Vaincre ses traumatismes grâce à la réalité virtuelle

Bob-Antoine Ménélas... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Agrandir

Bob-Antoine Ménélas

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

PAGE UQAC / La réalité virtuelle peut avoir de nombreuses applications. En partenariat avec un médecin de la région, le professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Bob-Antoine Ménélas, travaille pour développer un programme qui permettrait à des camionneurs qui ont subi un traumatisme à la suite d'un accident de réapprendre à aimer la conduite grâce à la réalité virtuelle.

« Je m'intéresse au domaine d'application un peu plus sérieux. C'est un traitement qu'on peut donner à des gens qui ont eu un accident de camion et qui ne veulent plus reprendre la route. C'est un simulateur de conduite, alors les personnes vont savoir que ce n'est pas réel, mais ça ne va pas les empêcher d'avoir certaines réactions, d'avoir peur », explique M. Ménélas, professeur au département d'informatique et de mathématique. 

Il donne l'exemple des gens qui ont la phobie des araignées : même voir une photo, en sachant que ce n'est pas une véritable araignée, entraîne une réaction de peur. « C'est une faiblesse du cerveau qu'on exploite. Sauf que nous, nous n'utilisons pas seulement une image. On permet à la personne d'agir comme si c'était vraiment en train de se passer », poursuit-il.

En effet, ceux qui utilisent le simulateur portent un casque de réalité virtuelle, des écouteurs et tiennent un volant dans leur main avec des pédales à leurs pieds. Le programme permet également de sélectionner différentes conditions météorologiques, en plus d'offrir la possibilité de « rouler » sur différentes routes.

L'idée a été amenée par le médecin Benoit Girard, qui souhaitait traiter la cause du trouble des patients qui venaient le voir pour des problèmes d'alcool ou de drogues. « Ce n'est pas tout le traitement, mais c'en est une partie. Ce qu'il voulait faire, ce n'était pas seulement d'apprendre aux patients à gérer leurs réactions, mais de les aider à se rappeler pourquoi ils aimaient conduire en premier lieu », mentionne le professeur.

Avec le simulateur, le médecin est capable de faire un suivi à distance, notamment en regardant quel genre de camion choisissent les patients, s'il ressemble à celui qu'ils conduisaient lors du moment de l'accident, par exemple, et les conditions sélectionnées également.

Selon lui, l'avantage de la technologie qu'il développe est qu'elle permet aux patients qui l'utiliseront de le faire à partir de chez eux. Au lieu de créer une réalité virtuelle qui coûte extrêmement cher en utilisant les « cubes », une pièce où tous les murs ont des écrans, M. Ménélas souhaitait plutôt créer un programme beaucoup plus facile à utiliser.

« C'est ça l'avenir de la réalité virtuelle. C'est d'être capable de l'amener sur le mobile, un téléphone par exemple, et non dans d'énormes pièces qui coûtent près d'un million de dollars à mettre en place ! », ajoute Bob-Antoine Ménélas.

Il croit que les applications d'une technologie comme celle-ci sont immenses, et ne se concentrent pas seulement sur la simulation de conduite de camions. Toutefois, quelques modifications restent à faire avant que le programme puisse être utilisé davantage. 

« Je crois que dans deux ans on devrait en avoir une meilleure version. Nous avons un prototype que le médecin utilise, et qui donne de bons résultats, mais le programme est encore difficile à utiliser pour quelqu'un qui n'est pas informaticien. On aimerait également être capable de modéliser plus de routes pour le simulateur », conclut Bob-Antoine Ménélas.

PAGE UQAC / La réalité virtuelle peut avoir de nombreuses... (Archives 123RF) - image 2.0

Agrandir

Archives 123RF

Un jeu de soccer en chantier

Les possibilités qu'offre la réalité virtuelle ne se concentrent pas seulement sur les domaines de santé. Bob-Antoine Ménélas travaille également sur un projet de jeu de soccer virtuel, à partir d'un cellulaire.

« Il y a tellement de capacité à gérer des programmes sur les téléphones intelligents, et on en utilise très peu. Souvent, ce n'est que pour jouer à des petits jeux, regarder des vidéos ou lire nos courriels ! Alors je crois qu'on peut vraiment développer des programmes de réalité virtuelle à partir de ça ! », raconte le professeur.

Le jeu qu'il est en train de créer avec quelques étudiants permet à deux personnes de faire les mouvements de soccer et de jouer ensemble, mais virtuellement. 

« On met le téléphone dans un casque de réalité virtuelle, et on a un bracelet sur la cheville qui permet d'enregistrer les mouvements qu'on fait et les inclure dans le jeu. L'une des grosses recherches qu'on a dû faire pour ce projet est de répertorier tous les gestes qu'on peut faire dans le soccer ! », explique M. Ménélas.

Le soccer est l'un des jeux les plus populaires au monde, affirme le professeur. Toutefois, il n'y a pas encore d'applications de ce genre. « Il y a un marché énorme pour ça, c'est certain. Les programmes de reconnaissance de mouvements existent déjà, mais ils n'ont jamais été utilisés de cette façon ! », poursuit-il.

Selon lui, c'est la démocratisation de la technologie, qui est de plus en plus accessible à la population, qui permet de créer de nouvelles applications qui rejoindront le plus de gens possible. 

« On est l'une des seules universités à offrir un baccalauréat en jeu vidéo. Il fallait en profiter ! S'il s'agit du jeu le plus joué sur la planète, c'est qu'il y a un côté plaisant. Alors si on peut réussir à prendre ce plaisir-là et l'inclure dans un jeu vidéo, le potentiel est énorme ! », croit Bob-Antoine Ménélas.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer