aurait préféré un mandat élargi, plutôt qu'une simple consultation portant sur le programme de stabilisation des berges. Joint par Le Progrès-Dimanche samedi, le préfet a fait savoir qu'il voit positivement la nouvelle position du ministre. 

« J'ai reçu la lettre du sous-ministre vendredi. Ç'a été une surprise. On était prêts à participer au BAPE et notre mémoire était prêt. Je vois ça d'un bon oeil. La position unanime des trois MRC impliquées et de la communauté de Mashteuiatsh est qu'on souhaite une nouvelle façon de gérer le lac. On veut une gestion participative », dit André Paradis, qui a bien hâte de voir sous quelle forme les discussions à venir se dérouleront et qui Rio Tinto nommera à titre d'intervenants au dossier.

Savard confiant

Le maire de Chambord, Gérard Savard, salue lui aussi le fait que la multinationale ouvre la porte aux discussions multipartites.

« C'est la première fois en 30 ans que le monde politique est devenu un leader dans ce dossier. La situation a beaucoup évolué en 30 ans. J'ai confiance qu'avec le consensus qu'a réussi à obtenir le comité des parties prenantes et l'ouverture de Rio Tinto, on arrivera à une entente satisfaisante pour tout le monde en 2017 », a déclaré le maire, dont la municipalité compte environ 500 propriétés riveraines.

Riverains en colère heureux

Le président de l'organisme Riverains en colère, Gérald O'Bomsawin, est lui aussi très heureux de la décision de David Heurtel. Selon lui, le fait que le ministère des Ressources naturelles et de l'Énergie soit dorénavant impliqué dans le processus signifie que les discussions iront dorénavant bien au-delà des berges.

« C'est ce ministère, et non celui de l'Environnement, qui a le pouvoir de changer le décret de 1926 concernant la gestion du niveau du lac et c'est avec lui que l'harmonisation des droits pourra être faite », a-t-il déclaré, lorsque joint en soirée. Gérald O'Bomawin avait d'ailleurs écrit à David Heurtel pour lui demander que les consultations englobent tous les volets impliquant la gestion du lac Saint-Jean.

Rio Tinto continue de déverser

En raison des quantités importantes de pluie enregistrées en région tout au long de la fin de semaine, Rio Tinto continue les déversements amorcés mardi sur l'ensemble des rivières où se trouvent ses installations hydroélectriques. Dans l'édition de vendredi de son bulletin À Prop'Eau, l'entreprise signale que ces déversements vont assurer la gestion sécuritaire et contrôlée des précipitations des prochains jours. 

« Ces fortes précipitations vont propulser les apports naturels qui pourraient atteindre une pointe d'environ 6000 mètres cubes par seconde. Il s'agit d'une pointe comparable aux apports printaniers », peut-on lire dans le bulletin d'information. L'entreprise précise que les déversements pourraient varier en fonction de l'évolution de la situation et que les débits des rivières pourraient s'accroître ou varier brusquement.

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