« Ça peut arriver à n'importe qui »

La 12e nuit des sans-abri.... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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La 12e nuit des sans-abri.

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« Jamais, jamais de la vie, je n'aurais pensé me retrouver dans la rue. »

La vie de Jacques (prénom fictif) a changé du jour au lendemain. En mai, l'homme dans la cinquantaine a été sauvagement battu. Pas de dettes de drogue, pas de conflits latents : l'homme qui gagnait honnêtement sa vie s'est retrouvé au mauvais endroit, au mauvais moment.

Il a dû être hospitalisé. Jacques n'a pas conservé de séquelles physiques de son agression, mais quand il sourit, ses nombreuses dents cassées témoignent de la violence des coups.

En plein désarroi, et victime d'un choc post-traumatique, il s'est retrouvé dans la rue. Ne pouvant plus travailler, il s'est endetté, a dû vendre tout ce qu'il avait, et a erré pendant deux mois, se cachant dans un coin, ou empruntant le divan d'une connaissance.

Jacques, qui a accepté de nous raconter son histoire, faisait partie de la centaine de personnes qui prenaient part à la 12e édition régionale de la Nuit des sans-abri, en début de soirée vendredi, dans le stationnement situé en face du Palais de justice de Chicoutimi.

Tous étaient rassemblés pour rappeler que l'itinérance existe dans la région, même si elle n'a pas le même visage qu'à Montréal.

« Les gens doivent savoir que ça peut arriver à n'importe qui, n'importe quand, même si on travaille, qu'on a des enfants. Et qu'il existe des organismes ici pour nous aider », a plaidé Jacques. Après ces deux mois pendant lesquels sa vie a basculé, il s'est rendu à la Maison d'accueil pour sans-abri de Chicoutimi. « Ils sont fantastiques, ils répondent aux besoins de tout le monde. »

Depuis la fin du mois de juillet, Jacques a pu stabiliser ses problèmes de santé, remettre de l'ordre dans ses finances et peut maintenant penser à son avenir.

« Quand on ne demande pas, on ne peut pas recevoir, ajoute-t-il. Juste en appelant au 811, ils peuvent nous dire vers quelle ressource aller. Si j'avais su tout ça, je n'aurais peut-être passé deux mois dans la rue. »

Son prochain objectif est de se trouver un appartement. Les séquelles psychologiques de son agression l'empêchent de retourner au travail avant au moins un an.

Mais maintenant, il ne se sent plus seul. « Je sais que je vais m'en sortir », assure-t-il, les yeux brillants.

Isabelle Magnan, coordonnatrice de l'Association canadienne pour la... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay) - image 2.0

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Isabelle Magnan, coordonnatrice de l'Association canadienne pour la santé mentale.

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Neuf organismes

La Nuit des sans-abri était organisée cette année par l'Association canadienne pour la santé mentale, en partenariat avec huit autres organismes.

Le mouvement de solidarité, aussi soutenu par la Ville de Saguenay, proposait musique, chant, peinture et activité politique aux participants. Les cols bleus de la municipalité, ainsi que la Société de transport du Saguenay, ont profité de l'événement pour faire un don de 720 $ en billets d'autobus aux organismes de l'événement.

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